Emmanuel Simard lance La maison est vivante

Dans La maison est vivante, Emmanuel Simard explore le thème de la paternité. Lui qui a grandi dans un foyer où la place du père est restée libre s’est demandé comment il pouvait assumer cette responsabilité, maintenant qu’une autre génération grandit sous son toit. Publié aux éditions Poète de brousse, dans la collection Enluminures, le texte nourri par ses réflexions fera l’objet d’un lancement aujourd’hui (jeudi), à 17 h, à Chicoutimi.

C’est dans les bureaux de Canopée Médias, situés au 27, rue Racine Est, que tous sont invités à le rencontrer en compagnie du photographe Nicolas Lévesque. Ensemble, ces anciens du baccalauréat en art de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), dont l’amitié est demeurée vigoureuse malgré la distance qui les sépare – l’un vit à Montréal, l’autre à Saguenay –, ont fabriqué un livre où les images et les mots se voient accorder la même importance.

Il s’agit de leur deuxième projet de cette nature, puisqu’il s’inscrit dans la foulée de Derniers souverains, publié par la même maison en 2017. « C’est la rencontre d’un poète et d’un artiste et, cette fois, je trouve que la facture est plus soignée, notamment en ce qui touche la typographie et l’impression. En plus, nous avons travaillé sur la couleur, à partir des images tirées du compte Instagram de Nicolas », a signalé Emmanuel Simard au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Il parle d’une rencontre, par opposition à la pratique consistant à plaquer des illustrations sur un poème. La complicité des cosignataires est si grande qu’au moment de la sélection finale, alors qu’une cinquantaine de photographies avaient été disposées sur le plancher, rien n’a pu altérer leur harmonie, pas même les préférences exprimées par l’un et par l’autre.

« Ce qui est bien avec moi et Nicolas, c’est que nous partageons les mêmes valeurs, le même univers. Tous deux, nous aimons explorer les thématiques du territoire et de la filiation. Ce livre, d’abord et avant tout, c’est la rencontre de deux amis », décrit Emmanuel Simard, un fils de La Baie, dont l’imaginaire est habité par la forêt, ainsi que le fjord du Saguenay.

Pour revenir au livre, la première partie, intitulée Maison nouvelle, est marquée par la rencontre du narrateur avec un homme arrivé au bout de sa vie. Ensuite, on note un changement de ton qui imprègne l’entièreté du second chapitre, Les jardins de haute mémoire. « J’aime faire cohabiter la noirceur et la lumière. C’est ainsi que la deuxième partie, centrée sur le geste filial, se révèle plus lumineuse », énonce le poète.

Bien sûr, le texte ne se présente pas tel un chemin balisé. Il faut se l’approprier en développant son propre mode d’emploi. « Comme je viens du cinéma, je vois des scènes, des images. Ce livre se rapproche de la prière, de la méditation et de l’intériorité. Pour l’apprécier, ça prend un lecteur qui soit prêt à s’abandonner », fait observer Emmanuel Simard.