Élisapie Isaac s’arrête pour trois soirs dans la région.

Élisapie, une voix décomplexée

Élisapie est une des voix les plus connues de la nouvelle culture issue des Premières Nations et qui s’exprime sans réserve. Avec un pied dans la modernité et l’autre dans la tradition, elle entreprend ce vendredi une tournée de trois soirs dans la région qui la mènera de Roberval à Chicoutimi.

La chanteuse originaire du Nunavik vient défendre les chansons de son dernier album, The Ballad of the Runaway Girl, sorti en septembre dernier. Elle est déjà allée deux fois en Europe et ira bientôt aux États-Unis pour se produire. Élisapie prévoit une très grosse tournée, qui ne fait que commencer.

L’énergie que l’on ressent sur l’album se transpose sur scène aisément.

« On a fait cet album avec un sentiment d’urgence, “on the spot”. En l’enregistrant, on entendait déjà comment ça allait sonner sur scène », raconte-t-elle, jointe alors qu’elle se dirigeait vers le Lac-Saint-Jean accompagnée de ses trois musiciens.

En spectacle à Roberval vendredi soir, elle chantera à quelques jets de pierre de la communauté de Mashteuiatsh. Elle qui a déjà visité la région à quelques reprises trouve dommage que les personnes de ces différents milieux ne se mélangent pas plus.

« Il n’y a pas beaucoup de métissage, mais beaucoup de membres des Premières Nations viennent à mes concerts. Encore récemment, il y avait des Innus qui sont venus me voir. Ça a fait une belle communion », se remémore-t-elle.

Elisapie aborde dans ses nouvelles chansons des thèmes à la fois personnels, mais qui touche l’universel. « Ce disque, dans ma carrière, est celui qui correspond à un vrai retour sur moi. C’est dans cet album que je vais le plus en profondeur, que je me permets de traverser des choses qui ne sont pas faciles », raconte-t-elle.

Malgré tout, elle demeure la porte-étendard d’une culture autochtone sans complexes. La chanteuse, même si elle parle de ce qui l’entoure, touche avec sa voix l’ensemble des Premières Nations et veut démontrer une plus grande maturité.

« On est en train de se reprendre en main, de s’exprimer. De faire une reconnexion spirituelle au territoire et d’arrêter de faire pitié », lance-t-elle, à propos de ce qu’elle constate.

Après son concert de vendredi, Élisapie sera à la Boîte à Bleuets d’Alma samedi et au Bistro Café summum de Chicoutimi, le lendemain. Cette tournée lui permet d’entrer en contact avec les gens. « J’aime donner et recevoir. On sent vraiment les gens émotifs après le concert », dit celle qui raconte avoir vu certains membres de son public pleurer.