Hélène Beaulieu et Justine Valtier entourent Martin Lavertu, le directeur général de TouTTout, centre de production en art actuel. Elles amorcent une résidence d’un an qui les aidera à produire des expositions qui seront présentées dans la prochaine année.

Deux artistes saguenéennes en résidence chez TouTTout

Deux artistes établies au Saguenay pourront travailler sur leurs projets dans un cadre éminemment favorable, au cours de la prochaine année. Il s’agit de Justine Valtier et Hélène Beaulieu à qui TouTTout, un centre de production en art actuel ayant pignon sur rue à Chicoutimi, vient d’accorder une résidence de création.

La première est originaire de la Normandie et complète une maîtrise en art à l’UQAC, tandis que sa consœur, qui vit à Chicoutimi, met la dernière main à son baccalauréat. Chacune doit monter une exposition pour laquelle les ressources disponibles dans l’édifice de la rue Bossé seront mises à profit. On parle ici des équipements, mais également des professionnels que les jeunes femmes auront la chance de côtoyer sur une base quotidienne.

« Ce programme existe depuis 2008 et fonctionne en collaboration avec l’UQAC et le Conseil des arts de Saguenay. Il permet à des finissants en art d’évoluer dans un milieu professionnel, de voir quelles sont les préoccupations des artistes possédant une certaine expérience, tout en disposant d’espaces de création, de services-conseil et de notre parc d’équipements », a souligné le directeur général de TouTTout, Martin Lavertu, lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Toutes deux sélectionnées par un jury de pairs, les lauréates ont une autre chose en commun, soit le caractère personnel de leur démarche. Hélène Beaulieu, par exemple, souhaite établir une cartographie du corps humain en identifiant les points où la douleur se fait plus intense. Elle qui compose avec les conséquences d’un AVC subi au début de ses études universitaires n’a pas eu besoin de chercher longtemps avant de trouver le corps en question.

« Je suis aux prises avec une douleur chronique depuis mon AVC. C’est pour cette raison, entre autres, que je ne peux plus réaliser de grands tableaux comme j’avais l’habitude de le faire. Je dois travailler sur des sujets minimalistes », indique la Chicoutimienne. Sa priorité immédiate consiste à produire une exposition qui se concrétisera à la fin de janvier, sur l’Espace Plate-Forme aménagé à l’entrée de TouTTout.

« Sans cette résidence, je n’aurais pas eu les moyens de me payer les ressources disponibles ici », fait observer l’artiste. De son côté, Justine Valtier entend créer des sérigraphies qui meubleront la première des deux expositions qu’elle présentera au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. Elle fera écho à des recherches centrées sur les origines de son père biologique.

L’élément déclencheur fut le décès de son père adoptif en 2014, la première perte significative de sa vie. L’idée de mieux connaître son père biologique, lui aussi disparu, est devenue incontournable. Encore l’été dernier, la jeune femme a voyagé dans plusieurs pays d’Europe afin de cerner le parcours d’une famille juive dont les racines sont plantées dans la terre russe.

Elle a migré en Allemagne et en Italie avant de s’installer en France, une saga qui formera la trame de fond de l’exposition. « Je dois traiter des documents d’archives, notamment des photographies, pour les intégrer à des installations. Je travaille beaucoup sur l’accumulation, à travers une série d’impressions pour lesquelles j’utiliserai du tissu d’embaumement. Il y aura 1000 sérigraphies superposées », décrit Justine Valtier.

Un sondage sur les besoins du milieu

Toutes les personnes de Saguenay engagées dans une pratique en arts visuels sont invitées à répondre à un sondage commandé par la municipalité. Il a pour objet de cerner les besoins qui existent au sein de la communauté, ce qui embrasse autant les professionnels que les amateurs, ainsi que les gens évoluant dans la mouvance des métiers d’art.

« La ville veut établir les besoins actuels au plan technique et nous a demandé de mener une étude à cette fin. C’est pourquoi nous invitons les personnes intéressées par la question à remplir un formulaire qui se trouve à l’adresse www.touttout.org/sondage. La date limite est le 1er novembre », précise le directeur général de TouTTout, Martin Lavertu.

L’étude ratisse tellement large qu’elle embrasse les besoins qui peuvent se manifester dans le vaste domaine des arts de la scène, parallèlement aux arts visuels. La confection des décors, par exemple, tout comme l’utilisation des salles de répétition justifient la compilation de données que TouTTout a l’intention de colliger rapidement.

« La première partie de notre rapport sera déposée en décembre, tandis que l’an prochain, des consultations seront réalisées auprès des personnes concernées. Celles-ci seront rencontrées en petits groupes, dans le but de mieux planifier le soutien à la production en arts visuels », fait remarquer Martin Lavertu