Klô Pelgag se pointera à Jonquière auréolée de ses quatre Félix décernés lors du dernier gala de l’ADISQ, dont celui de l’auteure-compositrice de l’année.

Découvrir «L'Étoile thoracique»

La dernière fois que Klô Pelgag a chanté dans la région, elle était juchée sur les larges épaules de Serge Brideau, le chanteur des Hôtesses d’Hilaire. Ça s’était passé au cours de l’été, sur la Zone portuaire de la Chicoutimi. Les deux artistes participaient à la première édition de La Noce, un festival centré sur ce qu’on appellera, faute de mieux, la musique alternative.

« Il s’agit d’un beau souvenir et je fais toujours confiance à Serge, un ancien ambulancier », a mentionné la jeune femme il y a quelques jours, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. L’objet de son attention était le spectacle du 1er décembre à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, prévu pour 20 h. Il survient à un moment intéressant, à mi-chemin de la tournée centrée sur l’album L’Étoile thoracique.

Le défi que constituait l’adaptation scénique d’un enregistrement sur lequel on entend un sextet de cuivres, ainsi qu’un orchestre de 20 musiciens dirigé par le chef saguenéen Nicolas Ellis, fait maintenant partie des acquis. Le groupe qui appuie Klô Pelgag sur la route est passé à une autre étape, source de nouveaux plaisirs.

« Depuis un an, le spectacle a évolué. Des trucs ont changé à l’intérieur et tout le monde est plus à l’aise. On se donne davantage d’espace. Il y a des moments-clés où on a la possibilité d’improviser, des moments précieux, décrit la chanteuse. Ce qu’on fait est moins théâtral qu’avant, plus axé sur la musique, sur le moment présent, sur l’interaction avec le public. »

Elle qui aime échanger avec les gens, qui le fait d’une manière si personnelle, souvent très drôle, réalise qu’il y a une part de risque à fonctionner sans filet. Il ne lui viendrait pas à l’idée, cependant, de s’exprimer autrement. « Je ne serais pas à l’aise si je devais répéter le même texte chaque soir », mentionne l’auteure des Ferrofluides-fleurs.

Des signes encourageants

Klô Pelgag se pointera à Jonquière auréolée de ses quatre Félix décernés lors du dernier gala de l’ADISQ, dont celui de l’auteure-compositrice de l’année. Elle qui crée des chansons qui se situent à mille lieues de la pop commerciale voit dans ces récompenses l’expression d’un phénomène qui embrasse une frange importante de la confrérie.

« Je me trouve chanceuse de vivre des choses comme ça et je remarque que de plus en plus, dans des galas comme celui-ci, on tente de reconnaître la qualité artistique d’une œuvre, sans égard au style préconisé par l’artiste, souligne-t-elle. C’est encourageant pour la nouvelle musique parce qu’on n’a pas besoin de s’astreindre à faire des choses pour passer à la radio. Et il y a un public pour ça, qui comprend des jeunes et des personnes plus âgées. »

S’agissant d’elle, ce public épouse parfois des contours étonnants. C’est ce qu’a démontré son premier séjour au Japon, il y a quelques mois. Il a été émaillé de concerts et d’entrevues trahissant une réelle curiosité à son endroit. « Je réalise qu’à travers l’aspect visuel de mes disques, dans l’esprit qui les imprègne, quelque chose a pu rejoindre les Japonais. Ils font des liens avec leur culture » , analyse Klô Pelgag.

Ses albums sont disponibles dans leurs magasins, qui n’ont pas perdu autant de plumes que les nôtres. « Ils sont placés dans la section World », note la chanteuse d’un ton amusé. Elle apprécie également le fait que là-bas, contrairement à ce qu’on remarque aux États-Unis, le public n’est pas rebuté par les langues qu’il ne maîtrise pas.

« Il a un côté francophile », fait observer Klô Pelgag, qui laisse entendre qu’une deuxième visite pourrait se concrétiser dans un horizon pas trop lointain. En attendant, elle accumule les bouts de phrases et les mélodies enregistrées au vol, avec des moyens de fortune. Cette méthode qui avait donné naissance à L’Étoile thoracique sera mise au service de son successeur.

« J’ai eu peu de temps pour mettre ça en place, mais peut-être que ce sera possible en janvier et février, une période où je serai plus libre », anticipe la chanteuse.