Yves P. Pelletier présentera pour la première fois son spectacle en solo, Moi?, dans des salles du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Il se produira à Dolbeau-Mistassini, à Alma et à Chicoutimi à la fin de mars.

Entre le stand-up et RBO

« Depuis que je suis petit, on me perçoit comme une bibitte. Dans le spectacle, j’explique ce qu’il y a à l’intérieur », lance Yves P. Pelletier au cours de l’entrevue. Joint par Le Quotidien pour parler de Moi ? , son premier effort en solo, l’humoriste n’affichait aucun regret en pensant à ce projet improbable qui est né pendant que Rock et Belles Oreilles préparait sa dernière production : RBO The Tounes.

Le plaisir qu’il a eu en faisant des sketches avec le reste de la bande lui a donné l’idée d’adapter à la scène des textes au ton plus personnel, écrits dans les années précédentes. Il suffisait de leur donner une configuration comique pour qu’ils servent d’assises aux numéros de stand-up que l’artiste livrera les 29, 30 et 31 mars, à la salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini, à la salle Michel Côté d’Alma et au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

« La partie stand-up représente la moitié du spectacle et comporte une part de récit, ainsi qu’une part de monologue. Avant, je ressentais une gêne à propos de cette façon de communiquer avec le monde. Aujourd’hui, par contre, j’ai le goût d’explorer cette forme d’expression et j’aime le fait que ça bouge beaucoup, d’un soir à l’autre. Je me sens libre d’ajouter des choses, par exemple, si la réaction de la salle le justifie », a confié Yves P. Pelletier au journaliste du Quotidien.

Le ton plus personnel ouvre une fenêtre sur son univers mental foisonnant. Les voyages, les relations amoureuses si présentes dans ses longs métrages, de même que son enfance et le sport, font partie des thèmes abordés. Ça tombe bien, parce que son public est aussi diversifié que ses centres d’intérêt, comme en font foi les rencontres organisées après chaque représentation.

« Certains viennent de RBO, et j’en ai vu qui couvraient trois générations, soit les grands-parents, les enfants et les petits-enfants, ce que je trouve bien l’fun. Je vois aussi des gens qui connaissent mes films et ce que j’ai fait dans la bande dessinée, alors que d’autres, qui aiment les voyages, ont suivi la série Partir autrement », précise l’humoriste, dont le regard sur la vie a changé à la suite d’un périple de quatre mois effectué en 1981, de la Norvège jusqu’à la Turquie.

Des échos de RBO

Yves P. Pelletier n’est pas seul sous les projecteurs, cependant. Il est accompagné par Monsieur Caron, Stromgol et l’homme qui traduit les nouvelles pour les sourds, entre autres personnages. C’est la partie RBO du spectacle, la partie la plus « placée » aussi, hormis quelques nouvelles insérées dans le bulletin afin de coller au plus près à l’actualité.

« Au début, je me demandais comment j’allais gérer mon énergie, puisque je passe 90 minutes sur la scène et qu’il y a des changements de costumes. Je constate toutefois qu’à la fin de la soirée, je suis ragaillardi. Mes batteries sont rechargées par le public, si bien que rendu à la maison, je travaille sur différents projets », raconte l’humoriste.

Parmi ces projets, il mentionne un scénario de long métrage, un court métrage d’animation avec l’illustratrice Iris Boudreau, ainsi qu’un documentaire qui sera diffusé par Télé-Québec, dans lequel on verra le comédien Fabien Cloutier. Ces choses cuisent à feu doux, tandis que l’ombre de RBO se fait plus distante, chacun des membres ayant un agenda chargé.

« Je suis sûr que nous ferons d’autres choses ensemble, puisque nous recevons toujours des propositions. Nous n’avons pas l’habitude de travailler à distance, cependant, ce qui crée des problèmes de logistique. À l’heure actuelle, je dirais que la porte est fermée, mais pas verrouillée », résume joliment 

Yves P. Pelletier.