Micheline Bernard

Des promesses, des promesses: dernier tour de piste

L’actrice Micheline Bernard ne pensait pas s’embarquer pour plusieurs années quand elle a accepté de jouer sur scène un premier monologue en carrière. La pièce Des promesses, des promesses, d’abord produite à Montréal, puis jouée à Québec, s’arrêtera le mercredi 10 avril sur les planches de la salle Pierrette-Gaudreault. Pour la comédienne, c’est la fin d’une grande aventure.

Au commencement, il y a eu le déclic d’un auteur qui a découvert une actrice parfaite pour un texte qu’il avait écrit. Quand le dramaturge Douglas Maxwell a vu Micheline Bernard jouer, lors d’une rencontre avec des gens de théâtre écossais à Montréal, il a tout de suite pensé à une œuvre qu’il avait écrite en 2010.

« Denis Bernard, qui fait la mise en scène, a dit à Douglas : “envoie-nous le texte, on va voir ce qu’il y a à faire” », raconte Micheline Bernard au bout du fil.

Et l’accord entre l’auteur, le metteur en scène et l’actrice a été parfait. Jouée pour la première fois en 2016 à Montréal dans une petite salle, Des promesses, des promesses a remporté un vif succès. Produite à Québec au début du mois d’avril, la pièce en est aux derniers milles d’une tournée dans les quatre coins des régions. Elle sera encore portée par la comédienne une quinzaine de fois en 2019.

Micheline Bernard présentera Des promesses, des promesses le 10, à Jonquière.

Replonger

L’actrice a replongé avec plaisir dans le texte qui lui a valu d’être récompensée par la critique en 2017. « C’est une œuvre que j’aimais et que j’aime encore. En le mémorisant de nouveau, je comprends toujours mieux les choses qui y sont dites. Maintenant, je suis capable de l’incarner, je crois, plus profondément », indique celle qui perçoit ce spectacle solo à la fois comme un fardeau et un cadeau.

Micheline Bernard a pris environ six mois, à la première série de représentations, pour apprendre le texte par cœur. Elle est heureuse de le faire découvrir au plus grand nombre de spectateurs possible.

La pièce raconte l’histoire de Miss Brodie, une enseignante à la retraite qui retourne dans les classes comme suppléante dans une école londonienne. Elle y rencontrera une jeune Somalienne, qui fait du mutisme sélectif : elle refuse de parler.

Alors que l’on pense que l’enfant est possédée et que l’on doit faire un exorcisme, l’enseignante, contre toutes attentes, nouera des liens avec la jeune. La prémisse, qui peut sembler surprenante, est inspirée de faits réels.

Le fait qu’elle soit seule sur scène pendant les 90 minutes que dure la pièce ne l’empêche pas de livrer une performance captivante, pense celle qui demeura la Jocelyne de Radio Enfer pour une génération. « L’histoire est écrite comme un thriller », dit Mme Bernard.