Deux bâtiments, un stationnement

COMMENTAIRE / Souvenir d’un voyage de gars à travers les États-Unis, à l’automne 1987. L’une des plus belles escales avait conduit notre groupe à Kansas City, plus précisément à Independance, la ville voisine. La partie culturelle avait pris la forme d’un souper dans une table champêtre, ce qui avait permis de découvrir son excellent poulet parfumé au bois de noyer.

Une autre révélation était survenue le samedi soir. Arrivés dans le stationnement du stade des Royals, l’équipe qui représente Kansas City au sein de la Ligue américaine de baseball, nous avions remarqué la présence d’un bâtiment épousant la forme d’un ballon de football. Un deuxième stade construit sur le même terrain, celui des Chiefs, l’organisation pour laquelle joue maintenant le Québécois Laurent Duvernay-Tardif.

Quand on se trouve sur place, on réalise à quel point cette proximité tombe sous le sens. Oui, les plaines du Midwest s’étendent à l’infini, du moins jusqu’aux Rocheuses, mais pourquoi aménager deux stationnements quand un seul suffit ? Tout ce que ça prenait, c’était un minimum de coordination entre les clubs, histoire d’éviter les conflits d’horaires.

Ce souvenir m’est revenu en tête récemment, à la faveur du débat sur la construction d’un amphithéâtre sur la zone ferroviaire de Chicoutimi. 

Si tel est le voeu du conseil municipal de Saguenay, il me semble impératif de considérer la possibilité d’ajouter un second bâtiment, en l’occurrence une salle de spectacles. 

Pas tout de suite, bien sûr. Mais comme le veut l’adage, gouverner c’est prévoir.

Si on garde en mémoire que le futur amphithéâtre engagera la communauté pour au moins 40 ans, peut-être davantage, on a le devoir d’examiner d’autres échéances qui surviendront à l’intérieur de cette fenêtre. 

L’une d’elles étant la fin du cycle d’utilisation du Théâtre Banque Nationale, il serait bête de ne pas avoir réservé un espace pouvant accueillir une nouvelle salle de spectacles dans le voisinage de la zone ferroviaire.

Elle partagerait les mêmes stationnements et serait desservie par les mêmes circuits d’autobus, tout en générant un surcroît d’activité au centre-ville. En plein coeur du Croissant culturel.