Concours de musique du Canada: une expérience fructueuse malgré les circonstances

D’ici une semaine ou deux, les dernières rencontres virtuelles entre les interprètes et les membres des comités d’évaluation seront chose du passé. C’est à ce moment que prendra fin l’édition la plus atypique du Concours de musique du Canada (CMC). Bien que perturbée par la crise sanitaire, qui a empêché la tenue des auditions à l’échelle régionale, puis la finale nationale, elle a permis au comité organisateur de proposer une alternative originale en attendant le retour à une forme de normalité.

«Nous sommes contents, malgré tout. Nous avons développé de nouvelles façons de faire», a souligné Marie-Claude Matton, directrice générale et artistique, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Elle réfère à la version hors-concours de l’événement, lancée lorsqu’il est devenu évident que la finale nationale prévue pour le printemps, puis repoussée à la rentrée, ne pourrait se concrétiser. Comme il était impossible de réunir juges et musiciens sur le campus de l’Université Laval, à Québec, il a fallu improviser.

C’est ainsi que les 514 personnes qui s’étaient inscrites en vue des sélections régionales, première étape du concours, ont été invitées à produire un enregistrement à leur domicile. Du nombre, 173 ont répondu à l’appel et leur interprétation a été analysée par des pédagogues réputés. Provenant de huit provinces, dont le Québec, ces participants étaient âgés de 7 à 25 ans. Quant aux catégories représentées, il s’agissait des vents, des cordes, du piano, de la harpe et du chant.

Directrice générale et artistique du Concours de musique du Canada, Marie-Claude Matton assure que normalement, l’événement sera de retour en 2021, sous sa forme habituelle.

«Puisque les conditions dans lesquelles se trouvaient les musiciens pouvaient varier, du fait qu’ils étaient à la maison, nous avons enlevé autant de pression que possible en éliminant la dimension compétitive. D’un autre côté, nous tenions à maintenir leur motivation en leur donnant une chance de mesurer leur progression, fait valoir Marie-Claude Matton. Tous les évaluateurs leur ont donc adressé des commentaires écrits et maintenant, nous voici à l’étape des rencontres individuelles. Il y en aura 550, au total, d’une durée de cinq à dix minutes.»

À Québec en 2021

Tout en gardant un oeil sur l’expérience menée cette année, le comité organisateur a souhaité préparer l’avenir, si tant est que le coronavirus autorise ce genre d’exercice. Un élément d’information majeur, à ce propos, découle de la décision des autorités sanitaires de permettre des rassemblements. Il est possible de se rendre à 50 personnes dans un lieu fermé, ce qui aurait fait toute une différence si cette norme avait été en vigueur ce printemps. Les musiciens auraient eu la possibilité de se produire devant les membres du jury.

C’est ce qui permet de croire que l’an prochain, les auditions régionales pourront se dérouler sans anicroche, y compris celle qui aura lieu au Conservatoire de musique du Saguenay–Lac-Saint-Jean. On pourra procéder, quitte à le faire à huis clos, et la même logique prévaudra à l’occasion de la finale nationale.

Faute d’avoir pu le faire cette année, l’Université Laval recevra les candidats en juin 2021. Puis, les lauréats se produiront aux côtés de l’Orchestre symphonique de Québec, le 2 juillet, dans le cadre d’un concert gala tenu au Palais Montcalm.

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UN ÉLAN DE GÉNÉROSITÉ QUI FAIT LA DIFFÉRENCE

Quand le Concours de musique du Canada a été annulé, le comité organisateur a offert de rembourser les frais d’inscription payés par chacun des 514 interprètes qui souhaitaient tenter leur chance cette année. Comme il s’agissait d’une source de revenus importante pour l’organisation, on aurait pu craindre que ce contretemps provoqué par la pandémie ne lui fasse courir un grave danger. Le pire fut cependant évité.

«Il s’agissait d’une situation inédite, mais nous n’avions pas le choix de redonner l’argent aux personnes qui le demanderaient. Certaines l’ont fait, alors que d’autres ont transféré cette somme à l’édition 2021. Il y en a aussi qui l’ont transformée en don», rapporte la directrice générale et artistique Marie-Claude Matton. 

Impressionnée par cet élan de générosité, elle souligne que d’autres partenaires ont eu le même réflexe.

Parmi eux, on remarque les commanditaires, dont la firme Canimex. «À eux aussi, j’adresse un immense merci. Grâce à leur appui, nous savons que l’organisation nationale passera à travers cette crise. J’ai également confiance que les associations régionales continueront de fonctionner, même si plusieurs ont vu leur activité de financement annulée en raison de la pandémie. J’ai la conviction que toutes seront de retour», énonce Marie-Claude Matton.

S’agissant des inscriptions, l’autre ingrédient essentiel, elle se dit encouragée par le nombre de musiciens et de chanteurs qui se sont manifestés cette année. Bien que certaines régions traversent une phase de repli en ce qui touche le recrutement, le portrait global lui paraît rassurant. «C’est vrai qu’il y a des endroits où c’est plus difficile, mais à l’échelle du pays, il existe une relève très vivante», se réjouit-elle.