Les professeurs Frédérick David et Jérôme Gagnon ont participé à la création de sept panneaux à caractère historique, dont celui-ci, où il est question du compositeur François Brassard. Installés il y a quelques mois, ils sont consacrés à des personnes dont le nom est associé au Cégep de Jonquière.

Des panneaux pour perpétuer la mémoire

Pour rendre hommage à une personnalité, il ne suffit pas d’inscrire son nom sur un bâtiment, si imposant soit-il. Le devoir de mémoire commande de faire connaître les réalisations associées à ces individus, de montrer pourquoi on a décidé de leur rendre hommage. C’est la partie du mandat que plusieurs institutions négligent, mais pas le Cégep de Jonquière. Depuis le printemps dernier, en effet, des panneaux témoignent de son désir de faire le pont entre le passé et l’avenir.

Cinq d’entre eux sont consacrés à des hommes dont tout un chacun connaît le nom, puisqu’il désigne un lieu familier. Paul-Arthur Fortin, qui fut directeur général du cégep de 1968 à 1971, fait désormais cause commune avec le Centre de haute technologie. Quant à Lionel Gaudreau, qui a été le premier secrétaire général du cégep en 1967, son souvenir est inscrit à perpétuité sur les murs du Pavillon des technologies.

Les étudiants qui fréquentent ces bâtiments depuis la rentrée peuvent maintenant connaître une partie de leurs réalisations, ce qui est aussi le cas des personnes qui visitent le pavillon où se déploie le programme d’Art et technologie des médias. Il porte le nom de Joseph Angers, un homme qui a participé à la fondation du Patro avant de former le comité qui, en 1955, a invité les Oblats à mettre sur pied le Collège classique de Jonquière, l’ancêtre du cégep.

On apprend au passage que le destin fut cruel avec ce bâtisseur, puisqu’il est décédé en décembre de la même année, à l’âge de 51 ans. Plus chanceux, un autre pionnier du Collège classique, Gérard Arguin, a eu le temps de devenir le premier directeur des études du cégep, en 1967, avant d’assumer à deux reprises la fonction de recteur à l’Université du Québec à Chicoutimi. Son nom désigne l’édifice principal du cégep, ce qui englobe la partie la plus ancienne, érigée en 1957.

« Une vision humaniste »

Une autre personnalité dont on relate le parcours est le compositeur et organiste François Brassard. Il n’a jamais œuvré au collège ni au cégep, mais il était approprié qu’on accole son nom à une salle de spectacles en raison de ses états de service. « Il a eu une carrière exceptionnelle. En effectuant des recherches à son sujet, j’ai été fasciné de voir la reconnaissance internationale dont il a joui », a raconté Frédérick David, professeur de sociologie, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

C’est en tant que membre du comité du 50e qu’il a participé à la confection des notes biographiques avec son confrère Jérôme Gagnon, qui enseigne l’histoire au cégep. Ensemble, ils ont concrétisé un vœu exprimé par le Département des sciences humaines, qui jugeait pertinent de constituer un parcours reflétant la riche histoire de l’institution.

« Moi-même, je suis professeur depuis 2005 et je me demandais qui étaient les gens derrière ces noms. Nous avons donc profité du 50e anniversaire du cégep pour réaliser ce projet à l’interne », mentionne Frédérick David. Il aurait aimé que des œuvres d’art soient installées dans chaque pavillon, mais les moyens limités dont disposait le comité n’ont pas permis de réaliser ce projet, du moins pour le moment.

En revanche, on peut affirmer que le dernier panneau possède une dimension artistique, en ce sens qu’il met en relief le travail des architectes Paul-Marie Côté et Evans St-Gelais. Le premier a tracé les plans de ce qu’on appelle l’aile 600, réalisée en 1957. Elle regroupe six bâtiments abritant la bibliothèque, la salle de spectacles, la piscine et la résidence des Oblats. Son collègue, lui, a créé le design de la tour Saguenay et du pavillon Gérard-Arguin, des ouvrages complétés en 1966.

« Les deux parties s’harmonisent bien, même si celle qui a été réalisée par Evans St-Gelais se révèle plus audacieuse au niveau des formes. Ces constructions reflètent le caractère propre aux Oblats, le fait que ces gens étaient modernes, tournés vers l’avenir. Ils portaient en eux une vision humaniste de l’éducation », met en relief Jérôme Gagnon.