Guillaume Lessard et Jayana Auger sont fiers de leur premier album, intitulé L’enfer chez les autres. Il comporte neuf chansons portées par leurs harmonies vocales, ainsi que de somptueux arrangements de cordes.

Des cordes et encore des cordes pour le premier album de Vice E roi 

Intitulé L’enfer chez les autres, le premier album du duo Vice E roi est celui de toutes les cordes. Les cordes vocales, en raison des voix élégamment maillées de Jayana Auger et Guillaume Lessard, ainsi que les cordes du violon, de l’alto et du violoncelle que font vibrer Jessy Dubé, Guillaume Boulianne et François Lamontagne. Elles confèrent aux arrangements une profondeur à laquelle correspondent les thèmes abordés.

« Notre base folk demeure présente, mais en plus, il y a les arrangements de cordes bien faits, originaux, conçus par Gabriel Desjardins. Nous avons toujours voulu travailler avec ces instruments qui nous donnent tant d’émotions. Ça ajoute quelque chose aux chansons », a fait remarquer Jayana Auger à la faveur d’une entrevue accordée au Quotidien.

L’enveloppe est soyeuse, en même temps que séduisante, ce qui n’est pas incompatible avec le désir de Vice E roi d’exprimer des choses qui remuent l’âme. Prenez Élie, le premier extrait qui a été mis en ligne (l’album, lui, est disponible depuis le 20 mars). Derrière l’intro folk un brin nerveuse, le chant éthéré et les effets électro se cache une réalité on ne peut plus actuelle, laisse entrevoir la chanteuse.

« Il y a un côté pop, mais ça parle d’une personne qui a de la misère à trouver sa place dans la société. Ça arrive que le texte soit sombre et la musique hop-la-vie, reconnaît l’artiste originaire du Lac-Saint-Jean. De manière plus générale, je dirais que sur cet album, il y a une petite peur qui rode, comme si tous nos projets évoquaient la fin du monde. Nous sommes émotifs, en tant qu’artistes. »

Elle ajoute que des gens ont pleuré en écoutant L’enfer chez les autres, ce qui n’est pas difficile à imaginer lorsqu’on prête l’oreille à Qui aurait cru que des mains ça casse des enfances?. « Nous aimons les albums concepts et celui-ci s’appuie sur des témoignages recueillis auprès de nos proches. Il y a eu des partages d’expériences spontanés », rapporte Jayana Auger.

Au moment de les livrer, elle et Guillaume Lessard s’expriment d’une même voix, avec tant de complicité qu’on a l’impression que les mots, les notes, sont portés par une seule et même personne. « Moi et Guillaume, nous nous connaissons depuis l’âge de 13 ou 14 ans. Nous assumons ce son que forment nos deux voix ensemble », mentionne la chanteuse.

Elle signale que les harmonies sont plus faciles à produire en spectacle, comparativement au studio, où chacun enregistrait ses pistes séparément. Signe que d’un projet à l’autre, le groupe progresse, elle précise qu’une résidence en France a aidé à peaufiner le mixage de l’album. On prépare aussi le spectacle qui sera étrenné à l’automne, dans la foulée des lancements qui auront lieu à Montréal et au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

À ce moment-là, le duo aura changé d’indicatif régional. La Jeannoise et le Saguenéen auront migré dans la Métropole afin de s’investir totalement dans leur carrière. Ils comptent se rapprocher du coeur de l’industrie, en plus de tendre des perches vers l’Hexagone où leur son un brin mélancolique, un brin rétro, pourrait leur ouvrir des portes.

« Nous sommes fiers, contents de notre album, et nous nous lançons dans ce projet complètement. C’est pour cette raison que nous allons déménager, ce qui nous rapprochera de notre équipe. Ça va représenter un changement de vie, mais en même temps, ça nous aidera à toucher à la fois l’Europe et le Québec », énonce Jayana Auger.