De Céline Dion à la Bolduc au TBN

Il y a tant de détails à voir dans la production De Céline Dion à la Bolduc, de Québec Issime, que les spectateurs ne regretteront pas leur verre de bière ou de vin cet été, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.
Les quelque 105 chansons populaires, les chorégraphies, les costumes et les effets spéciaux se sont enchaînés à un rythme fou pendant plus de deux heures et demie, lors de la première mercredi soir. On a besoin de toute notre attention pour ne rien manquer, et on ne s'ennuie pas de l'ambiance cabaret du Théâtre Palace Arvida, où le spectacle était présenté auparavant. La dernière saison dans la région remonte à 2011.
Les applaudissements ont retenti toute la soirée dans la salle pleine de centaines de personnes, après et même pendant chacun des tableaux qui retracent l'histoire musicale du Québec. Les spectateurs ne peuvent s'empêcher de taper des mains ou de fredonner des airs nostalgiques. Il était beau de voir l'auditoire reprendre en choeur La complainte du phoque en Alaska.
En entrevue une semaine plus tôt, le directeur artistique Pierre Doré confiait viser une ovation debout à l'entracte. Il l'a eue.
Dès les premières notes de Gens du pays, des acclamations fusaient de partout. Il est charmant de voir le mélange entre projections vidéo et vieux éléments de décor de la production qui roule depuis plus de 20 ans. On a senti qu'il manquait quelques enchaînements et ajustements parfois dans cette nouvelle salle, comme du côté du son où il nous arrivait de perdre certaines paroles, mais ce n'est pas ce que le public retiendra.
Les musiciens s'amusent et font un travail incroyable. Loin de seulement soutenir les chanteurs et de rester dans leur coin, ils prennent entièrement part au spectacle et enfilent aussi des costumes pour nous transporter dans une autre époque. On se serait vraiment cru autour d'un feu dans les années 70, ou dans une boîte à chansons avec de regrettés poètes. Chaque accessoire compte, que ce soit un micro d'époque ou une perruque afro.
Même si les musiciens sont presque tous multi-instrumentistes, la pianiste Mélissa Fortin et la bassiste Alice Munger se démarquent quand elles optent plutôt respectivement pour un accordéon et une contrebasse. Patrice Bouchard à la guitare, Mathieu Leclerc à la batterie et Paul Dacier au violon complètent l'orchestre.
Certains chanteurs ont aussi plus que leur voix comme instrument. Sylvain Doré semble encore plus à l'aise à la trompette et son frère Pierre a réussi son défi aux percussions. Même s'il chausse régulièrement les chaussures de Dédé dans le groupe Les Colocs, Jason Hudon ne l'incarne pas dans ce spectacle. Son numéro d'harmonica reste très authentique. La recrue Vincent Julien s'essaie également sur les touches du piano, et on est étonné d'entendre une voix si grave sortir d'un jeune corps si élancé.
Majestueuse en Céline Dion, Marilyn Potvin est vibrante en Monique Leyrac pour interpréter la version chantée du poème Soir d'hiver d'Émile Nelligan. Afin de mettre sous presse à temps, l'auteure de ces lignes a dû s'éclipser avant la prestation de Catherine Fillion dans la peau de la Bolduc, mais la chanteuse était déjà très convaincante sous les traits de Lucille Dumont. Les voix d'Emy Harvey-Fournier, Anne Tremblay et David Leblanc sont tout aussi de qualité.
Parmi les danseuses, Mégan Ouellet-Lamontagne offre un splendide solo dans la robe de la gitane Esmeralda, mais ses compagnes Érika Bédard, Sandrine Deschênes, Gabrielle Savard-Dion et Émilie St-Pierre sont autant talentueuses.
Le spectacle De Céline Dion à la Bolduc est présenté du mercredi au samedi, du 27 juillet au 20 août, à 20h. Il en coûte 55,75$ pour les adultes, 31$ pour les étudiants et 14$ pour les 12 ans et moins.