C’est un peu ça, Dominic et Martin. Un qui dit des niaiseries et l’autre qui tente de tempérer son discours. Et ça fonctionne.

Dominic et Martin à Chicoutimi: une valeur sûre

Ils ne réinventent peut-être pas l’humour, mais Dominic et Martin réussissent quelque chose que bien de leurs collègues pourraient envier. Vingt-cinq ans de scène, avec la même complicité qui fait leur marque de commerce depuis leurs tous débuts. Un quart de siècle qu’ils ont célébré devant un fidèle public, jeudi soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

Un gars qui mêle les mots daltonien et dalmatien et un autre qui semble avoir toujours faim. Ce n’est peut-être pas l’humour songé auquel certains se sont habitués au cours des dernières années, mais ça fait toujours aussi bien le travail. 

Avec Juste Dominic et Martin, le duo de comiques s’est payé un retour aux sources. Pas de décor, pas de personnage. Seulement le petit et le plus costaud, un duo qui a su perdurer dans le temps et dans l’univers de l’humour québécois. Un 90 minutes de stand-up comique pur et dur. 

Juste Dominic et Martin est leur cinquième «opus», comme l’a si bien dit Martin, provoquant l’hilarité de son comparse Dominic, estimant qu’il s’agissait là d’un mot plutôt compliqué pour qualifier le spectacle. 

D’ailleurs, comme ils l’ont toujours si bien fait, Dominic et Martin continuent de se chamailler et de s’insulter sur scène. Leur complicité contagieuse et leur facilité à occuper l’espace font du duo une valeur sûre, pour ceux et celles qui veulent passer une bonne soirée, sans trop se casser la tête. D’ailleurs, les spectateurs assis dans la salle comble du TBN n’ont pas manqué de partager leur plaisir avec les deux humoristes, applaudissant à quelques reprises et éclatant de rire à chacune des blagues.

Ils ont peut-être rayé les personnages de leur plus récent spectacle, mais ils ont gardé ceux qui les ont mis au monde. Le Dominic quelque peu niaiseux et peu cultivé et le Martin trop souvent découragé et exaspéré par les réflexions de son acolyte. Car c’est un peu ça, Dominic et Martin. Un qui dit des niaiseries et l’autre qui tente de tempérer son discours. Et ça fonctionne. 

Le duo ne manque pas de rigoler de ceux qui portent des perruques et de celles qui utilisent du «spray tan». «Elles n’ont pas l’air bronzées, elles sont gratinées», se marrent-ils. Ils comparent aussi l’amour pour le thé à une maladie mentale et les intolérants au gluten aux Témoins de Jéhovah. 

Dominic et Martin restent tout de même prudents. Rares sont les blagues sur des sujets d’actualités, si on oublie celles sur le président américain Donald Trump, comparé à une perruche en raison de sa chevelure. «Il ramène ses cheveux de nuque pour se faire un toupet. Il va faire quoi lorsqu’il n’en aura plus du tout? Il va ramener son poil de cul?», lance Dominic, provoquant les fous rires du public. 

Mais le numéro qui a sans doute visé dans le mile est le tout dernier du spectacle, lorsque le duo a partagé leur aversion envers le camping. Amateurs de camping sauvage autant que ceux qui se promènent au volant d’un gros motorisé; tout y a passé. 

«Moi, ça me gosse les gens qui ont un motorisé et qui disent se sentir comme chez eux. Moi, chez nous, mes enfants ne dorment pas sur une table de cuisine transformée en lit, je ne fais pas l’amour en silence pour ne pas réveiller mes 76 voisins et ça ne sent pas la marde dans ma cuisine quand je vais aux toilettes!», a lancé Dominic, applaudi par son compagnon de scène. 

Même après autant d’années, Dominic Sillon et Martin Cloutier réussissent toujours à relever le défi, soit celui de remplir des salles et de faire rire les spectateurs qui y prennent place. 

«Ne nous applaudissez pas pour nos 25 ans. C’est la seule chose qu’on sait faire!», ont-ils lancé. Et ils le font très bien.