Noël Fortin fait partie de groupes depuis l'âge de 15 ans. Il a commencé à Arvida avec l'orchestre Okeefe. Encore aujourd'hui, il répète avec un groupe au moins une fois par semaine.

Dans le mythique garage de Noël Fortin

Noël Fortin n'est pas en mesure de se souvenir de tous les musiciens qui ont passé dans son mythique garage.
Quand on y entre, c'est comme un sanctuaire. On se ferme les yeux et on sent que les murs ont emprisonné le son de ces nombreuses soirées musicales.
Mythique, y a de quoi ! Patrick Watson, John Spencer, Steve Faulkner, le Rêve du diable, Steve Hill, Karen Young, Vincent Vallières, la bande de Thomas Fersen... La liste pourrait se poursuivre jusqu'aux petites heures, tout comme les nombreux jams qui ont rendu ce garage au coeur de Saint-Prime, un lieu culte.
« Les musiciens qui viennent jouer au Vieux couvent me demandent s'ils peuvent venir après l'show. Je pense que le garage est plus connu à Montréal qu'ici. C'est devenu un endroit parfait pour discuter avec les musiciens et jouer avec eux », relate le père de Fred Fortin.
Quand on y entre, c'est comme un sanctuaire. On se ferme les yeux et on sent que les murs ont emprisonné le son de ces nombreuses soirées musicales. Au fond, une bonne dizaine de guitares, dont une vieille Harmony que son fils Étienne a dénichée pour 1$ dans un marché aux puces. Un peu luthier, Noël l'a « renippé ». Ou cette magnifique Gretsch signée du musicien new-yorkais John Spencer qui l'a fait vibrer pendant une longue veillée en 2014.
Sur les murs, de nombreuses affiches d'artistes qui ont jammé dans le garage. À gauche, un piano. « Je ne compte plus les fois où Yann Perreault est venu et a joué dessus. L'an dernier, après son spectacle du Coup de grâce, il a joué toute la nuit. À 6 h 30, je lui ai dit : ben je vais me coucher, tu barreras en partant », raconte-t-il.
Stephen Fulkner a aussi brassé le piano, au grand plaisir des quelques privilégiés qui y étaient.
Des histoires comme celle-là, il y en a à plein. Comme la première fois que Lisa Leblanc a mis les pieds dans le garage. « Elle n'a pas joué, elle était trop soûle, elle s'est endormie sur le divan. »
Les soirées bien arrosées ont été légion, dont celle avec le Rêve du diable. « Ils ne sont pas couchables ».
Association fructueuse
Le garage a aussi été le théâtre de rencontre importante. Après le concert des Barr Brothers au Vieux couvent, Fred Fortin et les deux frères Brad et Andrew ont joué de la guitare acoustique autour de la table. Comme l'électricité passait, ils se sont dit qu'ils devraient collaborer dans le futur. Cette rencontre a donné la couleur exceptionnelle apportée à certaines pièces d'Ultramarr.
Évidemment que Fred, son pote Olivier Langevin et les musiciens qui gravitent autour de Galaxie ont plus souvent qu'à leur tour déferlé des décibels dans le garage.
Et Noël ne saute pas un tour. Comme le patriarche est un excellent musicien, il se joint aux artistes pour jammer. Et la langue n'est surtout pas une barrière. « Les Sadies sont venus deux fois dans le garage. Ils ne parlent pas vraiment français, mais on réussissait à se comprendre. La musique, c'est universel. Les frères Good ont tellement aimé le Vieux couvent qu'ils aimeraient venir y enregistrer un album live. Aussi, il a invité mon groupe, Rock Over XII, à faire leur première partie à Toronto, mais c'était un peu compliqué pour nous. Ce sont des gars vraiment supers », confie Fortin.
Noël garde aussi un souvenir impérissable d'avoir joué quelques heures en duo avec Steve Hill.
Local de pratique
Noël Fortin fait partie de groupes depuis l'âge de 15 ans. Il a commencé à Arvida avec l'orchestre Okeefe. Et encore aujourd'hui, il répète avec un groupe au moins une fois par semaine.
Il faut dire que le garage est un local de pratique de luxe. Il y a un kit de son avec microphones, des amplis et des basses. « Il ne reste qu'à plugger tout ça et ça décolle. »
Noël Fortin
Quand Noël a acheté la maison de Saint-Prime, en 1996, il a rapidement aménagé le garage pour sa passion de la musique.
Quand Noël a acheté la maison de Saint-Prime, en 1996, il a rapidement aménagé le garage pour sa passion de la musique. Tranquillement, la place est devenue l'endroit mythique d'aujourd'hui. Il l'a isolé, mis un poêle à bois, puis une fournaise. Plus récemment, il a installé une toilette. « Ça n'avait plus de bon sens, les gars allaient dehors et les filles dans la maison. Ce n'était pas l'idéal. Là, je peux recevoir comme du monde », image-t-il.
Car des soirs, il y a du monde, pas mal de monde dans le garage.
« La dernière fois que The Brooks sont venus, les 9 musiciens étaient dans la place avec Alan Prater et Betty Bonifacy qui chantaient. Le garage était plein et il y avait un paquet de monde dehors. C'était vraiment incroyable », se remémore-t-il.
Le garage est devenu comme une petite salle de spectacle ou quelques privilégiés peuvent assister à un jam et voir les artistes sur un autre jour.
Luthier à ses heures
Noël a la passion des guitares. Il en a fabriqué et réparé plusieurs. « J'en ai vendu une à Pépé. Un jour, en revenant d'un show, Bernard Adamus a arrêté pour que je lui répare sa guitare pour son spectacle du soir. Je fais ça pour m'amuser », mentionne-t-il. Sa dernière oeuvre, une Stratocaster qu'il a assemblée lui-même en choisissant méticuleusement le pick-up et le système de volumes.
Taverne
Et quand le Canadien joue, le garage se transforme en taverne. Noël dévisse une 50 et regarde la « game » avec des amis. Preuve que le garage est un lieu de rencontres; le sanctuaire d'un homme généreux passionné de musique. Et dont la tête est remplie de souvenirs musicaux.
« Qui manque dans ton garage ? » « Un rêve impossible... Neil Young ». On lui souhaite.