Desposito temporal: la mort à Mexico City

La mort. On ne veut généralement pas la voir ni en parler. C'est tout de même sur ce sujet que le photographe Sébastien Val Malleghem s'est penché. La mort, plus précisément la mort à Mexico City, ville de 22 millions d'habitants où chaque jour, 450 corps sont comptabilisés.
Dans le cadre de Zoom Photo Festival, le photographe belge présente Deposito Temporal dans le Bâtiment 1912 de La Pulperie. L'exposition est le fruit d'un travail réalisé sur une période d'un mois au printemps 2016.
À Mexico, le nombre de morts élevé est lié aux crimes, aux accidents, aux cancers, aux maladies respiratoires causées par la pollution. La mort naturelle s'ajoute à la liste pour faire grimper le nombre de corps à traiter chaque jour.
Par ses clichés en noir et blanc, Sébastien Val Malleghem expose la gestion de la mort au quotidien dans une ville où les fleuristes funéraires et les marchands de cercueils côtoient les «dealers» et les concessions de voitures dans les quartiers mal famés.
Plusieurs morgues qui ne sont pas officielles traitent des dizaines de corps chaque jour.
La série de photos peut provoquer le malaise. Sur les images, les corps de personnes décédés sont portés au regard du visiteur.
Du décès à l'enterrement, chaque étape est exposée.
Les embaumeurs au travail, les outils qu'ils utilisent, les morgues «non officielles» où ils sont à l'oeuvre jour et nuit à un rythme d'environ 40 minutes par corps, tout est illustré. On y voit aussi les familles éplorées, les rites et les différences entre familles démunies et mieux nanties.
Du nombre, la photo la plus troublante est certainement celle d'un corps en crémation.
Avec Deposito Temporal, c'est un véritable voyage au coeur de la mort à Mexico que propose Sébastien Val Malleghem.