Cette photographie captée vendredi soir, au Théâtre du Palais municipal de La Baie, montre le côté féérique de Décembre. Le spectacle créé par la troupe Québec Issime a ravi le public, nombreux, qui a assisté à la première des quatre représentations offertes jusqu’à dimanche.

«Décembre» à La Baie: féérique, drôle et parfois coquin

Féérique, drôle et parfois coquin. Toutes les facettes du temps des Fêtes ont été illustrées vendredi soir, au Théâtre du Palais municipal de La Baie. C’était la première des quatre représentations de Décembre offertes par la troupe Québec Issime, de concert avec Diffusion Saguenay. Un public nombreux, qui débordait jusqu’aux gradins, a assisté à ce spectacle qui est de retour dans la région après six ans d’absence.

Avant même l’arrivée des artistes, le rideau rouge semblable à du papier d’emballage pour cadeau chic, les présents empilés de chaque côté de la scène, les airs traditionnels diffusés en sourdine, ont mis les gens dans l’atmosphère. Dans la salle, où on remarquait la présence de nombreux enfants, il régnait le même genre de sentiment que celui qui anime les tout-petits avant le dépouillement de l’arbre. Le plaisir de l’anticipation, maillé à l’anticipation du plaisir.

Le début fait dans la nostalgie, alors qu’un choeur dirigé par un chef excentrique interprète Mon beau sapin avec solennité. Très tôt, cependant, le ton change. Voici que fusent des alleluia sur un beat furieusement gospel. Le maestro tombe à la renverse avant de battre en retraite, juste avant l’ouverture du rideau, qui constitue l’un des moments magiques de la soirée.

Des flocons délicats, semblables à ceux qui enveloppaient La Baie à l’arrivée des spectateurs, se sont posés sur un décor évoquant les villages miniatures aménagés au pied de l’arbre. Maisons de style ancien, réparties sur deux paliers. Un arbre gigantesque, truffé de boules lumineuses. Personnages sortis tout droit d’un livre d’images, vêtus de leurs costumes du dimanche. C’était Noël comme on aime à se l’imaginer, féérique et pourtant bien réel aux yeux des enfants.

Dès lors, les chansons défilent, généralement en version abrégée. Deux hommes jouent au hockey sur l’air d’Au royaume du bonhomme hiver, relayés par d’élégants danseurs inspirés par La valse de Noël. Cette jolie séquence, mobilisant un nombre impressionnant de chanteurs et danseurs, a été couronnée par une version de plus en plus frénétique de Vive le vent. À la fin, les lumières de l’arbre se sont mises à flasher, mais ce n’est pas pour cette raison que les spectateurs avaient des étoiles dans les yeux.

Dans un tout autre genre, le clochard interprété par Alexandre Lapointe a livré une interprétation touchante de Marie-Noël, a cappella et bien plus lente que l’originale écrite par Claude Gauthier. Sa voix légèrement granuleuse, jumelée à quelques touches d’harmonica, a conféré un brin d’émotion à l’affaire, pendant qu’une ballerine tournait à l’intérieur d’une bulle faisant penser à une boîte à musique.

Les occasions de rire ne manquent pas, non plus, dans cette production mise en scène par Pierre Doré. À cet égard, il faut souligner le tableau représentant l’atelier du père Noël, peuplé de lutins facétieux. Ils dansent n’importe comment, s’amusent plus qu’ils ne travaillent, dans un décor qui réveille le souvenir de la vitrine du magasin Ogilvy, à Montréal. L’illusion est parfaite.

Le père Noël rejoint la bande et dans un numéro ingénieux, il se vante d’être connu partout sur la Terre, tandis que le clochard de tantôt reprend la chanson L’père Noël, c’t’un Québécois. Qui a raison? Qui a tort? Tout ce qu’on sait, c’est que le grand barbu a exécuté une danse malgré lui, à la fin, pendant que deux lutins faisaient valser son trône près d’une table garnie de jouets.

Il était mûr pour recevoir un cadeau d’adulte, gracieuseté d’Emy Fournier, vêtue à la manière d’une fée des étoiles. Elle a chanté Le père Noël a pris un coup en moulant sa voix à des arrangements coquins, du genre qu’on associe spontanément à Marilyn Monroe. C’est sur ce morceau de bravoure que l’auteur de ces lignes a dû quitter - trop prématurément à son goût - afin de respecter l’heure de tombée.