Kim Waldron présente L’Empire du milieu jusqu’au 20 janvier, à Langage Plus.

Documenter le travail des Chinois

La vaste majorité des produits qui nous entourent ont un point en commun : ils ont été fabriqués en Chine. La galerie Langage Plus, d’Alma, présente, ces jours-ci, une série de photos de l’artiste Kim Waldron, dans laquelle elle se questionne sur notre rapport à l’économie mondialisée.

Empire du Milieu est composé de deux projets. Le principal, Made in Québec, documente une résidence faite par Waldron en 2015. L’artiste montréalaise s’était alors rendue en Chine. Celle qui s’est déjà présentée aux élections fédérales contre Justin Trudeau, dans le cadre d’un autre projet artistique, avait alors l’intention de donner de son temps bénévolement à des gens ou à des entreprises.

Kim Waldron présente L’Empire du milieu jusqu’au 20 janvier, à Langage Plus.

Elle suivait une de ses intuitions. En Amérique, nous gagnons du temps grâce au travail des Chinois et à leurs moyens de production. Waldron, en travaillant pour eux, désirait rendre un peu de ce temps gagné. Elle avait l’intention de documenter ces collaborations dans une série de photos.

Mais sur place, Waldron s’est aperçue qu’il est difficile, voire impossible, de mettre ce plan à exécution. La barrière de la langue a été un frein à l’établissement de relations entre elle et la population chinoise.

Dans cette série de photos, l’artiste exécute plusieurs tâches de la vie quotidienne.

Un interprète, qui a participé au projet, paraît-il, pour améliorer sa connaissance de l’anglais, a permis à Kim Waldron de ne pas rentrer bredouille. L’artiste, qui voulait fabriquer des choses de ses mains, a noué des liens avec des personnes qui gravitent autour des centres d’artistes chinois.

La trentaine de photos qui est exposée montre donc des mises en scène. Waldron, toujours vêtue du même uniforme gris dans les œuvres, est le fil conducteur de la série. Elle exécute toutes sortes de tâches manufacturières, occupe quelques boulots. Un œil qui n’est pas averti aurait de la difficulté à distinguer le vrai du faux.

Dans cette série de photos, l’artiste exécute plusieurs tâches de la vie quotidienne.

«  Elle a une démarche dans laquelle sa pratique artistique et sa vie s’imbriquent. […] Son travail artistique vient toucher nos orientations, on travaille beaucoup sur les liens entre l’art et la vie, des projets qui ont rapport avec le territoire.  »
Mariane Tremblay

Deuxième projet

La deuxième partie de l’exposition montre une vidéo, Superstar, produite elle aussi durant une résidence en Chine. Le bébé de Kim Waldron, qui est promené dans une poussette, devient la proie d’Asiatiques avides de photographie.

L’exposition est présentée jusqu’au 20 janvier.

Avec une esthétique de caméra cachée, cette œuvre nous fait réfléchir sur un penchant bien actuel, celui de vouloir tout documenter avec son téléphone intelligent.

Pour la directrice artistique de Langage Plus, Mariane Tremblay, le travail de Kim Waldron va dans la même direction que la philosophie de la galerie de la rue Collard, à Alma. « Elle a une démarche dans laquelle sa pratique artistique et sa vie s’imbriquent. […] Son travail artistique vient toucher nos orientations, on travaille beaucoup sur les liens entre l’art et la vie, des projets qui ont rapport avec le territoire », explique-t-elle.

L’exposition est présentée jusqu’au 20 janvier.