Les actrices Debbie Lynch-White et Laurence Deschenes et le réalisateur François Bouvier étaient de passage dans la région afin de présenter le film La Bolduc.

Debbie Lynch-White dévoile sa Bolduc

On la connaît comme actrice, comédienne et aussi comme chanteuse, mais maintenant il est possible de la découvrir comme une turluteuse à l’écran. Debbie Lynch-White incarne le rôle de Mary Travers, mieux connu sous le nom de La Bolduc, un honneur immense pour l’actrice.

Elle était de passage dans la région dans le cadre de la tournée promotionnelle du film La Bolduc, jeudi.

On connaît La Bolduc pour ses chants folkloriques qui ont redonné le sourire aux travailleurs québécois à une époque où la province était plongée dans la grande crise économique. Toutefois, Mary Travers était une mère de famille battante qui a fait avancer la cause des femmes à sa façon. 

Elle était une féministe sans le savoir réellement. « Tout au long de sa vie, La Bolduc a dû résoudre ses nombreux conflits intérieurs. Elle désirait poursuivre sa carrière, mais à la fois être une bonne mère de famille et assumer ses responsabilités », affirme Debbie Lynch-White, que le grand public a connue comme la méchante Nancy Prévost dans Unité 9.

Réalisé par François Bouvier, le film La Bolduc retrace la vie de Mary Travers Bolduc, sa carrière fulgurante, son mariage difficile et sa relation touchante avec sa fille aînée, Denise, qui jouait du piano sur les disques de sa mère, et ce, avec en arrière-plan la crise des années 20 et les premiers élans de la lutte pour les droits de la femme.

Le film s’attarde à trois époques de sa vie ; son arrivée à Montréal, sa jeunesse et sa rencontre avec son mari, ses débuts comme chanteuse dans les années 1920 et la fin des années 1930, alors qu’elle était au sommet de sa carrière.

Un rôle à sa manière

Incarner le rôle d’un personnage historique du Québec à l’écran représentait une certaine pression pour l’actrice. 

« Au départ, j’avais le vertige, mais assez rapidement dans le processus, j’ai vite statué que c’était ma Bolduc, indique Debbie Lynch-White. Il n’y a qu’une Bolduc et ce n’est pas moi. Je ne suis pas une imitatrice, je suis une actrice. En acceptant cela, je me suis enlevé beaucoup de pression. Le réalisateur, François Bouvier, était aussi totalement d’accord avec cela. Il voulait que ce soit notre interprétation de La Bolduc. C’est un personnage mythique et j’ai essayé de la rendre du mieux que je pouvais. »

Avant d’enfiler les robes du personnage de Mary Travers Bolduc, l’actrice s’est grandement préparée. Il s’est écoulé plus de deux ans entre le moment où Debbie Lynch-White a obtenu le rôle de La Bolduc et le premier jour de tournage du film. Au cours de cette longue période, cours d’harmonica, de violon, de chant et de turlute ont fait partie intégrante de son quotidien. Elle a mis environ une année à maîtriser la populaire turlute de La Bolduc. Elle a pu compter sur l’aide d’une professeure de chant.

« Elle écoutait les chansons avec un logiciel qui ralentissait la turlute et elle me faisait des partitions au son. J’apprenais ça comme des comptines. Et quand je connaissais une comptine, je la faisais partout, dans la douche, dans l’auto. Je devenais de plus en plus agile », déclare l’actrice. 

Il faut dire que Mary Travers pouvait turluter, peu importe la chanson. En plus du côté technique du rôle, l’actrice s’est imprégnée des racines familiales de la chanteuse.Elle a visité le village natal de La Bolduc à Newport, en Gaspésie, et a rencontré les descendants de Mary Travers, dont sa fille Fernande Bolduc. 

« C’est formidable pour une actrice de s’investir à ce point dans la peau d’un personnage. »

Elle a par ailleurs perdu une quarantaine de livres pour le tournage du film. Debbie Lynch-White n’a pas lésiné sur les efforts pour se glisser dans la peau de La Bolduc.

La jeune actrice Laurence Deschênes incarne la fille de La Bolduc, Denise. Elle affirme écouter les chansons de Marry Tavers sous un différent angle maintenant qu’elle connaît son histoire

Un réalisateur comblé

François Bouvier démontre une grande fierté à l’égard de son film La Bolduc. « Je suis excessivement heureux de présenter l’histoire de cette femme au grand public. Désormais, il est possible de la voir sous un autre angle, telle la femme forte qu’elle était. Prendre parole à cette époque demandait énormément de courage », soutient François Bouvier. Le réalisateur souhaitait présenter la mère de famille qui devient une chanteuse et qui ose prendre sa place et non la chanteuse que l’on connaît brièvement. 

Depuis la sortie en salle du film, mardi dernier, les commentaires positifs fusent de partout. « Les gens sont heureux de découvrir son histoire et surtout ils sont émus, elle est une grande fierté québécoise pour tous », soutient-il.