Samian a vécu l’expérience d’une vie, en interprétant ses chansons avec un orchestre symphonique le jour de son anniversaire.

Concert de Samian et de l’Orchestre symphonique: un mélange de grands crus pour les mélomanes

CRITIQUE / Comme le bon vin, le concert de Samian et de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean (OSSLSJ), présenté jeudi en guise d’ouverture du Festival des vins de Saguenay, était un assemblage de différents cépages. On y a mélangé la puissance de l’OSSLSJ avec le terroir de la culture des Premières Nations et la fougue de la musique du rappeur d’origine algonquienne, pour créer quelque chose d’unique, de nouveau.

Cette idée de l’assemblage, empruntée au journaliste de Radio-Canada, Frédéric Arnould, qui a introduit l’orchestre en compagnie de Julie Larouche, était on ne peut plus juste. En mettant quelques éléments de culture plus pointus ensemble, l’orchestre a réalisé un mariage audacieux qui fonctionnait.

On a bien cru le pire. Cinq minutes avant que le concert débute, une averse s’est mise à tomber avec insistance.

La pluie aurait été doublement dommageable pour l’événement puisque certains instruments de l’orchestre ne sont pas compatibles avec cette humidité. Elle n’était cependant pas suffisante pour décourager ceux qui s’étaient présentés à ce rendez-vous, et qui sont restés malgré les gouttes de pluie.

C’est sous les coups de tambour que Samian est arrivé devant les aventuriers qui avaient sorti leur parapluie, alors qu’une pièce de Beethoven se fondait dans une de ses chansons.

Vêtu de vêtements militaires, le rappeur originaire de l’Abitibi a donné l’électrochoc dont la foule avait besoin. Dès qu’il s’est mis à chanter, les spectateurs assis dans les gradins se sont massés devant la scène. « Ça fait longtemps que je rêve de venir jouer au Lac-Saint-Jean », a lancé l’artiste, qui était bien conscient d’où il se trouvait – à Saguenay – pour provoquer la foule, après cette première chanson.

La musique de l’orchestre se mêlait parfaitement avec la puissance des beats de Samian.

« Je suis un gars qui adore les jours de pluie. C’est un temps pour se ressourcer. C’est un beau cadeau », a poursuivi celui qui fêtait son 36e anniversaire.

Pendant toute la durée du spectacle, on a alterné les moments de musique instrumentale avec les chansons de Samian, dont les beats étaient toujours appuyés par la trentaine de musiciens de l’OSSLSJ.

Plusieurs Messages

Dans ce spectacle, il y avait plusieurs messages. Le premier en était un d’espoir pour les membres des Premières Nations.

« Si un petit cul comme moi a réussi à faire le tour du monde avec les mots, ça veut dire que tout est possible », a raconté Samian, en s’adressant directement à de jeunes enfants autochtones qui étaient dans la première rangée de la foule.

L’OSSLSJ voulait quant à lui démontrer qu’il est l’orchestre de tout le monde, une chose qu’il a plutôt bien réussie.

En s’associant au Festival des vins de Saguenay, l’orchestre a pu réunir une foule disparate de quelques centaines de personnes à la Zone portuaire. Membres des Premières Nations, amateurs de musique classique, fans du rap de Samian, jeunes familles et simples curieux qui venaient du 5 à 7 tenu à la Place du citoyen se sont amassés tranquillement alors que les musiciens arrivaient sur la scène Ubisoft-Le Quotidien.

Le maestro Jean-Michel Malouf a dirigé ce concert, monté en seulement cinq mois.

C’est à la foule qu’est revenu le dernier mot, après une heure et quart de musique.

Avec l’aide de l’orchestre, elle a entonné Gens du pays pour souhaiter un joyeux anniversaire à Samian, un moment qui n’était pas prévu dans le concert.