Dans les traces de 1 : 54

Si l’adaptation d’une oeuvre littéraire au grand écran est rarement une réussite, on peut dire mission accomplie pour La chute de Sparte, du réalisateur Tristan Dubois et du coscénariste Biz.

Steeve avec deux « e » (Lévi Doré) est un adolescent de Saint-Lambert plutôt solitaire qui trouve réconfort dans les livres et qui, selon ses dires, « compte encore moins d’amis qu’il ne possède de reins ». Plutôt invisible au sein de son école, son destin change du tout au tout lorsqu’il remporte une partie de crosse contre un élève populaire de l’équipe de football des Spartiates. S’ensuit une nouvelle idylle amoureuse avec la fille de ses rêves (Lili-Ann De Francesco) et une assurance grandissante.

L’histoire vous rappelle quelque chose ? À l’auteure de ces lignes aussi. Tout comme le film 1 : 54, signé Yan England et acclamé par la critique, La chute de Sparte se penche sur l’univers de l’adolescence et une certaine compétition entre élèves populaires et élèves renfermés. Les deux oeuvres ont beau se ressembler, Biz sait trouver les mots pour marier sa poésie parfois un peu trop littéraire au style technique du réalisateur Tristan Dubois. Les deux font la paire pour livrer un film qui a tout pour plaire.

Les cinéastes dépeignent l’adolescence sous un nouvel angle, y allant parfois de critiques de la société bien marquées, comme lorsqu’ils décrivent les écoles comme des « usines à diplômes faisant part d’une simple chaîne de montage ». À d’autres moments, les égarements du personnage principal relèvent du conte et rappellent l’univers de Fred Pellerin.

Bien que la version cinématographique comporte une part de changements, les amateurs du roman éponyme ne seront pas déçus par cette adaptation sur fond de tragédie grecque, qui ne manque pas d’émotions. On reconnaît bien une certaine influence des films américains, mais jamais le long métrage ne tombe dans la caricature.

Étrangement, aucune tête d’affiche n’est à l’honneur dans ce film d’actualité qui nous rappelle bon nombre de souvenirs d’adolescence. Les acteurs de la relève Lévi Doré, Karl Walcott, Lili-Ann De Francesco, Devon O’Connor, Jonathan St-Armand et Simon Duchesne, originaire d’Alma, se donnent savamment la réplique dans La chute de Sparte, faisant rapidement oublier leur manque d’expérience.

Seul bémol : ce long métrage de 93 minutes termine beaucoup trop rapidement et de façon plutôt prévisible...

On en aurait pris davantage.

Un film à voir et à revoir avec ses adolescents.