Coup d'envoi de REGARD: entrevues avec des réalisateurs

La 24e édition de REGARD a officiellement pris son envol, mercredi. En soirée, plus de 700 personnes étaient réunies au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi afin de découvrir la programmation de la soirée 100 % Régions. Le Quotidien en a profité pour rencontrer quelques-uns des réalisateurs présents.

CHAUFFER LE DEHORS, DE MARIE-ANDRÉE GILL: POÉSIE SUR ÉCRAN

La poésie de Marie-Andrée Gill a résonné chez Farid Kassouf, un libraire de Montréal également cinéaste doté d’une volonté de mettre son amour du cinéma au service des mots. En compagnie de Renaud Lefebvre, le réalisateur est allé à la rencontre de la poète ilnue installée au Bas-Saguenay, afin de mettre des images sur ses écrits. Un an jour pour jour plus tard, le duo présente son court métrage Chauffer le dehors dans le cadre de REGARD. Une occasion qui prend la forme d’un aboutissement.

Farid Kassouf et Renaud Lefebvre ont présenté leur court métrage Chauffer le dehors inspiré du recueil de poésie du même nom de Marie-Andrée Gill dans le cadre de la soirée 100% Régions de REGARD mercredi soir.

« J’ai découvert la poésie de Marie-Andrée Gill il y a un bout de temps. Quand j’ai appris qu’elle publiait un troisième recueil, Chauffer le dehors, j’étais bien excité. Je l’ai contacté et à ma surprise, elle a accepté de me rencontrer », raconte Farid Kassouf.

Renaud Lefebvre et lui ont rencontré la poète une première fois à Montréal. Elle leur a vite fait comprendre que sa poésie s’inscrit dans le territoire du Bas-Saguenay. C’est ainsi que l’an dernier, les deux cinéastes ont profité de leur passage à REGARD pour aller voir l’auteure originaire de Mashteuiatsh chez elle, à L’Anse-Saint-Jean.

En une journée, les images ont été tournées. Puis la voix de Marie-Andrée Gill a été enregistrée. C’est elle qui fait la narration dans le court métrage d’une durée d’un peu plus de trois minutes.

« Quand on aborde un projet comme celui-là, il faut penser que ce sont les mots qui priment. Il n’y a pas d’images visuellement très léchées, mais le film finit dans l’extrême beauté du paysage », explique Renaud Lefebvre.

Le film a été monté au son de la musique du groupe Feu doux. « Ça fittait tellement qu’on a approché le duo pour savoir si on pouvait utiliser la musique. Quand on nous a dit oui, ça nous a fait grand plaisir. Il ne fallait pas que la musique prenne trop de place pour ne pas enlever l’accent de sur les mots », affirme Farid Kassouf.

Une fois terminé, le duo a soumis son court métrage à REGARD. « C’était l’objectif. On est contents », assure Renaud Lefebvre, qui souligne que le film a été présenté dans la soirée 100 % Régions, mais qu’il a aussi été choisi dans la sélection jeunesse de l’événement. « Il sera présenté à des jeunes du secondaire et on aura une rencontre avec certains d’entre eux. C’est une super belle vitrine pour nous. Ça nous permet de faire vivre la poésie », affirme-t-il.

« Marie-Andrée Gill a la capacité de créer des images qui peuvent résonner chez les jeunes. C’est une poésie accessible », ajoute Farid Kassouf.

Les cinéastes sont conscients que la magie aurait pu ne pas opérer. « Il y avait un risque. Mais avec les mots de Marie-Andrée et les images du Bas-Saguenay, on avait confiance qu’on avait un bon match », conclut Renaud Lefebvre.

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ALZHEIMER ET ARVIDA

 La grand-mère de David Dufresne-Denis était atteinte d’Alzheimer, cette maladie qui fait peur, qui efface petit à petit les souvenirs. Avec Sous le ciel bleu d’Arvida, le cinéaste a voulu rassembler les souvenirs racontés par sa grand-mère et ceux qu’il a trouvés sur des bobines Super 8, afin de raconter l’histoire de sa famille. 

« J’ai voulu prendre les souvenirs de ma grand-mère et les souvenirs retrouvés sur cassettes afin de traiter de comment les souvenirs qu’on se crée évoluent avec le temps », explique-t-il.

Le court métrage a été présenté mercredi soir, dans un Théâtre Banque Nationale rempli, dans le cadre de la soirée 100 % Régions de REGARD. 

David Dufresne-Denis était particulièrement heureux de présenter le film à Saguenay, là où une bonne partie de sa famille habite.

TEXTE-courant: « À la base, je le faisais pour moi, pour mon fils et la famille. Puis je l’ai présenté à Trois-Rivières où j’ai remporté le prix du jury de l’Institut national de l’image et du son. Il a aussi été présenté au Rendez-vous du cinéma québécois. Je me suis dit que ça valait peut-être la peine de l’envoyer à REGARD. Je voulais vraiment qu’il passe ici. Je suis bien content d’être là », affirme celui qui a concrétisé le projet avec l’aide de sa conjointe, Caroline Roy-Element, qui a agi à titre de preneuse de son. 

David Dufresne-Denis était particulièrement heureux que son film Sous le ciel bleu d’Arvida soit présenté dans le cadre de la soirée 100% Régions de REGARD.