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Des arts vivants en 2020 malgré tout 
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Le Théâtre du Mortier a eu le temps présenter la pièce <em>Tarte aux pommes</em> avant que le coronavirus n’impose sa loi.
Le Théâtre du Mortier a eu le temps présenter la pièce <em>Tarte aux pommes</em> avant que le coronavirus n’impose sa loi.

Théâtre: des signes de vigueur en dépit de la crise 

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
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Combien d’années s’écouleront avant qu’une compagnie de théâtre de la région ne répète l’exploit de la Tortue Noire? Quatre de ses productions ont été présentées à Paris, à l’occasion d’un séjour qui s’est étiré sur cinq semaines. Le grand oeuvre, Le petit cercle de craie, Kiwi et en guise d’apothéose, la première européenne de la pièce Ogre, coproduite par La Rubrique, en présence de l’auteur Larry Tremblay.
Cette photographie a été captée au Théâtre Mouffetard, pendant une séance de questions et réponses à laquelle ont participé des membres du Théâtre de la Tortue Noire.

Il s’agit d’une performance remarquable, d’autant que ces spectacles livrés au Théâtre Les Roches, puis au Théâtre Mouffetard, ont suscité des réactions positives. Le journal Le Monde, par exemple, n’a pas fait mystère de son respect à l’égard du travail effectué dans Ogre. Quand on pense que cette oeuvre, la dernière au programme, a failli tomber dans le précipice de la COVID-19. C’était une question de jours.

La première européenne de la pièce <em>Ogre</em> a eu lieu en mars, à Paris.

La crise qui ensuite endeuillé la planète a mis une sourdine aux retombées de ce séjour en France. Il est clair, cependant, que la Tortue Noire va profiter de la visibilité acquise dans les dernières semaines de l’hiver. Et le plus beau, c’est que d’autres comédiens et artisans, associés à différentes compagnies du Saguenay, ont aussi participé à l’équipée parisienne. Un peu de la reconnaissance dont jouit la Tortue Noire rejaillit donc sur eux.

Parmi ces personnes, il y a Guylaine Rivard, cofondatrice du Théâtre CRI avec son conjoint, Serge Potvin. Elle a beaucoup travaillé en 2020, reprenant les pièces Itinérance et Aisselles et Bretelles dans la région, de même qu’à l’extérieur. Le moment était venu, toutefois, d’effectuer un pas de côté. Elle demeurera active sur les planches, mais n’assumera plus la fonction de directrice artistique, difficile à concilier avec sa nouvelle carrière en tant que préposée aux bénéficiaires.

Guylaine Rivard a renoncé à ses fonctions de directrice artistique au Théâtre CRI. Elle continuera de jouer, cependant, tout en travaillant comme préposée aux bénéficiaires.

Son collègue Éric Chalifour a fait un choix similaire, ce qui témoigne de l’impact de la crise sur le milieu culturel.

Les agendas se sont vidés, remplacés par des rendez-vous virtuels, puis des projets plus substantiels à l’automne. Toutes les compagnies comptent retrouver leur public en 2021, mais il reste à savoir quand.

À tout le moins, on peut confirmer le retour du Festival international des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS), l’été prochain. Un gros morceau du casse-tête.

Ce qui est encourageant, aussi, c’est de voir de nouvelles troupes émerger. C’est le cas du Théâtre du Mortier, qui a eu le temps de présenter Tarte aux pommes, avant de se mettre sur pause. Cette compagnie ne fait plus figure de cadette, cependant.

Une nouvelle organisation, L’Imprévu Improvisation, a vu le jour dans les derniers mois. Ses membres sont issus du monde de l’impro, comme le suggère son nom.

Pendant ce temps, le théâtre amateur affichait une vigueur remarquable, ce que confirment les prix décrochés par le Mic-Mac de Roberval, de même que FRASQC Productions, lors du Gala des Arlequins. Grâce au travail de Christian Roberge dans Le cas Joé Ferguson, le Mic-Mac a été récompensé dans la catégorie Meilleure scénographie. De son côté, FRASQC a reçu le prix Distinction pour Le Gage, coiffant 62 compagnies au poteau.

Voici le décor de la pièce <em>Le cas Joé Ferguson</em>, qui a valu un prix Arlequin au Mic-Mac.
FRASQC Productions a reçu le prix Distinction au Gala des Arlequins pour la pièce <em>Le Gage</em>.

En 2020, par contre, la région a perdu deux hommes de théâtre dont la carrière fut exemplaire, tant sur scène qu’au petit écran. Il s’agit de Ghyslain Tremblay et de Michel Dumont, qui avaient pour trait commun d’avoir fait leurs premières armes dans leur patelin et, surtout, de ne l’avoir jamais oublié.