Cette oeuvre baptisée Bestia Carrus and Baby représente la contribution de Natalie Biericki à l’exposition découlant du Symposium national d’art multidisciplinaire du CNE. Tout comme les propositions soumises par ses camarades, elle sera visible pour une dernière fois aujourd’hui.

Dernier jour pour voir le travail des lauréats du symposium au CNE

Dernière chance pour les personnes qui souhaitent visiter l’exposition découlant du Symposium national d’art multidisciplinaire, un événement tenu à la fin de septembre, au Centre national d’exposition (CNE) de Jonquière. Les œuvres créées par des lauréats des éditions précédentes sont accessibles aujourd’hui (jeudi), de 9 h à 17 h. Ensuite, ce projet n’existera que par la magie du souvenir, celui d’une rencontre gratifiante à bien des égards.

C’est ce que retient l’une des participantes, Natalie Birecki. Revenant sur les journées consacrées à la création, dans le lobby du Centre culturel, celle qui s’investit dans la sculpture et le dessin souligne l’esprit qui régnait parmi les artistes. « C’était “l’fun” de travailler avec des gens aux idées bien formulées, avec qui on pouvait jaser, se critiquer et se faire critiquer. On se sentait comme dans un laboratoire », a-t-elle décrit, mercredi, lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Elle a aussi aimé le caractère multidisciplinaire de ce rendez-vous, ainsi que l’accueil réservé à sa proposition, une structure intitulée Bestia Carrus. Elle lui a permis de décrocher un prix important, soit le privilège de tenir une nouvelle exposition au CNE au cours de la saison 2020-2021. Il s’agira d’un programme double, puisque sa consœur Mélissa Lavoie a également obtenu la faveur des juges.

« Nous partagerons une salle et je suis contente parce que nous avons eu du plaisir au symposium, où je l’ai côtoyée pour la première fois, souligne Natalie Biericki. J’ai commencé à réfléchir à ce que je ferais et ça pourrait prendre la forme d’une oasis avec des bêtes autour, venues boire pendant la nuit. Ça prendrait une piscine pour recréer cet environnement. »

La présence d’animaux tracerait un lien avec Bestia Carrus, qu’on peut décrire comme un panier d’épicerie couvert de fourrure synthétique. Ayant pour habitude de travailler à partir d’objets trouvés, l’artiste a eu une illumination en faisant son épicerie. « Un objet industriel qui contient de la viande, tout en étant enveloppé dans de la fourrure synthétique. C’est une façon de remettre en question le statut de l’animal dans notre société », énonce-t-elle.

Son désir de faire de cette installation une œuvre évolutive l’a poussée à ajouter des machines distribuant des noix. Les visiteurs sont libres d’y mettre des sous, puis de nourrir la vraie-fausse bête, laquelle a vu se profiler un second panier, beaucoup plus petit, en cours d’exposition. Sa présence l’a incitée à rebaptiser l’ensemble Bestia Carrus and Baby. « J’ai aussi demandé à un barbier de passer au CNE, vendredi dernier. Il a enlevé les graines de noix », raconte Natalie Birecki, d’un ton enjoué.