Tout en cherchant à renouveler la facture de ses chansons, Dumas a profité de l’enregistrement de l’album Nos idéaux pour adresser quelques clins d’oeil à son opus le plus célébré, Le cours des jours.

Dumas à l'heure du renouvellement

Comment se renouveler sans trahir son ADN artistique ? Cette question, plusieurs chanteurs se la posent au moment de créer un album, une règle à laquelle n’échappe pas Dumas. De toute éternité, il souhaite se présenter sous un jour différent, ce qui l’a poussé, il y a quelques mois, à confier ses démos à l’équipe du réalisateur Gus Van Go, établie à Brooklyn.

« Il m’avait envoyé un courriel au printemps, et j’ai laissé aller son groupe avec les enregistrements. Ils ont sorti des claviers, des beat box, comme à l’époque où j’ai fait l’album Le cours des jours, dont c’est le 15e anniversaire. C’est venu naturellement », a raconté l’artiste mercredi, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Ce lien avec l’encodé le plus cher au coeur de ses fans, celui qui l’a aidé à se faire un nom, ne l’embarrasse aucunement. Même qu’à travers les textes qui supportent le nouvel opus, Nos idéaux, on remarque des clins d’oeil au passé. Ils témoignent du fait qu’à l’aube de la quarantaine, Dumas prend la mesure du chemin parcouru, des liens qui ont été tissés, notamment avec les fans de sa génération.

« Il ne faut pas oublier d’où on vient. À 18 ans, par exemple, ma première ambition consistait à faire de la chanson en français, tout en reflétant les influences qui étaient les miennes, le grunge, des choses qui jouaient à Musique Plus », mentionne-t-il en référant notamment à la formation LCD Soundsystem. Aujourd’hui comme hier, cette intention demeure présente, vitale comme à l’heure du premier riff.

Le disque possède également une signature forte, celle de Jonathan Harnois à l’écriture. « Tout est parti des textes que nous avons rédigés ensemble. C’est parce que je voulais aborder la notion du chemin parcouru que la thématique des idéaux est apparue », décrit Dumas. Ont-ils été érodés, broyés, par la marche du temps ? À en juger par l’enthousiasme qu’il affiche ces temps-ci, la réponse est claire en ce qui le concerne.

L’homme est fier de Nos idéaux, et comme c’est le cas depuis le début de sa carrière, il aborde ce cycle avec un brin de fébrilité, en traînant la part de doute que seul le public a le pouvoir d’effacer. « J’ai travaillé fort. J’ai pris des risques et, au niveau de la création, les astres se sont alignés. Il reste à voir si le disque aura un écho auprès des gens », résume le chanteur.

Un spectacle tantôt planant, tantôt dansant

L’album Nos idéaux était prêt depuis la fin d’octobre, mais sa sortie a été décalée parce que Dumas voulait se donner le temps de préparer le spectacle qui en découlera. Pour la deuxième fois de sa carrière, il s’imposera le défi d’évoluer en solo, un exercice qui l’a poussé à répéter pendant un mois dans un local qu’on lui a prêté à la Place des Arts.

Le désir de renouveler cette expérience n’est pas étranger à la filiation qui existe entre le dernier opus et Le cours des jours. C’est d’ailleurs pour porter cet enregistrement à la scène que l’artiste avait monté son premier one-man-show. Aujourd’hui encore, la guitare demeure son instrument de prédilection, ce qui ne l’empêchera pas de recourir à toutes sortes de stratagèmes, notamment des loops, afin d’animer les salles.

«Ce sera éclaté. Dans la première partie, la guitare sera un peu space. Ensuite, ce sera dansant parce que les gens aiment bouger dans mes spectacles. Il y a des tounes de différentes époques qui vont se parler. D’autres seront traitées à la manière d’un DJ», affirme Dumas, qui ajoute qu’une troisième partie, sur laquelle il garde le secret, figure également au programme.

Le fait de se présenter seul comme un grand demeure vertigineux, même pour un jeune vétéran comme lui. «J’avais peur de retourner en solo, sans filet. J’ai donc pratiqué chaque jour afin que ça devienne automatique, pour mieux profiter du contact spécial que cette formule crée avec le public», fait observer le chanteur.

Le lien avec Le cours des jours sera établi par l’entremise de quelques extraits, dont la pièce titre, que son auteur n’a pas abordée depuis cinq ans. Les vrais fans auront aussi droit à une rareté, une version de Ferme la radio, composition tirée d’un EP qui est désormais épuisé. «C’est l’une de mes préférées, parmi celles qui sont sorties dans le prolongement du Cours des jours», confie Dumas.

La première occasion de voir son spectacle au Saguenay surviendra le 9 mars, alors qu’il reprendra ses fréquentations avec le Côté-Cour de Jonquière. Le chanteur reviendra le 7 avril, cette fois au Bistro Café Summum de Chicoutimi. Pour l’heure, aucune date n’a été annoncée au Lac-Saint-Jean, mais il promet que c’est partie remise