Le pianiste David Bérubé ne reviendra pas dans sa ville natale, le 28 mars, afin de présenter pour la toute première fois son spectacle solo, une production intitulée Participiano. Cet événement a été reporté jeudi, pour cause de coronavirus.

David Bérubé ne pourra jouer à Jonquière

Depuis cinq ans, David Bérubé prépare un spectacle qu’il aurait dû présenter pour la première fois le 28 mars, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Le pianiste avait hâte de revenir dans la ville qui l’a vu naître, où vivent toujours les siens, afin de retrouver le plaisir de se produire devant public. Même si son art lui permet de bien vivre par l’entremise de la publicité, il manquait quelque chose pour faire son bonheur : le « thrill » accompagnant la prise de risque.

« En collaborant avec d’autres artistes, un gars comme Michaël, par exemple, j’ai réalisé à quel point j’aimais me trouver sur une scène. J’ai donc monté un spectacle musical imprégné de l’esprit des variétés. L’idée consiste à célébrer mon amour de la musique avec le public. Je crois qu’il existe un marché pour ce que je veux proposer », a énoncé l’artiste il y a quelques jours.

C’était avant de devoir renoncer à ce projet, du moins temporairement, en raison de la crise causée par le coronavirus. « J’ai annulé ma représentation pour des raisons de santé publique », a-t-il confirmé jeudi, dans un courriel adressé à l’auteur de ces lignes. Ce sera donc un plaisir reporté, ce qui n’enlève rien à l’intérêt que présente son projet qui, tôt ou tard, va se concrétiser.

Pour illustrer à quel point il lui tient à coeur, c’est lui qui avait réservé la salle. Il avait également retenu les services d’une équipe de tournage qui devait filmer la nouvelle production intitulée Participiano. Un jour prochain, en effet, il faudra soumettre des images aux producteurs et diffuseurs, un passage obligé lorsqu’on ambitionne de partir en tournée.

La présence d’un piano de marque Yamaha avait constitué un autre argument en faveur de la salle du mont Jacob, dont il vante l’acoustique. Certes, un deuxième piano devait cohabiter avec cet instrument, mais il n’avait pas besoin d’afficher les mêmes caractéristiques, puisque c’est un membre du public qui, le jour venu, tapera sur les touches. Dans ce numéro, l’un de ceux auxquels le titre fait référence via le mot participation, cette personne aura pour tâche de le mettre à l’épreuve.

« Elle va faire une note, ou une combinaison de notes, et je devrai les répéter. C’est une façon d’illustrer le phénomène de l’oreille absolue », rapporte David Bérubé, qui lui-même possède cet attribut. C’est dans la seconde portion du spectacle, celle qui se veut interactive, que cette démonstration devait être effectuée. Le pianiste avait aussi l’intention d’improviser à partir des airs fredonnés par les spectateurs.

Quant au premier volet de Participiano, il se moulera au parcours musical du Saguenéen. Ainsi entendra-t-on sa version du succès de Guns’n’roses, Sweet Child Of Mine, sur lequel il a flashé à l’âge de cinq ans. Suivra une oeuvre de Chopin, celle qui lui a donné le goût de faire l’apprentissage du piano en privilégiant le répertoire classique. Enfin, des extraits de comédies musicales et de bandes sonores évoqueront la période de sa vie où l’interprète a travaillé sur le circuit des croisières.

« Ce sera l’occasion de raconter mon histoire en prenant soin de varier le rythme, afin que le public s’amuse avec moi. Le principe derrière cette production est que je ne me suis imposé aucune limite », affirme David Bérubé, dont le nom s’est ajouté à une longue liste d’artistes pénalisés par le coronavirus. daniel côté