Alexandre Mullen, Henri Normand et Gabriel Fortin

Du soutien pour trois cinéastes d'ici

Trois cinéastes du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourront passer à l'action grâce au soutien de La bande Sonimage. Alexandre Mullen, Henri Normand et Gabriel Fortin sont les nouveaux récipiendaires des bourses d'aide à la production remises annuellement par l'organisme de soutien à la création.
Chaque cinéaste aura droit à un cachet d'artiste de 1500 $, en plus de 15 000 $ en services (accès à de l'équipement, à un studio d'enregistrement ainsi qu'une aide à la scénarisation) pour le tournage et la réalisation de son projet.
« Nous les accompagnons tout au long du processus. Les récipiendaires peuvent travailler leur scénario avec la scénariste Sophie Beauparlant. Nous avons aussi une entente avec Spira, notre semblable à Québec, afin que les réalisateurs puissent se procurer de l'équipement s'ils ne peuvent pas le trouver ici », explique Claudia Chabot, directrice générale de La bande Sonimage. « Les artistes nous proposent des projets et un jury de trois pairs en sélectionne trois annuellement. C'est un beau levier. Ça permet de faire une oeuvre avec un beau soutien. C'est assez complet comme aide. » 
Dix-huit films
Depuis 2011, dix-huit films ont vu le jour grâce au programme. 
« On a vu toutes sortes de projets, des documentaires, des webséries, des vidéos d'art, des fictions. On accepte tous les genres. Plusieurs cinéastes du Saguenay-Lac-Saint-Jean déposent un jour ou l'autre un projet », affirme Claudia Chabot qui souligne que le programme a notamment soutenu la websérie L'usine et ma vilaine mémoire de 9 ans, de Philippe Belley, en nomination dans la catégorie Meilleure émission ou série originale produite pour les médias numériques, volet documentaire, aux prochains Gémeaux.
D'autres financements
« La bourse peut aussi faire en sorte qu'un projet aille chercher d'autres financements. Faire une demande de bourse à La bande Sonimage nécessite de travailler son dossier. Ensuite, ça incite à l'envoyer ailleurs. On les accompagne aussi à ce niveau-là. » 
Claudia Chabot affirme que chaque année, un nombre soutenu de dossiers sont acheminés à La bande Sonimage. « C'est assez constant en terme de nombre, par contre, ce ne sont pas les mêmes personnes qui déposent leur projet. Ça permet aussi de voir l'évolution de la communauté à travers le programme. »
Henri Normand
Henri Normand prépare un documentaire sur la mémoire tourné à Petit-Saguenay. Le projet intitulé Les artisans de la mémoire sera prêt à être présenté en 2020.
« Je fais un documentaire sur Petit-Saguenay, sur l'influence des artisans et de l'industrie culturelle sur la revitalisation du village », décrit-il. Pour se faire, le cinéaste suit sur une longue période le luthier Benoît Lavoie, ainsi que les cousins Didier et David Gaudreault, des Ateliers Bois de Fer, respectivement ébéniste et forgeron. Il s'agit du second projet de Henri Normand, mais de son premier qui bénéficie d'une aide.
« C'est un gros support technique. Ça rend le projet réalisable puisque ça me donne accès à de l'équipement de pointe, ce qui permet de rencontrer les standards de distribution à l'international », assure celui qui souligne que la présence de La bande Sonimage est d'une grande importance. « Plus il se fait de films ici, plus on gagne en crédibilité et en notoriété. Ça aide à aller de l'avant et à développer l'industrie cinématographique », assure-t-il.
Alexandre Mullen
Alexandre Mullen utilisera la bourse pour tourner Rémanente, un court film qu'il décrit comme « une histoire sentimentale dans un emballage de fiction ». Le court métrage qui devrait durer sept minutes se déroule dans un futur proche, dans 15 ans.
« La nature est devenue invivable et les gens se tournent vers la réalité virtuelle pour se divertir. On suit un homme qui retourne dans le passé, ce qui veut dire dans le Chicoutimi d'aujourd'hui, et qui suit une joggeuse. Ça devient sa quête », décrit celui qui s'est laissé inspirer par son désir de tourner une scène sur le pont vert.
Le cinéaste a déjà commencé à profiter de sa bourse en retravaillant son scénario avec la scénariste Sophie Beauparlant. « Cette bourse est super importante. En plus de l'aide à la scénarisation, elle donne accès à de l'équipement professionnel, mais peut aussi servir à faire d'autres demandes de bourses. Elle crée un effet boule de neige. Ça prend des bourses comme ça dans la région », conclut celui qui prévoit amorcer le tournage à la fin de l'été.
Gabriel Fortin
La musique et la soudure se marieront dans le film de Gabriel Fortin. Le court métrage, qui devrait durer quatre ou cinq minutes, sera basé sur le montage d'une pièce musicale.
« C'est à mi-chemin entre le film musical et le film d'art », décrit le cinéaste qui souhaite présenter son film en salle et en galerie.
« La pièce de musique classique est le matériau de base. »
Gabriel Fortin s'est inspiré de l'histoire d'un directeur d'orchestre devenu soudeur. « C'est une réorientation drastique. Ça m'a donné l'idée de mettre ces deux mondes assez opposés dans le même film, de les marier », explique-t-il.
Celui qui a réalisé quelques résidences d'artiste bénéficie pour une première fois d'une bourse d'aide à la production. « Ça facilite beaucoup la démarche artistique. Ça donne accès au matériel professionnel. Le cachet va aussi aider à partir le projet financièrement. C'est important d'avoir un organisme comme La bande Sonimage en région », assure celui qui prévoit tourner son film en décembre prochain.