Alexandra Stréliski a offert une performance absolument sublime, jeudi soir, au Théâtre Banque Nationale.

Dans la bulle d’Alexandra Stréliski: un extraordinaire moment de douceur musicale

Les quelque 700 spectateurs réunis au Théâtre Banque Nationale ont eu droit à un moment de douceur musicale de toute beauté, jeudi soir, alors qu’Alexandra Stréliski était de passage à Chicoutimi à l’occasion de sa tournée pour l’album Inscape.

Un piano, un voile, quelques lumières : c’est tout ce dont Stréliski a besoin pour créer son univers.

D’abord séparée du public par un voile, elle laisse les spectateurs assister à ce qui se déroule dans son monde. « J’suis cachée », dit-elle en entrant sur scène. Blague ou pas ? Difficile à dire, puisque le voile, après une chanson, s’écarte, s’apparentant désormais aux rideaux qui encadrent la scène. C’est l’artiste qui se met en scène, et qui nous convie au spectacle.

Dans les rares moments où Alexandra Stréliski s’adresse à son public, elle fait preuve de beaucoup d’humour, déclenchant des rires à plusieurs occasions.

La compositrice-interprète se dévoile, littéralement ; quand le voile tombe, sous des applaudissements et des cris, on sent qu’on fait notre entrée dans la bulle d’Alexandra Stréliski, qu’on a désormais un accès privilégié à sa création. Le spectacle est plus qu’un concert de piano ; c’est une œuvre artistique en soi, et il est étonnant de constater à quel point une musique sans paroles réussit à en dire long, à transmettre un message.

Nombre de ceux qui étaient présents au Théâtre Banque Nationale jeudi soir connaissaient et admiraient probablement déjà Stréliski. Sa musique, qu’on la connaisse ou non, continue de venir nous chercher. Elle suscite une émotion vive, une beauté pleine de tristesse, qui rend mélancolique. Le concert est comme un temps de pause, un instant propice à penser, à se perdre dans ses réflexions. Comme si Stréliski disait « voici mon univers », tout en nous offrant un moment pour explorer le nôtre. Sa musique est celle du cinéma ; pas pour rien que Jean-Marc Vallée l’a utilisée dans Dallas Buyers Club et Big Little Lies, entre autres.

Dans les rares moments où Alexandra Stréliski s’adresse à son public, elle fait preuve de beaucoup d’humour, déclenchant des rires à plusieurs occasions. « Je sais que souvent, dans les spectacles de piano, les gens ont peur de bouger, mais vous pouvez bouger, vous moucher, tousser même. On peut prendre des moments pour tousser si vous voulez », indique-t-elle, entre deux chansons. Mentionnant qu’elle sait à quel point ça peut « avoir l’air quétaine, parce que tout le monde dit ça », elle ajoute qu’elle avait très hâte de venir au Saguenay, s’étant fait dire que « ça rockait », ici.

Alexandra Stréliski n’est peut-être pas rockeuse au premier sens du terme, mais quand on voit qu’elle réussit à intéresser une foule aussi importante à la musique néo-classique, on a envie de lui dire qu’elle aussi, elle « rock ».