Dominique Hudson veut faire rêver les gens avec Danza 3, son nouvel album mariant la pop aux rythmes latins.

Dominique Hudson: le pari de l'authenticité

On aurait dit que c'était arrangé avec le gars des vues. Dans les heures qui ont suivi le départ de Dominique Hudson, venu dans la région pour présenter son nouvel album il y a quelques jours, le centre-ville de Chicoutimi était paralysé par une chute de neige. En dépit du fait que Cuba portait le deuil de Fidel, les rythmes de ce pays, si présents sur Danza 3, sont devenus pas mal plus attrayants que Petit papa Noël.
L'artiste a pris ses aplombs, il faut dire. Son directeur musical, Yordan Martinez, a joui d'une liberté d'action presque totale. Originaire de la ville de Cienfuegos, cet homme connaît sur le bout des doigts les classiques du répertoire cubain, ceux de Los Van Van et consorts. Il a donc concocté des arrangements plus authentiques.
«C'est ma police du rythme. Yordan sait à quel moment il faut placer les pauses et même à l'intérieur d'une chanson, il s'arrange pour qu'il y ait différentes lignes mélodiques. Grâce à lui, l'élément latin est encore plus vrai, sans toutefois que moi-même, je perde mon identité», a expliqué Dominique Hudson lors de sa visite au journal.
Il tient en effet à ce qu'il y ait une fusion, de préférence à une forme d'assimilation. Ainsi, ses accents pop demeurent présents, bien que le nombre de reprises ait sensiblement diminué. La seule au programme a été pigée dans le répertoire de Patrick Norman: On part au soleil. Autrement, on parle de compositions originales.
«Richard Charest a écrit Alicia, qui est très rythmée, de même qu'Au soleil en hiver, une chanson qui représente bien qui je suis. J'ai aussi fait Du sable et de l'eau. Elle m'a été donnée par Matt Laurent et Nelson Mainville à la toute fin du processus de création», fait remarquer Dominique Hudson. Lui aussi a mis la main à la pâte, histoire de perpétuer la bulle de bonheur qui l'a enveloppé à l'occasion de son premier voyage à Cuba.
L'artiste se trouvait à Cayo Largo, dans la foulée d'un séjour d'un an dans les Caraïbes, où il avait travaillé sur un bateau de croisière. «Tout de suite, j'ai eu le sentiment que cette île ne m'était pas inconnue. Et quand des musiciens ont joué pour moi un cha-cha-cha sur l'air de Quand on est en amour, j'ai réalisé qu'on pouvait intégrer de la pop dans la musique latine», raconte le Québécois.
Après cette illumination, il a sorti l'album Danza, premier du nom, et constaté que sa recette plaisait à bien du monde. Danza 2 a confirmé que ce n'était pas une illusion, ce qu'ont illustré les spectacles offerts partout dans la province, y compris dans cette région. Que ce soit au Festirame, à la Traversée internationale du lac Saint-Jean ou au Festival international des Rythmes du monde, les gens ont été nombreux à se déplacer pour le voir.
«Mon but est toujours le même: divertir le public. C'est dans cet esprit que j'ai lancé une nouvelle formule, Extra Danza 3, qui reproduit l'ambiance d'un cabaret des années 1950. Je joue alors avec The Cuban Martinez Show, un groupe qui me suit depuis quatre ans et qui a une vision très pure de la musique latine. Il y a également des danseuses», précise Dominique Hudson.