Les artistes belges Maxence Mathieu (à gauche), Hélène Petite (au centre) et Philippe Braquenier (à droite) présentent l’exposition collective, Horizons, où ils exposent chacun le résultat de leur résidence internationale au Centre Bang.

Élargir ses horizons au Centre Bang

Le fruit du travail des artistes belges francophones qui se sont succédé depuis 2017 en résidence au Centre Bang occupe trois salles de l’Espace Séquence, situé sur la rue Racine, à Chicoutimi, jusqu’au 1er mars prochain. Résultat d’un premier partenariat de résidences internationales entre le centre d’art actuel saguenéen et le musée d’art belge BPS22, situé à Charleroi, en Région wallonne, les artistes en arts visuels et numériques ont rassemblé leur travail sous l’exposition collective Horizons. Le Centre Bang projette d’ailleurs d’exposer éventuellement le travail des trois artistes québécois réalisé en sol belge, soit Marie-Andrée Pelletier, Mathieu Valade et Sara Létourneau.

STILL, D'HÉLÈNE PETITE


Les paysages sauvages sont mis en abyme dans Still, d’Hélène Petite.

Les paysages sauvages sont à la base de l’inspiration de Still, d’Hélène Petite, qui s’est inspirée du territoire saguenéen et québécois pour l’installation qui rassemble photographie, sculpture et vidéo.

«Comme je travaille beaucoup sur le paysage, et de manière très intuitive, je fonctionne bien en résidences qui sont des voyages», a partagé Hélène Petite, alors qu’elle avait complété la moitié de sa résidence de deux mois au Centre Bang, au moment de l’entrevue.

Elle avait immortalisé depuis son arrivée au pays des paysages croqués à pied ou sur la route, le long du fjord du Saguenay, sur les monts Valin, dans le parc national de la Mauricie ou encore dans le parc national de la Jacques-Cartier.

«Cette photographie est mise en abyme, d’une certaine façon, qui va questionner le spectateur qui va être face à l’installation, c’est-à-dire que la photographie peut devenir une image en mouvement tout en étant une image fixe au départ», a-t-elle expliqué au sujet de sa démarche artistique.

Elle a intégré à son exposition deux autres oeuvres créées précédemment, étant donné que le processus créatif se poursuivant pour celle qui complétait sa résidence.

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EARTH IS NOT A GLOBE, DE PHILIPPE BRAQUENIER

Dans Earth is Not a Globe, le photographe Philippe Braquenier a posé sa lentille sur la fausse théorie des platistes, des personnes qui croient que la Terre est plate.

L’élection de Donald Trump est l’inspiration qui a déclenché la réflexion menant à Earth is Not a Globe, présentée par le photographe Philippe Braquenier.

L’artiste belge a complété sa résidence en 2018, mais c’est deux ans auparavant que le projet a commencé à prendre forme dans son esprit, peu après l’élection du 45e président des États-Unis. «L’administration Trump a beaucoup commencé à démonter des images qui étaient véridiques en disant que c’était des faits alternatifs», a-t-il souligné, lorsque rencontré par Le Progrès à quelques jours du vernissage. 

Au même moment, il s’est intéressé aux platistes, des personnes qui croient que la Terre est plate, un mouvement marginal qui a pris de l’ampleur par l’entremise des réseaux sociaux. «Plus ou moins au même moment, on commençait à parler dans la communauté scientifique amateure des platistes et j’ai fait une corrélation entre les deux et je me suis dit que c’était le bon moment de travailler là-dessus», a-t-il poursuivi.

La série photographique exposée, qui est également accompagnée d’une sculpture, propose notamment une reconstitution d’expériences «pseudo-scientifiques» que les platistes mettent de l’avant afin d’appuyer leur fausse théorie.

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NOUS SOMMES FAITS DU MÊME BOIS QUE NOS SONGES, DE MAXENCE MATHIEU

Maxence Mathieu explore le rapport entre fiction et réalité dans Nous sommes faits du même bois que nos songes.

Dans son installation intitulée Nous sommes faits du même bois que nos songes, Maxence Mathieu explore un thème qui lui est cher, soit le rapport existant entre fiction et réalité.

Le résultat pourra déstabiliser le visiteur. Un mannequin portant un costume, de même qu’une grande moquette verte débordant de l’espace d’exposition l’y attend.

Le premier élément vise à créer un flou. «Cela peut reprendre l’impression d’un musée, donc on ne sait plus trop si on est dans l’ordre du musée, plutôt historique ancien, ou plutôt la galerie d’art contemporain», a exposé l’artiste belge dont la résidence remonte à 2017. La moquette verte, elle, vise à créer une ambiguïté par rapport à l’espace d’exposition, alors qu’elle se dirige vers les toilettes.

Un contrat conclut cette exploration entre fiction et réalité. Le document représente en fait une déclaration de don, entre le gouvernement canadien, en collaboration avec le Centre Bang et le musée d’art belge PBS22, d’une carotte de sol canadien de quelques pouces. «Je me suis questionné sur ce qu’est un individu, hors de son propre territoire, et c’est pour ça, je crois, que ça a inspiré cet échange symbolique de don de territoire canadien vers le musée d’art contemporain », conclut-il.