Comme l’illustre cette photographie, chaque épisode de Comtesse met en scène les comédiens Mélanie Potvin et Patrick Simard. Le troisième pourra être visionné à compter du 23 avril, sur le site - et la page Facebook - du Théâtre 100 Masques.
Comme l’illustre cette photographie, chaque épisode de Comtesse met en scène les comédiens Mélanie Potvin et Patrick Simard. Le troisième pourra être visionné à compter du 23 avril, sur le site - et la page Facebook - du Théâtre 100 Masques.

Comtesse, le feuilleton virtuel du Théâtre 100 Masques

Connaissez-vous Comtesse? C’est un personnage qui sévit depuis deux semaines sur le site Internet - et la page Facebook - du Théâtre 100 Masques. Incarné par Mélanie Potvin, il se distingue par sa langue châtiée et un souverain mépris enveloppant le reste de l’humanité. Rien ne saurait l’atteindre, pas même la menace que fait planer un virus sur la communauté.

L’histoire de cette femme est relatée à la manière d’un feuilleton. Chaque semaine, un nouvel épisode de Comtesse (c’est aussi le titre de l’oeuvre) est mis en ligne, le vis-à-vis de la comédienne étant un autre vétéran de la compagnie chicoutimienne, Patrick Simard. La première fois, il a campé une dame de compagnie portant un masque et des gants. «La contamination court», a-t-elle annoncé à sa patronne.

Dans le deuxième volet, l’interprète a prêté vie à un autre personnage féminin, une fillette ne payant pas de mine, tout en affichant une constance admirable. L’auteure de ses jours avait beau l’abreuver d’insultes, la trouver plus repoussante que les sept plaies d’Égypte, rien n’y faisait. « Maman, je t’aime », proclamait la gamine avec une belle candeur.

Elle aussi a parlé du virus, ce qui lui a valu une réponse d’autruche : « Ce qu’on ne voit pas n’existe pas ». La suite viendra le 23 avril, précise le directeur général et artistique du 100 Masques, Dario Larouche. Au total, cinq épisodes figurent au programme, d’une durée tournant autour de 15 à 20 minutes chacun.

« Comme nos activités estivales ont été annulées en raison de la crise sanitaire, j’ai proposé à Mélanie et Patrick de travailler sur un texte que j’avais commencé à écrire, a-t-il souligné mardi, lors d’une entrevue accordée au Quotidien. Les enregistrements sont réalisés à distance, mais au même moment, à l’aide de Zoom. C’est une forme de laboratoire, une exploration fort agréable. »

Léger décalage

La technologie impose son lot de contraintes, l’une d’elles tenant au décalage entre l’intervention d’un comédien et le moment où l’autre en prend connaissance. Pour éviter les chevauchements, ils doivent laisser passer du temps avant de servir leur réplique. « Ça les oblige à travailler beaucoup sur l’écoute », analyse Dario Larouche.

Il ajoute que la création d’une capsule mobilise l’équipe pendant un peu plus de trois heures. Après avoir répété sous la supervision de l’auteur, qui est également metteur en scène, les interprètes effectuent deux captations coup sur coup. On confie ensuite les enregistrements à Alexandre Nadeau, qui place la musique, en plus de soigner l’esthétique des images.

« Entre la première et la deuxième capsule, la plus grande amélioration a porté sur la résolution. Elle était trop faible, ce qui a donné une image dont le grain n’est que moyennement beau. La fois suivante, c’était meilleur », affirme Dario Larouche. Quant à la nature du spectacle, il en parle moins comme d’une pièce de théâtre que d’une lecture rehaussée par des touches d’humour.

Le texte, en effet, épouse le registre de la comédie. « C’est plein d’humour noir avec des images fortes, souvent sanglantes, dont l’objectif consiste à faire peur. L’écriture est inspirée par le théâtre du grand guignol », fait observer l’auteur. La formule a déjà trouvé son public, malgré une publicité minimale. Les amateurs de théâtre sont heureux de voir qu’en dépit de la crise, des projets émergent chez nous, celui-ci n’étant qu’un exemple parmi d’autres.

« Le milieu est en train de montrer sa résilience, même si nous avons tous hâte de travailler sur une scène. Il y a nous, la Tortue Noire, qui sera bientôt présente sur un balado, le Théâtre CRI, Diogène et le Théâtre À Bout Portant », se réjouit le patron du 100 Masques.

Quant à la suite des choses, dans l’éventualité où les mesures de confinement devaient s’étirer, elle prendra la forme d’une deuxième production virtuelle. Cette fois, on jouera en direct, aux premiers jours de l’automne. « Nous irons dans le répertoire. J’ai une série de duos, de trios, que nous pourrions préparer », laisse entrevoir Dario Larouche.