Voici une caisse de bières Molson remontant à l’ère des grosses bouteilles. À droite, on remarque une petite boîte de chocolats portant le nom de la famille Menier.
Voici une caisse de bières Molson remontant à l’ère des grosses bouteilles. À droite, on remarque une petite boîte de chocolats portant le nom de la famille Menier.

De vieux objets évoquant un passé pas si lointain exposés à La Pulperie [PHOTOS]

Le 12 juin constitue un grand jour pour La Pulperie de Chicoutimi. En plus d’étrenner une exposition maison, Confiner le quotidien, l’institution du quartier du Bassin accueillera ses premiers visiteurs depuis la mi-mars.

Désormais, c’est en suivant un parcours fléché qu’on explore les salles du Bâtiment 1921. Ainsi peut-on revisiter l’histoire de la Compagnie de Pulpe, examiner sous toutes ses coutures la maison du peintre Arthur Villeneuve, découvrir des trésors archéologiques et poser son regard sur de charmants objets qui, si anciens soient-ils, évoquent un passé pas si lointain.

« Nous sommes l’un des premiers musées à rouvrir ses portes, signale Danny Cloutier, responsable des communications. À l’entrée, les gens devront se laver les mains et on vérifiera s’ils ont des symptômes. Quant au nombre de personnes admises en même temps, il n’y a pas de maximum. On verra à quoi ressemblera l’achalandage en fin de semaine. »

L’élément de curiosité viendra de Confiner le quotidien, une exposition qui n’existait pas, il y a deux mois. C’est la conservatrice Kathleen Vickers qui, avant même d’être autorisée à retourner sur le site, a eu l’idée d’adresser un clin d’oeil à l’expérience de confinement vécue simultanément sur tous les continents.

« Ce projet a pris forme dans un temps record. Kathleen a commencé en travaillant de mémoire, à partir des collections se trouvant dans notre réserve. Une fois revenue au musée, elle a complété ses recherches », raconte Danny Cloutier. Il ajoute que quatre zones correspondant à des activités qui ont été populaires ce printemps balisent le parcours qu’il sera possible d’emprunter jusqu’au 20 septembre.

Une poupée ancienne cohabite avec une infirmière dont la silhouette fait penser à celle d’une Barbie. Elles font partie de la nouvelle exposition de La Pulperie, <em>Confiner le quotidien.</em>

Des objets qui parlent

Puisque le tour de taille des Québécois a été malmené dans les dernières semaines, il était inévitable que l’exposition ménage une place à l’alimentation. Nos ancêtres aussi faisaient leur pain, ce que rappelle un charmant grille-pain datant de 1910. À ses côtés, on remarque une curiosité, une boîte de thé en métal identifiée à la maison Tessier et Petit de Chicoutimi.

Cet objet fera sourire ceux qui ont lu La vie quotidienne à Chicoutimi au temps des fondateurs, une remarquable série de cinq volumes annotée et éditée par l’historien Russel Bouchard. On y trouve les meilleures pages du journal que les frères Ludger, Honoré et Jean-Baptiste Petit ont tenu à la fin du 19e siècle. C’est ce dernier qui était propriétaire du commerce avec David Tessier.

Plus loin, on voit une boîte de chocolats en bois, voisine d’une caisse de bières Molson faite du même matériau. Le nom Menier peint sur le côté sonnera une cloche chez ceux qui ont visité l’île d’Anticosti. C’est en effet Henri Émile Anatole Menier qui, en 1895, a acquis ce petit paradis. Port-Menier perpétue la mémoire de cet homme issu d’une célèbre famille de chocolatiers.

L’école est aussi devenue une source de préoccupation pendant la pandémie. L’exposition montre qu’avant les classes virtuelles, il y avait des pupitres en bois, des bouliers, des manuels et des ardoises comme celle qui fait figure de doyenne au sein de la section Apprendre, du haut de ses 160 ans.

Si vous avez conservé un côté gamin, en revanche, vous aimerez la zone Jouer et se divertir. Une poupée ancienne cohabite avec une infirmière dont la silhouette ressemble étrangement à celle d’une Barbie, mais les objets les plus spectaculaires sont une voiture hippomobile vieille de 100 ans, au minimum. Elle est aussi rutilante que le tracteur à roulettes qui lui tient compagnie.

Dans la section S’exprimer et communiquer, enfin, le souvenir de Louis Pitou Boudreault est entretenu grâce à son violon, ainsi qu’un disque rendant hommage à la ville de Québec. Autre joyau, la télévision de marque RCA Victor remontant à 1950. Puisque l’écran est minuscule, on se dit que l’image devait être floue, mais c’était le prix à payer pour s’inscrire dans la modernité.