Éveline Gélinas et Maxime Denommée incarnent un couple de trentenaires qui se demande s’il est souhaitable de faire un enfant à notre époque. C’est l’une des nombreuses questions abordées dans la pièce Des arbres, présentée le 17 janvier à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière dans le cadre des activités de diffusion du Théâtre La Rubrique.

Doit-on faire des enfants?

Doit-on faire des enfants, alors que la planète s’en va chez le diable ? Cette question posée de toute éternité se trouve au cœur de la pièce que proposera le Théâtre de la Manufacture, le 17 janvier à 19 h 30, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Intitulée Des arbres, elle prend la forme d’un duo formé par les comédiens Maxime Denommée et Éveline Gélinas.

Celle-ci effectuera une première présence sur scène dans le contexte de cette production. Elle prendra la relève de Sophie Cadieux, qui a créé la version francophone du texte écrit par le Britannique Duncan MacMillan, il y a 18 mois. Accueilli avec chaleur à Montréal et Québec, ce spectacle amorce une importante tournée, laquelle débordera des frontières du Québec.

« Nous avons donné 70 représentations, mais pour moi aussi, il y a une part de changement qui tient à la participation d’Éveline. C’est comme si j’avais une nouvelle blonde », a commenté Maxime Denommée, vendredi, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Même si le texte et la mise en scène restent identiques, la personnalité de l’interprète conférera des accents différents au personnage.

Le contexte est d’autant plus intéressant que Des arbres est centré sur le jeu des comédiens. Ils ne sont que deux et évoluent dans un environnement épuré, comme en témoigne l’absence de décor. On fait leur connaissance au moment où l’homme — qui n’a pas de nom, tout comme la femme — exprime le désir d’avoir un enfant.

« Elle est doctorante et se pose beaucoup de questions, se sent très concernée par le réchauffement climatique, alors que son conjoint, un musicien, est un gars plus simple. La pièce, qui est vraiment bien écrite, évoque l’histoire d’amour de ces trentenaires. Elle me donne le sentiment d’incarner tous les hommes de la Terre, tandis qu’Évelyne incarne toutes les femmes », énonce Maxime Denommée.

Les deux veulent être de bons citoyens, mais leurs échanges laissent voir des clivages qui, pour une bonne part, découlent de leur position sociale. Plus instruite, promise à une belle carrière, la femme aimerait que son homme affiche un peu plus d’ambition, qu’il déniche un meilleur emploi. « À un moment donné, toutefois, les rôles s’inversent », laisse entrevoir le comédien.

Il précise que la pièce dure 80 minutes et qu’elle est livrée d’un seul trait. Or, le texte fait travailler les spectateurs parce qu’il comporte des ellipses. Il faut demeurer vigilant pour comprendre que le duo vient d’engager un nouvel échange, même si rien ne le laisse voir. « C’est particulier, mais les gens s’habituent vite », raconte Maxime Denommée.

Il en profite pour vanter la traduction concoctée par Benjamin Pradet, un projet amorcé pendant ses études et qu’il a complété par la suite, tellement la pièce le fascinait. « Il l’a confiée à Sophie Cadieux, qui me l’a remise avant que je la soumette à La Licorne », souligne le comédien qui, en plus de ses activités au théâtre, fait partie de la distribution du téléroman O’.