Originaire de Québec, le groupe The Hacked a mis le public du Côté-Cour dans sa petite poche, vendredi, lors de la soirée d’ouverture du festival Le Délüge.

Délüge de notes à Jonquière

Début sur les chapeaux de roues pour Le Délüge, vendredi soir à Jonquière. Les amateurs de punk rock avaient le choix entre les spectacles présentés à la Salle Nikitoutagan et au Côté-Cour, ainsi que le veut la tradition implantée en 2017. Fidèles à ce rendez-vous, le dernier de la saison des festivals, ils ont été si nombreux à se procurer un passeport que le rythme des ventes serait, dit-on, supérieur à celui des éditions précédentes.

Il faut dire que l’affiche est alléchante et que le désir de retrouver l’esprit de communauté propre à cette mouvance musicale demeure un puissant incitatif. C’est ce qu’ont pu constater les premiers groupes qui se sont manifestés au Côté-Cour, à commencer par les membres de Wrong Advice, originaires de La Baie. « Ça fait trois ans qu’on n’a pas donné de spectacle. Ça se peut qu’on soit rouillés un peu », a averti le chanteur Rémy Verreault en lever de rideau. Si tel était le cas, peu de gens s’en sont aperçus.

Pendant 25 minutes, les chansons ont déboulé, en effet, tantôt apocalyptiques, tantôt portées par un chant guttural enveloppé de guitares vibrionnantes. Le jeu d’ensemble était impressionnant, vu les circonstances, mais la dimension physique de l’affaire a failli rattraper le chanteur. « C’est dur parce qu’il y a trois ans, il n’était pas si gros que ça », a-t-il lancé après trois ou quatre pièces, en portant la main à son ventre.

Même s’il faisait clair au début du spectacle et que la porte de côté donnait le goût de flâner dans la cour, plusieurs dizaines de personnes ont applaudi les efforts de Wrong Advice, bientôt relayé par The Hacked, un groupe de Québec. Le son était plus puissant et ses compositions livrées avec énormément d’intensité, toutes guitares dehors (avec une forte dose de cymbales), ont rassemblé une foule substantielle.

Le chanteur n’a pas mis de temps à planter le décor, multipliant les cris de sa voix rauque, le poing en l’air, en bondissant sur la scène. Tel un diable sorti de l’enfer, il a fait monter la température, tellement que le guitariste, entre deux interprétations, a lâché un cri du coeur : « C’est une crisse de belle énergie ! » Plus tard, il a souligné l’ouverture d’esprit du public. Bien que l’affiche faisait la part belle à la mouvance hardcore, les gens ont réservé un accueil chaleureux à son band plus porté sur le punk.

Une magie similaire se manifestera samedi soir, alors que dans les mêmes salles, Le Délüge fera encore vibrer les murs. Rappelons qu’il existe également un volet nocturne, lequel se déploie à L’Envol et à la microbrasserie Hopera. Quant aux personnes qui souhaitent ménager leurs tympans, elles sont invitées à assister aux spectacles acoustiques proposés à compter de 13 h, à La Voie Maltée.