Dans le cadre de Zoom photo festival Saguenay, Francesca Magnani expose sur le pont de Sainte-Anne de Chicoutimi ses photos prises sur le pont rose de Williamsburg, à New York.

Du pont rose de New York au pont de Sainte-Anne

Il n’y avait pas d’endroit plus à propos à Saguenay que le pont vert qui relie les deux rives de Chicoutimi pour exposer les clichés de Francesca Magnani. Depuis plus de 10 ans, la photographe traverse quotidiennement le pont de Williamsburg à New York et y photographie les gens qu’elle croise. C’est le résultat de cet exercice, véritable reflet du microcosme de la ville, qu’elle propose dans le cadre de Zoom photo festival Saguenay.

Diplômée en littérature classique et anthropologie à Bologne, l’Italienne d’origine Francesca Magnani s’est installée à New York en 1997, avec une bourse en littérature comparée. Parallèlement à son enseignement à la New York University et à The New School, elle a développé une passion pour la photo. 

«Ça fait 18 ans que je fais de la photo. C’est une façon de survivre, de garder un lien avec l’Italie puisque j’y envoie des images à mes proches», explique-t-elle. «Quand je suis à New York, j’ai l’Italie derrière la tête. Quand je suis en Italie, c’est l’inverse», souligne-t-elle. «Comme je vis seule, la photo est un moyen de ne pas oublier mes origines et de communiquer.»

Pour Francesca Magnani, la photo est aussi signe de rapprochements. Elle en fait d’ailleurs plusieurs entre les lieux qu’elle aime. La photographe a déjà dressé un parallèle entre sa ville d’origine et New York, en créant des associations entre des photos issues des deux endroits, à la manière de diptyques. 

Cette fois, ce sont les photos du pont rose de Williamsburg, à New York, qu’elle propose directement sur le pont de Sainte-Anne. Les 10 clichés sont installés sur les poutres vertes du pont de Chicoutimi où la rouille fait son chemin. Il s’agit de la première fois que ses photos sont exposées sur une telle structure.

Francesca Magnani s’amuse d’ailleurs à dresser des parallèles entre les deux ponts. 

«J’aime l’idée que mes photos ne soient pas présentées en salle. Les gens marchent et les voient au même rythme que j’ai quand je vais sur mon pont. Exposer les photos d’un pont sur un autre pont permet de placer les spectateurs dans un contexte idéal», estime-t-elle. «De plus, c’est le même genre de métal, le même type de construction.»

Différentes communautés évoluent aux abords du pont de Williamsburg. Les gens qu’elle y rencontre sont le reflet de la ville. 

«Le pont raconte les histoires des gens et, en même temps, il unit conceptuellement différentes cultures.» 

C’est ce qui se traduit dans ses photos. Souvent, une personne se détache de la scène à l’avant de la photo tandis que derrière, cyclistes et marcheurs poursuivent leur chemin. La structure sert souvent de cadre tandis que les immeubles de la ville composent la toile de fond de plusieurs des images. 

Le pont sert de lien entre les photos, mais chacune d’entre elles place à l’avant-plan un sujet différent. 

Francesca Magnani présente une femme tenant des ballons aux couleurs pastel dans ses mains dans Anniversaire. Elle a capté un cliché lors d’une séance photo mettant en scène une femme portant des souliers à talons hauts et une robe courte.

Désir présente un couple qui marche appuyé l’un contre l’autre sur le sol du pont où est inscrit le mot Desire.   

La composition des photos est aussi des plus intéressante, permettant souvent d’apprécier le sujet, mais aussi la structure du pont et le ciel. C’est le cas notamment de Saxophone. 

Le travail de Francesca Magnani a été publié dans D Repubblica, Marie Claire, Diario, F. Natural Style, IL, Flair, Yoga Journal Italy, Time Out New York et Vogue.it. Mais jamais comme il est présenté à Saguenay.