Cette photographie a été captée il y a cinq ans, lors du dernier concert auquel ont participé la flûtiste Louise Bouchard et la harpiste Valérie Milot. Elles se retrouveront sur la scène du Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, dimanche à 14h, à l'occasion du concert Vent et mouvement proposé par l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Deux solistes et Mozart

Derrière le décorum propre aux grands concerts se cache la dimension humaine, ce que les compositions inscrites au programme signifient pour les musiciens chargés de les interpréter. Un bon exemple est le Concerto pour flûte et harpe de Mozart, l'une des pièces maîtresses du premier rendez-vous printanier fixé par l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Les mélomanes qui y assisteront dimanche à 14 h, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, remarqueront que cette composition fort populaire, dont on a entendu quelques mesures dans le film Amadeus, mobilisera deux solistes. Or, chacune d'elles, pour des raisons différentes, voit dans cette oeuvre autre chose qu'une succession de notes.
Pour la harpiste Valérie Milot, cette composition se trouve à l'origine d'une vocation à laquelle rien ne la prédestinait. « Je ne viens pas d'une famille de musiciens. Par contre, mon père était un mélomane et il aimait Mozart. C'est pourquoi, très tôt, j'ai entendu ce concerto », a raconté la jeune femme il y a quelques jours, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.
Elle ajoute que c'est la seule pièce de l'Autrichien où la harpe a droit de cité. « Au temps du baroque et du classique, cet instrument était boudé parce qu'on le jugeait peu évolué. Plus souvent qu'autrement, c'est à la suite d'une commande qu'on écrivait pour lui. Or, dans ce concerto, Mozart ne s'est pas laissé freiner par les limites techniques et c'est ce qui en fait l'une de ses oeuvres les plus importantes », énonce Valérie Milot.
Un chant du cygne
Louise Bouchard, elle, présente ce concert comme son chant du cygne. Membre de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis sa fondation, la flûtiste laisse entendre que sa carrière arrive au couchant. Il était donc approprié de fermer les livres avec ce Mozart qui fut abordé une première fois avec l'orchestre, à la fin des années 1980.
« J'ai le sentiment qu'une porte va se refermer parce qu'en tant que musicienne, mon parcours s'achève. Dans les prochaines années, d'autres tâches vont m'accaparer », confie la directrice du Conservatoire de musique de Saguenay. Son désir de favoriser le développement de cette institution prendra le pas sur la flûte, un instrument qui nécessite des capacités physiques optimales, sans parler de la dimension artistique.
La présence de Valérie Milot à ses côtés réjouit Louise Bouchard, qui souhaitait la revoir depuis qu'elles se sont associées au Quatuor Alcan, devenu Saguenay, lors d'un concert de musique de chambre tenu à Chicoutimi, il y a cinq ans. « C'est à ce moment que j'ai voulu faire le Mozart avec Valérie et l'orchestre, raconte-t-elle. Pour moi, c'est donc un rêve qui se réalise, puisque ce concerto valorise les deux instruments. »
Deux autres compositions seront offertes pendant le concert, dont la direction sera assurée par le chef Jean-Michel Malouf. En début de programme, le public entendra un titre de Nicolas Gilbert, À l'aube, tandis qu'au retour de la pause, il aura droit à un monument du répertoire, la Symphonie no. 7 de Beethoven. Signalons également qu'à 13 h, l'Harmonie Saguenay interprétera des marches et des musiques de films, de même que la Suite canadienne, une oeuvre signée André Jutras.