Francis Leclerc a pu compter sur une bande de comédiens efficaces pour Pieds nus dans l’aube. Parmi eux, le jeune Justin Leyrolles-Bouchard campe le jeune Félix et Roy Dupuis interprète son père aimant, Léo.

Comme un doux poème

CRITIQUE / Pieds nus dans l’aube, l’adaptation du roman de Félix Leclerc par son fils Francis, arrive en salle comme un doux poème qu’on vous susurre à l’oreille, une occasion de se laisser bercer par une histoire belle, tout simplement.

Oubliez les explosions et les courses contre la montre. Oubliez même les rebondissements et les grandes escalades émotives. Le rythme de Pieds nus dans l’aube est lent. L’histoire est sans grands revirements. Mais le long métrage n’en est pas moins efficace. 

La proposition de Francis Leclerc atteint sa cible en proposant un plongeon réussi dans le Québec de l’entre-deux-guerres.

Le cinéaste a patienté plusieurs années avant de se lancer dans l’adaptation du premier roman de son père, publié en 1946. Il voulait acquérir l’expérience nécessaire pour rendre justice à l’œuvre. Il souhaitait être le plus fidèle possible à l’original. 

Le résultat aura valu l’attente. 

Le film propose une série de tableaux d’une autre époque, une histoire douce, bien que les personnages soient aussi secoués parfois, qui met à l’avant-plan une série de valeurs et des images magnifiques. 

Pieds nus dans l’aube présente la dernière année de Félix Leclerc à La Tuque, juste avant qu’il parte pour Ottawa afin de poursuivre ses études. C’est l’entre-deux-guerres. Le garçon a 13 ans. Il grandit entouré de ses frères et sœurs, auprès d’un père et d’une mère aimants. Il fait la rencontre de Fidor, un garçon de son âge issu d’une famille pauvre. Une grande amitié unit les deux garçons qui vivent ensemble des expériences qui les mèneront tranquillement sur le chemin de la vie adulte.

En s’alliant à Fred Pellerin pour la scénarisation, Francis Leclerc a reconstruit le monde évoqué par son père, sans pour autant tomber dans le conte.

Pour camper ses personnages forts, il a pu compter sur une distribution des plus efficaces.

Roy Dupuis excelle dans le rôle du père aimant, solide, un bâtisseur. 

Catherine Sénart propose une Fabiola chaleureuse, rassurante, aimante, à l’image d’une caresse de maman. 

Ensemble, ils offrent à leurs enfants un foyer où il fait bon vivre dont on ressent toute la chaleur à l’écran. 

Deux des rôles principaux ont été confiés à de nouveaux visages. Justin Leyrolles-Bouchard incarne un jeune Félix Leclerc attachant, juste. 

Le Fidor Languelot de Julien Leclerc est tout aussi charmant, touchant de vérité. 

Une des forces du film réside en la beauté de ses images. Les décors et les costumes permettent de replonger dans les années 20. Pour leur part, les paysages offerts ne nous donnent d’autre choix que de s’émerveiller devant la beauté de la nature. Chose qui arrive rarement dans notre cinéma. 

Pieds nus dans l’aube permet justement de faire ce qu’on fait de moins en moins souvent, c’est-à-dire prendre le temps. Saisissez l’occasion de vous arrêter, l’instant du film. Vous verrez, ça fait du bien.