Caroline Fillion expose une série de trois illustrations, dont L’Ascension de Julien Boily, qui mettent en vedette trois autres artistes de la région.

Confidences d’artistes à l’UQAC

Quand trois artistes bien établis de Saguenay sont invités par la galerie L’Oeuvre de l’Autre à s’exprimer sous le thème de la confidence, le résultat ne peut faire autrement que de surprendre par l’audace et la finesse avec lesquelles les participants se découvrent en toute intimité.

Dans le cadre de l’exposition dûment intitulée Confidences, la galerie du Pavillon des arts de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) accueille dans son enceinte jusqu’au 17 octobre le travail de Caroline Fillion, Mariane Tremblay et Gabriel Fortin, trois anciens étudiants de l’établissement bien implantés dans le milieu artistique de la région.

Pensons à l’auteure de l’oeuvre centrale de l’exposition, Caroline Fillion, détentrice depuis l’an dernier d’une Maîtrise en art de l’UQAC et directrice générale du Lobe, qui tente d’illustrer par son art la transgression des codes artistiques habituels en juxtaposant métaphores ou symboles d’une manière parfois absurde, mais en ayant toujours en tête une réflexion tempérée sur le monde qui l’entoure.

La soucoupe volante de Caroline Fillion intitulée Je suis le sacre de l’art trône au centre de l’exposition Confidences présentée à la galerie L’Oeuvre de l’Autre de l’UQAC.
–PHOTO LE QUOTIDIEN, ROCKET LAVOIE

SOUCOUPE VOLANTE

La soucoupe volante qui trône au milieu de la galerie, et qui scande visuellement son nom en morse – Je suis le sacre de l’art – témoigne de cette réalité.

« Pour elle, les ovnis ont un certain rapport religieux qui magnifie un peu les arts. Ç’a un côté sacré pour elle, cette espèce d’idée supérieure des extraterrestres qui nous visiteraient et qui viendraient donc nous parler d’art », interprète la coordonnatrice de la galerie L’Oeuvre de l’Autre, Nathalie Villeneuve.

Cet aspect mystique et religieux se ressent également dans les oeuvres proposées par Mariane Tremblay, qui offre de son côté une série de photographies de statues de la Vierge Marie ainsi qu’une retranscription sur surfaces réfléchissantes de certaines entrevues qu’elle a menées avec les sculpteurs desdites statues.

Marianne Tremblay propose une série de photographies mettant en scène des statues de la Vierge Marie.

« Ce sont des conversations qu’elle a avec ces gens-là et on peut nous-mêmes se projeter, en les lisant, dans des histoires qui sont parfois très étranges », confie la coordonnatrice de la galerie.

En photos

Pour sa part, Gabriel Fortin se fait un peu plus concret en proposant trois photographies de lieux abandonnés de Saguenay. Ces endroits finement sélectionnés se dévoilent sous l’oeil de l’artiste dans une série noir et blanc éloquente.

Grâce à sa façon de capter l’ancien Walmart de Jonquière (The Wal) ou l’ancien restaurant PFK du boulevard Mellon (PFK Arvida), Fortin utilise à merveille l’ombre et la lumière pour jeter un oeil voyeur sur ces structures laissées à elles-mêmes.

Gabriel Fortin a jeté son oeil sur trois lieux abandonnés de Saguenay qu’il présente dans une série de noirs et blancs réussis. Sur la photo : The Wal.

« Il a une vision très personnelle de lieux qui sont étranges, qui semblent cachés. Il magnifie ces endroits qui sont habituellement abandonnés, desquels on détourne normalement le regard », explique Mme Villeneuve.

L’artiste Caroline Fillion a aussi profité de l’invitation de L’Oeuvre de l’Autre pour mettre en valeur d’autres artistes visuels régionaux à travers des illustrations éclatées basées sur l’oeuvre de ses congénères. Pour une série de trois illustrations, elle utilise du matériel de Julien Boily, de Cindy Dumais et de Mathieu Valade pour créer un résultat unique qui commande l’attention des observateurs les plus avertis.

« Elle les fait éclater et propose une espèce de montée au ciel des oeuvres de ces artistes », explique Nathalie Villeneuve.