Olivier Gagné ne se contente pas de jouer et de chanter comme Stevie Ray Vaughan. Il affiche le même look et sa Fender Stratocaster montre les mêmes traces d'usure que celle du bluesman américain au temps de sa gloire.

Comme Stevie Ray Vaughan

Pendant huit ans, Olivier Gagné a fait partie du groupe Point 08, l'un des principaux animateurs de la scène metal au Saguenay. Rien ne laissait présager que le chanteur et guitariste migrerait vers le blues rock, mais il faut dire qu'à l'époque - on parle des années 1990 -, il n'avait pas encore eu le coup de foudre pour Stevie Ray Vaughan.
C'est après son déménagement à Québec, qui demeure son lieu de résidence, que des collègues lui ont fait entendre des enregistrements du musicien décédé en 1990 à la suite d'un accident d'hélicoptère. Intrigué, il a appris une dizaine de chansons pour le plaisir. Or, ses versions étaient si fidèles que des amis l'ont encouragé à pousser plus loin cette expérience.
« On m'a dit que je l'avais bien pour la guitare et la voix. J'ai donc parti un groupe hommage qui a travaillé pendant deux ans avant de donner un premier spectacle en 2001. On a fait quatre ans ensemble, puis j'ai mis ce projet sur la glace en raison de la naissance de mon enfant. C'est seulement en 2012 que j'ai trouvé le temps de relancer la formation avec de nouveaux partenaires », a raconté l'artiste au cours d'une entrevue téléphonique accordée au journal.
Ce groupe se nomme le SRV Tribute Blues Band. Après avoir écumé de petits bars à ses débuts, sa renommée grandissante lui a donné accès à des salles plus importantes, ainsi qu'à des festivals de blues. Il lui arrive également de piquer une pointe au Saguenay, ce qui sera le cas une nouvelle fois le 23 septembre à 20 h, Au Vieux Théâtre de La Baie.
L'endroit est familier, puisque la formation y a joué à l'automne 2016, devant une foule substantielle. Encouragé par cet appui, le SRV revient en se produisant lui-même et tout laisse croire qu'une fois encore, les amateurs répondront présents. « Nous avons déjà vendu la moitié des billets », confirme Olivier Gagné, qui invite les intéressés à s'en procurer à la porte ou à réserver à l'adresse www.srvtributebluesband.com.
Ils pourront ainsi découvrir le nouveau membre du groupe, le claviériste Michel Hains. Recruté au printemps, cet homme qui joue sur un Hammond B3 se joindra au bassiste Claude Baillargeon et au batteur Steve Gendron, ainsi qu'au chanteur et guitariste. Celui-ci a bien hâte de lui présenter ses parents et amis qui, évidemment, profitent de chaque escale dans la région pour se rappeler à son bon souvenir.
« Je serai chez nous et le Vieux Théâtre représente la salle idéale pour le genre de spectacle que nous présentons. Il sera aménagé en formule cabaret, ce qui permet au public de s'asseoir, tout en ayant la liberté de danser s'il en a envie. En plus, il dispose d'une bonne scène et d'une excellente sonorisation », estime Olivier Gagné.
Ces qualités seront mises au service d'une reconstitution fidèle des prestations données par Stevie Ray Vaughan. Réputé pour son jeu incandescent, celui qui avait redonné du tonus au blues, au début des années 1980, proposait un mélange de compositions et de reprises que le groupe reproduit note pour note.
« Pour chaque pièce, j'ai choisi l'interprétation que je préférais à partir des films disponibles. Comme je tiens à ce que le spectacle soit authentique, je me laisse juste 10 % ou 15 % de marge pour improviser », souligne Olivier Gagné. Lui-même affiche un look similaire à celui du « guitar hero », au même titre que sa Fender Stratocaster sur laquelle un luthier a planché pendant 70 heures afin de reproduire les traces d'usure que laisse voir le modèle original.
C'est dans cet esprit que les quatre albums de Stevie Ray Vaughan, de même qu'une poignée de chansons inédites, seront explorés pendant deux heures à La Baie.
« Il a renouvelé le blues en lui apportant une dose d'énergie grâce au rock et il n'y avait jamais de temps morts dans ses improvisations. Ce que nous proposons dans notre spectacle, c'est une rétrospective complète de sa carrière », résume Olivier Gagné.