Catalina Martin-Chico espère que les gens verront à travers son projet un symbole de vie et d’espoir après la guerre.

Donner une voix, une photo à la fois

Zoom Photo Festival Saguenay, en cours jusqu’au 10 novembre, a réuni plusieurs photographes de partout dans le monde. Parmi eux se trouve Catalina Martin-Chico, une photographe franco-espagnole qui présente une exposition sur les ex-combattantes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Ce que Catalina Martin-Chico présente est en fait un retour à la vie civile, montré par un retour à la vie familiale. Puisque les femmes membres des FARC n’avaient pas le droit de tomber enceintes, pour nombre d’entre elles, la paix signifie aussi un accès à la maternité, alors qu’elles ont souvent dû se faire avorter ou donner leur enfant en adoption, choisissant entre famille et guerre.

Le projet de Catalina Martin-Chico montre le retour à la vie civile pour les ex-combattantes des FARC, après 53 ans de guerre en Colombie.

Le projet de Catalina Martin-Chico sur les ex-combattantes en Colombie lui a valu le prix de la Femme photojournaliste 2017 ainsi que le prix « Contemporary Issues » du World Press 2019. L’une de ses photos est également sélectionnée pour la photo de l’année. Celle qui participe à Zoom Photo pour une deuxième fois souhaitait montrer un symbole de vie après la guerre. « J’ai fait deux voyages en Colombie, le premier six mois après la signature de la paix. J’ai voulu raconter le post-conflit, le retour à la vie civile après 53 ans de conflit, la plus longue guerre en Amérique latine. Le point de vue des femmes m’apparaissait important, puisqu’elles ont représenté 40 % des guerrières. »

La photographe est retournée en Colombie neuf mois plus tard, pour suivre ses personnages. Elle a quand même gardé le contact pendant son absence, ce qui était d’une importance primordiale pour elle. « J’ai continué mon travail pendant neuf mois. Échanger via WhatsApp aux deux jours, ça n’a l’air de rien, mais ça crée des liens et une confiance. C’était très important, c’est là que beaucoup de mes personnages m’ont raconté leur histoire. »

Cette photo de la photographe Catalina Martin-Chico montre Yorladis, enceinte pour la sixième fois, la première où elle mettra au monde un bébé à terme. Le cliché est en nomination au World Press 2019 pour la photo de l’année.

Catalina Martin-Chico sera de retour en Colombie le mois prochain, pour un nouveau projet, et pour continuer celui sur les ex-combattantes des FARC. « J’ai pris des photos des gens qui regardent mes clichés à Zoom et je leur ai montré que je racontais leur histoire », ajoute-t-elle en riant.

Le braconnage des faucons sacres et gerfauts a diminué drastiquement grâce à l’arrivée de spécimens hybrides de grande qualité élevés en captivité.

Brent Stirton : L’art du fauconnage

De son côté, Brent Stirton, un photographe qui collabore régulièrement avec le National Geographic, présente une exposition qui met de l’avant la pratique du fauconnage, souvent désignée comme le « sport des rois » aux Émirats arabes unis. Les images du photographe présentent un monde où la nature est à la merci de l’homme, contrôlée par la passion et le prestige associé à la pratique du fauconnage. Mais les résultats ne sont pas ceux auxquels on pourrait s’attendre. Alors que la chasse est souvent synonyme de braconnage et d’extinction, elle est ici motif à conservation et reproduction contrôlée. L’élevage de faucons en captivité destinés au fauconnage a permis d’élever les standards de qualité et de créer un super spécimen, résultant en une baisse drastique du braconnage des faucons sacres et gerfauts élevés en nature, qui présentent désormais des caractéristiques peu enviables sur le marché.

L’exposition de Brent Stirton montre la résurgence du fauconnage et son impact positif sur le braconnage des faucons dans les pays arabes.

Principal client de cette industrie, les Émirats arabes unis voient le fauconnage comme un noble retour à la tradition et une façon de reconnecter avec le passé. Les faucons utilisés par la famille royale proviennent de plusieurs endroits, notamment la Mongolie et le nord du Royaume-Uni. La résurgence de ce sport a permis la mise en place d’espaces de nidification en Mongolie. En échange de la production de milliers d’oiseaux, les Émirats arabes unis financent des mouvements de recherche visant à améliorer le réseau de fils électriques en Mongolie afin de réduire le nombre de faucons morts par électrification.

L’effort de nidification en captivité en Mongolie est soutenu par les Émirats arabes unis, qui financent également des recherches visant à améliorer les systèmes de lignes électriques en Mongolie pour aider à diminuer les faucons morts par électrification.