Plusieurs élèves de l’école primaire Notre-Dame d’Alma ont assisté au vernissage de l’exposition Les bâtisseuses et les bâtisseurs d’invisible qui met en valeur les marionnettes qu’ils ont créées avec l’artiste Julie-Isabelle Laurin.

Des élèves exposent à Langage Plus

Il n’y a pas d’âge pour être un artiste. La preuve: les 120 élèves du service de garde de l’École primaire Notre-Dame d’Alma exposent au centre d’art actuel Langage Plus. Les visiteurs peuvent y découvrir, à la lueur d’une lanterne, les marionnettes créées avec l’artiste Julie-Isabelle Laurin, dans le cadre d’un troisième projet éducatif élaboré par le centre d’art.

Les marionnettes colorées et leurs visages aux traits humains, parfois animaliers ou dignes de personnages de fiction, se révèlent un à un sous l’éclairage de la lanterne du visiteur, plongé dans le noir, qui pénètre dans cet univers mis en scène par l’artiste montréalaise.

La visite de l’exposition Les bâtisseuses et les bâtisseurs d’invisible amène le porteur de lanterne – de lampe de poche ou encore de lampe frontale – à concentrer tout d’abord son attention sur les têtes à deux faces en papier mâché imaginées par les enfants de maternelle à sixième année.

Les ombres qui dansent sur les murs de la salle d’exposition du centre d’art almatois, projetées par la lumière, perturbent ensuite ce face-à-face intrigant et invitent à embrasser du regard l’ensemble de l’installation. Un agencement de tissus recyclés tout aussi colorés se révèle alors, reliant les marionnettes entre elles.

Les personnages imaginaires forment en fait cinq grandes marionnettes collectives comptant une dizaine de têtes chacune. Cette rencontre avec ces sympathiques hydres aux airs d’art naïf est le résultat de deux mois de travail et d’ateliers menés à la fin de l’année scolaire précédente par l’artiste multidisciplinaire Julie-Isabelle Laurin.

Celle qui est également enseignante au collégial a animé des ateliers de création pédagogique chaque midi au service de garde de l’école primaire de quelque 200 élèves située au coeur du quartier d’Isle-Maligne.

Les élèves du service de garde ont ainsi touché au dessin, au modelage d’argile, au papier mâché, à la peinture ou encore à la conception d’une mosaïque de tissus, a expliqué Mélissa Corbeil, coordonnatrice à la médiation culturelle chez Langage Plus.

Démocratiser l’art

Le but du projet : démocratiser l’art auprès des élèves. «Dans les écoles de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, il n’y a pas de spécialiste en arts plastiques», a précisé Mme Corbeil, à l’occasion d’une visite du Progrès au centre d’art, à quelques jours du vernissage de l’exposition.

«Et nous, on se sent une mission, a-t-elle poursuivi. […] parce qu’on voit tout le potentiel et l’importance de l’art dans notre construction humaine, d’individu et de citoyen.»

Il s’agit du troisième projet d’art actuel mené par Langage Plus en collaboration avec des écoles de la commission scolaire depuis le début de 2018.

L’exposition dans les murs de Langage Plus, dont le vernissage avait lieu le 13 septembre en présence de plusieurs élèves de l’école, permet de présenter le résultat de ce travail collaboratif entre les élèves et l’artiste professionnelle.

L’exploration à la lanterne est complétée en vitrine du centre par une maisonnette aménagée par les jeunes et l’artiste. Les élèves de tout l’établissement étaient invités à contribuer à la construction de cet univers pour Clothilde, une marionnette conçue par Julie-Isabelle Laurin et qui représente son alter ego.

Une publication présentant le projet pédagogique et l’aménagement prochain d’un espace agora dans la cour de l’école Notre-Dame complétera l’exposition, qui est présentée au centre d’art actuel Langage Plus jusqu’au 3 novembre.

L’exploration à la lanterne est complétée par l’exposition, en vitrine du centre, d’une maisonnette à laquelle ont contribué les élèves de l’école. La maisonnette a été construite pour Clothilde, une marionnette conçue par l’artiste Julie-Isabelle Laurin et qui représente son alter ego.

