Damien Robitaille sème la bonne humeur partout où il se produit, un phénomène qu’on a pu constater une nouvelle fois vendredi soir, au Côté-Cour de Jonquière.

Damien Robitaille, toujours aussi candide

Salle pleine pour Damien Robitaille, vendredi soir, au Côté-Cour de Jonquière. L’homme était venu présenter le spectacle découlant de l’album Univers parallèles en formule trio, flanqué par deux choristes assumant également les fonctions de bassiste et percussionniste. Toujours aussi rigolo, ce qui ne l’empêche pas d’être touchant à l’occasion, il a affiché la même candeur qu’à ses débuts, au temps où un rouge-gorge et un porc-épic suffisaient pour enflammer son imagination.

Celui qui, au sein des Beatles, aurait sûrement choisi d’incarner Ringo, a ouvert avec la pièce titre de son dernier opus. Il y avait des ouh! ouh! à profusion, prélude à un beat sautillant sur lequel s’est déployée une histoire d’amour et de cosmos bien improbable. Juste ce qu’il fallait pour se mettre dans l’ambiance, le temps que le chanteur ouvre son jeu.

«Je viens de l’Ontario et nous autres, on ne niaise pas avec la puck. Je veux voir tout le monde tout nu», a-t-il lancé pendant que ses camarades abordaient avec entrain la pièce On est né nu. Les arrangements tirant sur le funk ont mis en lumière les qualités de musicien de Damien Robitaille. Même un Coréen unilingue aurait apprécié le swing du piano jumelé à celui de la basse, en effet. Personne n’a enlevé ses vêtements, mais c’est en choeur que l’assistance a entonné le refrain.

Une chanson plus récente, Omniprésent, a vu Damien Robitaille tricoter une trame serrée, encore une fois très funk, après avoir troqué le piano pour la guitare. C’était dansant, ludique à souhait, ce qui a inspiré un commentaire ironique de la part du principal intéressé. «Quand j’étais jeune, je rêvais de jouer comme Jimi Hendrix. Ça, c’est le plus proche que je suis passé», a-t-il laissé échapper, sourire en coin.

Le public, qui regroupait toutes les tranches d’âge, a eu droit à une performance de la même eau sur Ennemi imaginaire. Le trio a créé un climat de tension qui collait bien au texte, tout en ouvrant la porte à des échanges qu’on aurait aimé voir s’étirer. Le groupe est toutefois demeuré à l’intérieur des limites de cette composition tirée de l’album Univers parallèles.

Juste avant cette interprétation, Damien Robitaille avait fait une confidence à ses fans: «J’ai fumé de la marijuana pour la première fois de ma vie». Une dame à l’esprit vif lui a aussitôt répondu: «T’es chanceux d’en avoir trouvé». Dans une veine similaire, le chanteur a laissé entendre que la jalousie maladive de sa femme ne lui permettait plus d’intégrer au programme une pièce aussi suggestive que Mot de passe. La même dame a mis les pendules à l’heure: «Ce qui se passe à Jonquière reste à Jonquière».

Cet argument a convaincu le jeune homme de reprendre son hymne écrit au temps de son bienheureux célibat, après avoir fait prêter serment à l’assistance, la main sur le coeur. C’est sur un mélange de piano sexy et de ouh! ouh! tout aussi suggestifs qu’il a demandé à chaque femme quel était le mot de passe pour passer la nuit avec elle. Pendant que sa tendre moitié l’attendait à Longueuil, en toute sérénité, il s’est mis à faire chaud à l’intérieur du Côté-Cour et la deuxième partie n’était même pas commencée.

Précisons qu’avant de retourner chez lui, Damien Robitaille effectuera un détour au Météore bar & grill de Dolbeau-Mistassini, samedi à 20h. Ce sera l’occasion de vérifier si les femmes du Lac sont aussi discrètes - et aussi déterminées - que celles du Saguenay.