Les auteurs de théâtre Martin Bellemarre et Annick Lefebvre figurent parmi les cinq finalistes au prestigieux prix Siminovitch, qui s'accompagne d'une bourse de 100 000$.
Les auteurs de théâtre Martin Bellemarre et Annick Lefebvre figurent parmi les cinq finalistes au prestigieux prix Siminovitch, qui s'accompagne d'une bourse de 100 000$.

Deux dramaturges québécois finalistes au prix Siminovitch

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Le Centre national des Arts (CNA) et la Fondation du Prix Siminovitch (Fondation) ont dévoilé ce jeudi 15 octobre les noms des finalistes du Prix Siminovitch 2020. Dans cette liste de cinq candidats figurent deux Québécois, Martin Bellemare et Annick Lefebvre – tous deux de Montréal.

Les autres dramaturges finalistes sont Carmen Aguirre (de Vancouver), Tara Beagan (de Mohkintsis/Calgary) et Karen Hines (Calgary/Toronto). Quatre femmes figurent donc parmi les cinq lauréats potententiels.  

Le Prix Siminovitch, qui souligne «l’excellence et l’innovation» dramaturgique depuis maintenant 20 ans, est, pour le milieu théâtral, la récompense la plus prestigieuse au Canada. Il récompense un·e metteur·e en scène, un·e dramaturge ou un·e scénographe. Le prix s’accompagne d’une bourse de 100 000 $ — montant que le lauréat doit partager avec un «protégé», c’est-à-dire un autre dramaturge de son choix, dans une perspective de mentorat.

La présidente du jury de la Fondation, Vanessa Porteous, a qualifié d’«intrépides» les cinq finalistes. Ces «brillants dramaturges [...] sont animés d’une force irrépressible, d’un désir de combattre l’injustice, de dire ce qui n’a jamais été dit. Ils jouent des mots pour provoquer aussi bien que pour apaiser, chacun selon sa vision artistique. Ils défient les conventions dans leurs expérimentations», a-t-elle évoqué par voie de communiqué.

Lauréat dévoilé en novembre

Le nom du ou de la lauréat·e du Prix Siminovitch 2020 sera dévoilé le jeudi 26 novembre, lors d’une cérémonie en ligne prévue à 19 h et qui rendra hommage aux cinq finalistes.

Le président et chef de la direction du CNA, Christopher Deacon, invite non seulement les membres de la communauté théâtrale canadienne, mais aussi «tous les Canadiens» à suivre cette première cérémonie numérique du Prix Siminovitch, et à «se laisser inspirer par ces extraordinaires dramaturges ».

Martin Bellemare est l’auteur de Le Chant de Georges Boivin (Prix Gratien-Gélinas 2009) et La Liberté (2013), qui devait être présenté au CNA en 2020. Deux de ses pièces sont inscrites au répertoire de la Comédie-Française, souligne le CNA. Il est aussi derrière la pièce jeunesse Des pieds et des mains, créée à Ottawa..

Fondatrice de la compagnie Le Crachoir, Annick Lefebvre est l’auteure des pièces ColoniséEs (Prix Michel-Tremblay 2019), Ce samedi il pleuvait, La machine à révolte, Les barbelés, ainsi que J’accuse (finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général en 2015). Elle d'ailleurs «récrit deux fois» cette pièce – pour la Belgique, puis pour la France –  qui a été adaptée en balladodiffusion par Radio-Canada ICI Première, et qui a été remontée au Théâtre de l’île de Gatineau en février dernier.

Pandémie

Le jury reconnaît avoir dérogé à ses habitudes en sélectionnant cinq candidats, plutôt que quatre.

Un geste qu’il a expliqué par le «très grand nombre de candidatures extraordinaires» reçues, mais aussi comme un geste d’encouragement, dans le difficile contexte pandémique auquel font face les arts de la scène.

« Cette compétition très serrée illustre l’incommensurable pouvoir créateur et la captivante palette des artistes du théâtre actifs aujourd’hui au Canada. Les œuvres de ces dramaturges, comme celles de nombreux autres, sont actuellement en suspens en raison de la pandémie. Leurs revenus et leur avenir sont menacés par la fermeture des rideaux à l’échelle du pays. On ne peut qu’espérer que ces artistes, et tous les artistes canadiens du théâtre, retrouvent bientôt leur public», signale le jury. 

Cette année marque le 20e anniversaire du Prix Siminovitch. 

 «Alors que le monde du théâtre vit un moment très douloureux, nous abordons cette étape en poursuivant notre engagement envers l’avenir de la discipline et le soutien à l’excellence et l’innovation avec ce prix annuel de 100 000 $ », déclare le président du c.a. de la Fondation, George Thomson.