Malgré les qualités artistiques de l’opéra Les Contes d’Hoffmann, défendues notamment par le ténor Steeve Michaud, cette production de la Société d’art lyrique du Royaume a généré 500 entrées de moins que l’année dernière.
Malgré les qualités artistiques de l’opéra Les Contes d’Hoffmann, défendues notamment par le ténor Steeve Michaud, cette production de la Société d’art lyrique du Royaume a généré 500 entrées de moins que l’année dernière.

Déficit en vue pour Les Contes d’Hoffmann avec 500 entrées de moins qu’en 2019 

L’opéra Les Contes d’Hoffmann a attiré 1536 spectateurs, au cours des trois représentations données au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, il y a quelques jours. En dépit de ses indéniables qualités, cette production de la Société d’art lyrique du Royaume (SALR) a généré 500 entrées de moins que La Traviata, l’œuvre qui a tenu l’affiche en 2019.

Il s’agit d’une diminution importante, à l’évidence. C’est un retour aux chiffres compilés il y a deux ans, alors que les mélomanes avaient fait connaissance avec le Faust de Gounod. La conséquence immédiate prendra la forme d’un bain d’encre rouge, confirme la directrice générale Nadia Rochefort. « Nous aurons un déficit qui pourrait s’élever à 20 000 $ », a-t-elle indiqué mercredi, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Puisque le budget annuel de l’organisme sans but lucratif atteint 250 000 $, l’ardoise est substantielle. Or, à ce montant, il faut ajouter les 6000 $ que la ville de Saguenay a cessé de verser à la SALR, une enveloppe qui était destinée aux deux récitals présentés à La Pulperie de Chicoutimi, pendant l’été, dans le cadre des Destinations lyriques. Elles seront quand même de retour, mais il reste à déterminer de quelle manière le financement sera assuré.

La soprano Caroline Bleau dans Les Contes d’Hoffmann.

Rappelons que Les Contes d’Hoffmann ont été à l’affiche les 6 et 8 février, à 19 h 30, ainsi que le 9 février, à 14 h. La représentation du samedi a été la moins fréquentée, alors que le nombre de spectateurs a plafonné à 440. Quant à la plus populaire, ce fut celle du dimanche, à laquelle 585 personnes ont assisté. Sans tirer de conclusions définitives sur la foi de ces données, l’équipe y trouve matière à réflexion.

« Nous nous demandons s’il serait opportun de tenir la représentation du samedi en après-midi, comme c’est le cas le dimanche. Nous savons que bien des gens préfèrent sortir dans la journée, plutôt que le soir, pour éviter de se déplacer à la noirceur. D’un autre côté, c’est samedi que le public s’est montré le plus enthousiaste. Il était en feu », rapporte Nadia Rochefort.

Le conseil d’administration dressera le bilan des Contes d’Hoffmann, la semaine prochaine. Certes, les attentes au chapitre de la fréquentation n’ont pas été comblées, mais l’atmosphère au sein de l’équipe demeure sereine. « Nous ne sommes pas découragés et personnellement, je suis en mode solution », affirme la directrice générale, dont l’embauche remonte à quelques mois.

Au-delà des chiffres, elle met en relief des éléments intangibles comme les qualités artistiques de l’opéra d’Offenbach, de même que l’atmosphère qui a présidé à sa mise en place. Ses artisans ont travaillé dans la joie, à commencer par le metteur en scène Étienne Cousineau, à qui on a proposé de revenir en 2021, cette fois pour La Bohème. « Il dit avoir laissé une partie de son cœur ici et nous répondra avant la fin du mois. Nous aimerions le revoir, mais son agenda est chargé », fait observer Nadia Rochefort.