Tim Morgan
Tim Morgan

Deux millions de vues pour Québec Issime

Une centaine d’artistes ont répondu à l’appel lancé par Pierre Doré, directeur artistique de Québec Issime. Non seulement ont-ils donné 75 concerts dans l’intimité de leur foyer, soit un par soir à compter de la mi-mars, mais ces événements diffusés par le truchement de Facebook ont connu un succès remarquable. Ils ont généré deux millions de vues, en effet, un résultat qui a dépassé les attentes de la troupe saguenéenne.

« J’ai été stupéfaite en voyant ce chiffre. Nous ne pensions pas rassembler autant de gens autour de la musique. L’amour du public ne s’est pas tari et je constate que plusieurs sont tristes depuis que nous avons pris une pause, la semaine dernière. Ce n’est pourtant pas la fin de la série », a commenté la directrice de production Suzanne Richard, lundi, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Plusieurs facteurs ont contribué au succès des Concerts LIVE, baptisés aussi « chasse-grisaille ». Le fait qu’ils revenaient à l’affiche tous les soirs, à compter de 20h30, a créé une habitude. Il y a également la diversité des approches qui a rejoint un large éventail de sensibilités. C’est ainsi que Marc Hervieux, l’une des vedettes de la série, a interprété des airs d’opéra, alors que d’autres proposaient du country, de la pop, de la chanson folk ou du rock.

« Si on aimait moins un concert, il y avait autre chose le lendemain », note Suzanne Richard. Elle a aussi remarqué que la formule ne cartonnait pas qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les réactions glanées depuis plus de deux mois montrent que partout au Québec, les amateurs ont été à l’écoute. Il y a même eu une pointe d’intérêt au Moyen-Orient quand Philippe Berghella a pris l’affiche. Des fans, là-bas, se souvenaient de son passage avec la production Sherazade.

Marc Hervieux a été l’une des têtes d’affiche des concerts virtuels proposés par Québec Issime. Ceux-ci ont généré deux millions de vues sur la page Facebook de la compagnie saguenéenne, au fil de 75 rendez-vous quotidiens.

En réflexion

Chaque concert durait de 30 à 45 minutes et pouvait être vu gratuitement. Or, malgré les limites techniques imposées par la pandémie, le pourcentage de rétention fut élevé. Les gens ne se sont pas contentés de papillonner sur le Web. N’ayant plus l’opportunité de les applaudir dans une salle, ils ont vu dans cette série l’occasion de garder contact avec leurs artistes favoris, tout en effectuant des découvertes à peu de frais.

La pause décrétée la semaine dernière a été bienvenue, cependant, parce que l’équipe a vu ce qui s’annonçait comme un sprint devenir l’équivalent d’un demi-marathon. « Nous nous sommes accordé un repos, mais c’est sûr que nous utiliserons à nouveau la plateforme Facebook afin de garder le contact. Nous profitons de cette interruption pour réfléchir à la suite des choses, voir de quelle manière on veut faire évoluer le concept », précise Suzanne Richard.

Plusieurs options sont examinées. Produire des capsules. Revenir une fois par semaine, une fois par mois. Tenir des événements plus ambitieux, aussi, peut-être avec des partenaires. Sur ce dernier point, signalons que des contacts ont été initiés récemment. L’un des objectifs de Québec Issime consiste à donner encore plus de visibilité à ses contenus. La radio et la télé pourraient être mises à contribution.

En attente d’une reprise

Côté scène, par ailleurs, tout dépend de ce qu’annoncera la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy. La production De Céline Dion à la Bolduc ira-t-elle au Casino de Montréal en août ? La Place des Arts accueillera-t-elle Décembre pour une 17e fois ? C’est elle qui a le pouvoir d’ouvrir ou de fermer les vannes, mais une chose est certaine, le moment venu, la compagnie prendra les moyens nécessaires pour tirer les marrons du feu.

Gilles Hamel

« Comme il est difficile d’être les seuls porteurs du flambeau, ça nous fera un grand bien, à nous et aux artistes, de prendre connaissance de la vision de la ministre. Nous avons hâte et dès que la porte s’ouvrira, nous serons bien positionnés en raison de notre longévité, ainsi que notre capacité de se virer sur un dix cents. Ça nous procure un petit élastique de plus », fait observer Suzanne Richard.