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Josie-Ann Bonneau, chargée de projet, et Karine Cleary, coordonnatrice vie communautaire du Centre d’amitié autochtone du Saguenay, posent devant l’oeuvre de Jean-Luc Hervieux qui apparaît sur un panneau installé au parc de la Rivière-du-Moulin.
Josie-Ann Bonneau, chargée de projet, et Karine Cleary, coordonnatrice vie communautaire du Centre d’amitié autochtone du Saguenay, posent devant l’oeuvre de Jean-Luc Hervieux qui apparaît sur un panneau installé au parc de la Rivière-du-Moulin.

Des panneaux pour valoriser la présence autochtone à Saguenay

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
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Deux panneaux permanents arborant un poème en innue et en atikamekw ainsi que des oeuvres d’artistes autochtones ont été installés à Saguenay. Le projet Là où je me sens bien / E ici mirerimoian / Nte menuenuian, issu d’une collaboration entre différents intervenants, vise la valorisation de la présence autochtone en milieu urbain et le rayonnement des langues et cultures innues et atikamekw, une première à Saguenay.

Les deux panneaux en aluminium de neuf pieds par cinq pieds ont été installés près de la fontaine des bélugas sur la Zone portuaire de Chicoutimi, ainsi qu’à proximité du chalet de location d’embarcations au parc de la Rivière-du-Moulin.

Le projet vise à donner la parole aux principales nations autochtones présentes sur le territoire de Saguenay, les Innus et les Atikamekw, qui sont 1625 à vivre à Saguenay, en plus des gens qui y viennent régulièrement pour les services et pour visiter la famille.

L’installation des panneaux est l’aboutissement d’un processus amorcé en 2018.

« Nous avons étudié les besoins des Premières nations qui vivent à Saguenay et un des premiers besoins identifiés est la reconnaissance dans notre ville, indique Karine Cleary, coordonnatrice vie communautaire au Centre d’amitié autochtone du Saguenay (CAAS). On souhaitait créer un lieu d’échange entre Autochtones et non-autochtones, donner un sentiment de fierté aux Autochtones. On voulait permettre aux gens de découvrir les deux plus grandes nations autochtones qui habitent Saguenay et les faire rayonner. »

Les sites où sont installés les panneaux n’ont pas été choisis au hasard. Le parc de la Rivière-du-Moulin et la Zone portuaire de Chicoutimi ont été identifiés comme des lieux où les membres du Centre d’amitié autochtone de Saguenay se sentent bien.

« S’installer près des rivières est naturel. Le cours d’eau est l’élément qui les rattache à ce territoire », explique Kévin Bacon, agent de promotion au CAAS.

Claudette Awashish, directrice du Centre d’amitié autochtone du Saguenay, Josie-Ann Bonneau, chargée de projet, Karine Cleary, coordonnatrice vie communautaire, ainsi que Kévin Bacon, agent de promotion du CAAS, posent devant l’oeuvre de Jean-Luc Hervieux qui apparaît sur un panneau installé au parc de la Rivière-du-Moulin.

« On n’a jamais vu un projet où on travaille avec une ville et avec des partenaires si impliqués. C’est une première à Saguenay et même à travers le Québec. C’est un projet innovateur auquel les membres ont participé du début à la fin. »
Kévin Bacon

« Les deux corporations qui gèrent ces sites ont accueilli le projet de façon très favorable. On le voit par le choix des emplacements des oeuvres qui se retrouvent au coeur des parcs, dans des endroits visibles », souligne Josie-Ann Bonneau, chargée de projet.

Chaque panneau arbore une oeuvre d’art ainsi qu’un poème. Les artistes issus des deux communautés autochtones ont eu le mandat de mettre en images et en mots ce que les familles ressentent par rapport à leur vie à Saguenay. À travers une approche intergénérationnelle, ils ont produit des oeuvres de transmission qui font le pont entre ces familles et les gens qui passeront devant ces panneaux.

Le panneau de la Zone portuaire se nomme Notcimik, Notre territoire, Là d’où vient mon sang et présente l’oeuvre d’Eruoma Awashish intitulée Matisiwin / La vie, ainsi que le poème de Marie-Andrée Gill en français et en atikamekw.

Celui du parc de la Rivière-du-Moulin se nomme Nutshimit, Notre territoire, Là d’où vient mon sang et présente l’oeuvre de Jean-Luc Hervieux intitulée Tshikanishinuat/ Mon frère, ainsi que le poème de Marie-Andrée Gill, présenté cette fois en français et en innu.

« En écoutant les familles, j’ai constaté que le territoire était toujours aussi important pour elles, même si elles vivent en milieu urbain. La nature, l’eau, les arbres, le territoire, ça revenait souvent, c’était important. Je m’en suis inspiré », explique Jean-Luc Hervieux.

Le projet a mobilisé beaucoup de partenaires. « La Ville contribue depuis le début. On a travaillé en étroite collaboration avec La Boîte Rouge VIF et l’artiste et chercheuse Anne Ardouin. Les corporations de la Zone portuaire et du parc de la Rivière-du-Moulin nous ont ouvert les bras. C’est une belle reconnaissance de l’ensemble des partenaires », témoigne Josie-Ann Bonneau.

« On n’a jamais vu un projet où on travaille avec une ville et avec des partenaires si impliqués, estime Kévin Bacon. C’est une première à Saguenay et même à travers le Québec. C’est un projet innovateur auquel les membres ont participé du début à la fin. »

L’inauguration officielle des panneaux circulaires, une forme symbolique pour les Autochtones liée à une façon de penser circulaire, aura lieu dans le cadre d’une vidéo en direct sur la page Facebook du Centre d’amitié autochtone, jeudi, à 12h15.