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D'AUTRES PROJETS À VENIR

Un autre projet d’art actuel prendra forme à l’automne, à l’École primaire Sainte-Hélène de Saint-Henri-de-Taillon, et Langage Plus prévoit déjà quatre autres projets collaboratifs au Lac-Saint-Jean dans son programme éducatif.

Dans la petite école de 50 élèves, à Saint-Henri-de-Taillon, le projet doit animer les lieux pendant deux mois à partir du 1er octobre. L’appel de dossiers, qui s’est terminé au début de mois de septembre, permettra de sélectionner l’artiste qui fera leur rencontre.

Les ateliers pédagogiques animés lors des périodes de service de garde seront encore une fois au coeur du projet et une oeuvre permanente sera également installée dans l’établissement. Elle prendra place dans l’espace des casiers et de l’entrée principale, peut-on lire dans le document de présentation.

Langage Plus prévoit ensuite mener quatre autres projets semblables, dont les détails ne sont pas encore fixés pour l’instant. Mélissa Corbeil, coordonnatrice à la médiation culturelle du centre d’art actuel, a précisé que les écoles de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean pourraient être alors invitées à soumettre leur candidature.

Lors des précédents projets, des maillages se sont développés naturellement, selon les situations. Langage Plus aimerait éventuellement ouvrir ce programme éducatif aux écoles de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets.

Faire cohabiter l’art avec les élèves

Langage Plus souhaite ainsi permettre que la culture se « vive quotidiennement » dans les établissements scolaires. « Si l’art cohabite avec les élèves, ils vont déjà être plus sensibilisés et ils vont déjà montrer une plus grande ouverture à ce milieu-là qui est peu connu », souligne Mme Corbeil.

Les élèves peuvent ainsi se familiariser avec l’art actuel et le travail d’un artiste professionnel. « Il y a un défi d’aller à la rencontre des publics, d’aller à la rencontre des gens, pour leur montrer que l’art, dans le fond, ça nous nourrit, peu importe l’âge qu’on a et qu’on est tous compétents pour apprécier une œuvre d’art », croit la médiatrice, visiblement passionnée par le programme éducatif déployé.

Premiers projets

Le premier projet éducatif du genre avait vu le jour à Mashteuiatsh, au début de l’année 2018, en compagnie de l’artiste Carl Bouchard à l’école Amishk. Après ce projet nommé Diffuseur de rêves, l’artiste Catherine Lisi-Daoust avait ensuite oeuvré à l’école Saint-Joseph, à Alma, où est né Projet Papillon.

Ces deux premiers projets avaient principalement été soutenus par le Conseil des arts et des lettres du Québec, tandis que les projets menés à l’École primaire Notre-Dame d’Alma et celui qui verra le jour à Saint-Henri-de-Taillon ont obtenu un financement du ministère de la Culture et des Communications.

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DEUX EXPOSITIONS POUR LA RENTRÉE

Langage Plus souligne la rentrée culturelle en proposant deux autres nouvelles expositions qui sont également présentées jusqu’au 3 novembre.

La Famille Plouffe et Alexis le Trotteur

L’exposition, qui occupe la salle principale du centre d’art actuel, propose une lecture renouvelée de la légende entourant le personnage d’Alexis le Trotteur.

La famille Plouffe, de Longueuil, s’est proposée dans J’aurai pas d’mourrure! d’explorer la mémoire orale et les faits historiques entourant le personnage bien connu au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans l’exposition réalisée expressément pour le centre d’art.

Alexis le Trotteur, de son nom Alexis Lapointe, originaire de Charlevoix et décédé à Alma en 1924, est entré dans le folklore québécois grâce à ses exploits à la course. L’exposition est inspirée d’extraits de récits liés à ses performances et aux excentricités du personnage.

La compréhension des espaces

L’artiste Mathieu Léger, de Moncton, explore pour sa part la compréhension du territoire en usant de différentes stratégies plastiques dans Ground Truth (Vérité terrain).

Le titre de l’exposition, qui occupe la salle projet, fait référence à une méthode scientifique en géographie qui permet de «vérifier un territoire physiquement, versus la technologie de télédétection», souligne-t-on, dans sa présentation des nouvelles expositions partagée aux médias.

Les visiteurs y retrouveront notamment des cartes géographiques, des photographies, des oeuvres sculpturales et des dessins qui proposent de sonder le terrain des espaces construits.