Appuyé par Charles Côté, le saxophoniste Guillaume Tremblay présentera ses compositions dimanche, à 14h, à l’église Sacré-Coeur de Chicoutimi. Elles découlent du projet Genèse, une initiative appuyée par le Centre d’expérimentation musicale.

De la musique contemporaine à l’église Sacré-Coeur

L’église Sacré-Coeur de Chicoutimi sera le théâtre d’un concert d’une facture inhabituelle, dimanche, à 14 h. Donné par le saxophoniste Guillaume Tremblay et Charles Côté, qui alternera entre l’harmonium, le marimba et les percussions, il montrera comment le projet auquel ils sont associés, baptisé Genèse, a favorisé la création d’oeuvres imprégnées de l’atmosphère qui règne dans les lieux de culte.

Avant d’effectuer une résidence à Sacré-Coeur, en effet, le duo a réalisé des expériences à l’église de Saint-Eugène-d’Argentenay, de même qu’à celle de Métabetchouan, puis à la chapelle Saint-Cyriac de Lac-Kénogami. Il a également fait une incursion d’un jour à la cathédrale de Chicoutimi, prenant le temps de filmer une pièce avec la complicité du troisième larron, Guillaume Ouellet.

Appuyée par le Conseil des arts de Saguenay et chapeautée par le Centre d’expérimentation musicale (CEM), cette démarche est demeurée sous le radar, d’où l’importance du rendez-vous de dimanche. Loin de constituer la fin du parcours, il permettra de découvrir le matériel élaboré au fil de la dernière année. Pendant près d’une heure, les spectateurs verront défiler des hymnes et des psaumes mis en musique, ainsi que deux compositions jumelant le marimba au saxophone.

« Ces pièces ont été écrites à Sacré-Coeur, une église qui m’est chère parce que c’est celle de mon quartier et que j’y ai travaillé comme guide. Parfois, j’ai pris comme point d’ancrage une citation, une parole forte, provenant de gens comme saint Augustin et Alexandre Soljenitsyne. Les psaumes, qui font intervenir l’harmonium, comportent des thèmes laissant place à de l’improvisation. Quant aux hymnes, ils tiennent à des mélodies simples posées sur des accords complexes », énonce Guillaume Tremblay.

Le programme comprend aussi Caïn et Abel, un titre formé d’harmonies douces cohabitant avec des traits musicaux que l’artiste lui-même, sourire en coin, juge « difficiles à entendre ». C’est une manière de dire que l’expérimentation qui se trouve au coeur de la mission du CEM n’a pas été évacuée, ce qui ne signifie pas que les églises visitées par le compositeur n’ont pas influé sur sa pensée.

« Dans un lieu où la réverbération peut s’étirer sur six ou sept secondes, les sons émanant de mon saxophone demeurent en suspension, un phénomène qui m’a inspiré. En même temps, j’ai exploré la musique liturgique en développant une nouvelle façon de jouer », raconte le saxophoniste, qu’on connaît davantage pour ses incursions dans le jazz et le rock.

Précisant qu’un album couronnera ce chantier, il invite les gens à assister nombreux au concert de dimanche, promettant qu’il y aura un ou deux clins d’oeil au répertoire des Fêtes. Ainsi que le veut la tradition au CEM, chacun déterminera le prix d’entrée en fonction de sa capacité de payer et comme le tout sera filmé, des extraits aboutiront sur la Toile dans les prochains mois.