«Je lui ressemble comme deux gouttes d’eau», affirme Olivier Gagné en parlant de Stevie Ray Vaughan. Il l’incarnera une nouvelle fois le 5 octobre, à l’occasion d’un spectacle présenté à l’hôtel Le Montagnais de Chicoutimi.

Comme si Stevie Ray Vaughan était là

Il y a longtemps, Olivier Gagné travaillait à l’hôtel Le Montagnais de Chicoutimi. Lui qui connaît cet établissement sous toutes ses coutures sait que la salle où se produira son groupe, le SRV Tribute Blues Band, peut accueillir pas mal de monde. C’est toutefois avec confiance que le guitariste et chanteur voit approcher le 5 octobre, le jour où il incarnera le grand Stevie Ray Vaughan dans son patelin.

« Ce spectacle est très important pour moi, puisque je suis originaire de Chicoutimi et qu’il aura lieu au Montagnais. Ce soir-là, la salle sera aménagée suivant la formule cabaret et nous attendons de 250 à 350 personnes. Elles auront droit à 2 h 30 de musique », a fait remarquer l’interprète à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Son objectif est simple : faire revivre un personnage dont la carrière a été brutalement interrompue en 1990, à la suite d’un accident d’hélicoptère. C’est un projet qui est né de manière spontanée, au moment où Olivier Gagné a troqué le métal pour le blues. Il a constaté que ce genre musical convenait davantage à sa voix, tout en développant une passion pour le travail de Vaughan.

« J’ai appris sept ou huit chansons et on m’a dit que c’était fidèle aux enregistrements originaux. L’idée d’en faire un spectacle s’est imposée et j’ai formé un groupe semblable au Double Trouble, où on retrouvait les claviers, la basse et la batterie. On tourne depuis sept ans et régulièrement, on ajoute des chansons, des costumes et des éléments de décor. Moi-même, je ressemble à Vaughan comme deux gouttes d’eau. C’est à s’y méprendre », raconte le guitariste maintenant établi à Québec.

Lui et ses camarades jouent sur des instruments d’époque et comme leurs modèles, ils se distinguent moins par leur jeu de jambes que leur capacité de faire du blues une musique actuelle, portée par un sentiment d’urgence. On pourrait croire qu’il est difficile de mettre ses pas dans ceux d’un virtuose, mais Olivier Gagné voit les choses différemment.

« Ça représente des heures et des heures de plaisir et sur scène, je me comporte de la même manière que Stevie Ray Vaughan, un gars concentré, qui bougeait peu, mais qui vivait la musique avec tant d’intensité qu’à la fin du spectacle, il était tout mouillé. Près de 30 ans après son décès, on le considère toujours comme la référence dans le blues », affirme le guitariste.

Lui aussi, il est en nage après quelques minutes, mais les pièces qui lui donnent du fil à retordre ne sont pas celles qu’on imagine. « Ce sont des slow blues du genre de Tin Pan Alley, parce qu’ils demandent beaucoup de précision dans le jeu. La moindre erreur va paraître », explique Olivier Gagné. À l’opposé, il n’est pas intimidé à l’idée de fondre ensemble Little Wing et Voodoo Child, les classiques de Jimi Hendrix que Vaughan s’était appropriés avec tant de brio.

Quant à la trame du spectacle, elle est conçue de manière à garder le public au bout de son siège. Le groupe cherche à maximiser son niveau d’énergie, une approche qui l’a aidé à se tailler une place enviable sur le marché québécois. « Nous nous imposons un plafond de 20 sorties et chaque année, les cachets augmentent, tout comme la qualité des salles », se réjouit l’émule de Stevie Ray Vaughan.