Tire le Coyote complète la tournée la plus fructueuse de sa carrière, cette semaine. Après avoir donné un spectacle le 12 décembre, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, le chanteur se produira à Montréal et à Québec avant de rentrer dans ses terres.
Tire le Coyote complète la tournée la plus fructueuse de sa carrière, cette semaine. Après avoir donné un spectacle le 12 décembre, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, le chanteur se produira à Montréal et à Québec avant de rentrer dans ses terres.

Dernier tour de piste pour Tire le Coyote

Trois spectacles. C’est tout ce qui reste avant la fin de la tournée Désherbage, la troisième de Tire le Coyote. Après s’être arrêté au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi le 12 décembre, il fera escale à Montréal, le lendemain, avant de fermer les livres au Grand Théâtre de Québec, le 14. Au total, on parle de 160 rendez-vous étalés sur plus de deux ans. En ces temps de carême pour la chanson d’ici, ce volume d’activité a de quoi impressionner.

« Je n’ai jamais donné autant de spectacles, ce que je considère comme une grande chance. Il y a eu des supplémentaires dans bien des villes et ç’a incité des diffuseurs à me prendre, alors qu’ils m’avaient ignoré la première fois. En même temps, je sens que le bouche-à-oreille a joué en ma faveur. La majorité des gens qui sont venus me voir ne me connaissaient que depuis deux ou trois ans », a analysé Benoit Pinette, l’homme derrière Tire le Coyote, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Lui et les membres de son équipe ont bâti sa carrière en affichant la patience du jardinier. L’idée consistait à monter les marches une à la fois, en profitant de chaque album, chaque tournée, pour élargir les rangs des convertis. Pas de coup d’éclat, de clip viral ou de déclarations enflammées pour nourrir la machine à clics. Pas question, non plus, de « normaliser » la voix haut perchée du chanteur. De toute manière, elle fait partie intégrante du projet, tout comme l’enrobage folk et les textes qui, même sans musique, tiendraient la route.

Il y a eu des surprises, néanmoins, dont celle reliée à la série télévisée Demain des hommes. La bande sonore a été créée par Tire le Coyote et plusieurs personnes lui en ont parlé après les spectacles. « Ça m’a étonné. Je ne pensais pas que les gens avaient remarqué ça », fait-il observer. Tout aussi imprévue, son apparition dans de grandes salles est devenue chose courante, au fil de la tournée.

« On pensait jouer dans des petites, puis on s’est fait prendre. Les diffuseurs nous ont programmés dans des espaces plus grands et les billets se sont bien vendus », raconte le chanteur. Ceci vaut également pour le dernier segment, amorcé à la fin de l’été. Le groupe qui l’accompagnait a été remplacé par un duo complété par le guitariste Benoit Villeneuve, alias Shampouing. Il se produit en mode acoustique, avec une touche d’harmonica pour ajouter de la verticalité aux arrangements.

« Deux gars dans de grandes salles, ça m’a rendu craintif au début. J’ai toutefois constaté que ça fonctionnait à Terrebonne, où nous avons joué récemment. Il y avait 600 places et on s’est quasiment retrouvés dans une ambiance de salon. Il y a de la spontanéité, de la simplicité. Grâce au dialogue établi avec le public, on a créé une bulle », s’émerveille Tire le Coyote.

Il se permet de faire des blagues, de raconter des histoires, notamment sur l’origine des compositions, ainsi que les titres. Et ça aussi, c’est devenu une source de plaisir. « Il y a un petit stress supplémentaire lorsqu’on fonctionne à deux. On se sent plus vulnérables, mais cette formule aide les gens à entrer dans mon univers », se réjouit le chanteur.

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APRÈS LA VIE DE TOURNÉE, UN PROJET D'ÉCRITURE

Tire le Coyote l’admet candidement, il sera heureux de rentrer dans ses terres à la fin de la tournée Désherbage. Bien qu’elle ait été extrêmement gratifiante, la réalité de la vie de chanteur, dans un pays aussi vaste que le Québec, a failli le rattraper en cours de route. N’eût été sa vigilance, il aurait été victime d’un piège familier.

« C’est beaucoup de kilomètres et, à un moment donné, j’ai senti un essoufflement, de la fatigue. J’ai aussi remarqué, récemment, que ça devenait un peu un travail. Je risquais de tomber sur le pilote automatique, ce qui montre que le temps est venu de laisser décanter. Dans les prochains mois, je vais penser à moi », annonce l’auteur, compositeur et interprète.

La dernière fois, la pause fut relativement brève. Il l’avait interrompue afin d’écrire les pièces qui forment l’album Désherbage. Cette fois-ci, cependant, il n’est pas question d’établir un échéancier, que ce soit pour produire de nouveaux titres ou les enregistrer. « C’est sûr qu’il n’y aura pas un nouvel album en 2020. Peut-être l’année suivante, mais la compagnie de disques ne m’impose aucune pression. Nous voyons les choses de la même façon », affirme le chanteur.

Il croit que la pause de création fait partie de la vie d’un artiste et qu’elle permet à d’autres types de réflexions d’émerger. Ainsi pourrait naître un projet d’écriture d’une nature différente, quoique pas si éloignée de ce que laissent filtrer ses trois disques. Sitôt la tournée complétée, ce qui ne constitue qu’une intention pour le moment prendra un tour plus concret.

« Ce qui me motive le plus ces temps-ci, c’est la création d’un livre de poésie. C’est une façon d’écrire qui est plus directe et peut-être que ça va m’amener ailleurs. Déjà, des maisons d’édition se montrent intéressées », révèle ainsi Tire le Coyote.