Claudette Boucher propose un roman policier pour enfants dans lequel le personnage principal, une fillette inspirée par la lecture du Club des cinq, mène une enquête avec ses amis.
Claudette Boucher propose un roman policier pour enfants dans lequel le personnage principal, une fillette inspirée par la lecture du Club des cinq, mène une enquête avec ses amis.

Claudette Boucher propose un roman d'enquête pour apprentis détectives

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Claudette Boucher a enseigné aux jeunes pendant des années. Elle a aussi écrit un roman policier pour adultes. Comme un et un font deux, son éditeur l’a approchée afin de lui proposer d’écrire un roman d’enquête pour enfants. Un défi qu’elle a choisi de relever et qui, quelques mois plus tard, se traduit par l’apparition de Grosse frayeur pour les apprentis détectives sur les tablettes.

« On m’a tendu une ligne et je ne suis pas longue à mordre quand on me propose d’écrire, affirme d’emblée l’auteure originaire de Saint-Ludger-de-Milot, au Lac-Saint-Jean, mais installée en Ontario depuis quelques années. «Je venais de publier mon roman policier pour adultes Celui qui avance avec la mort dans sa poche aux Éditions l’Interligne, puis l’éditeur m’a lancé une invitation. Il m’a demandé si j’avais envie d’essayer de faire un roman d’enquête pour un public jeunesse », raconte celle qui n’a pas tardé à accepter l’invitation.

Une idée trottait dans la tête de l’auteure depuis un bon moment déjà. « Il y a plusieurs années, j’avais imaginé une équipe d’apprentis détectives. Je croyais donc que j’avais les bases de mon histoire. Mais ça datait d’il y a 20 ans. En commençant le travail, je me suis aperçue que c’était dépassé. »

Claudette Boucher a dû se retrousser les manches et bâtir du début une histoire qui pourrait plaire aux enfants de 9 à 12 ans avides d’aventure.

C’est ainsi que sont nés ses apprentis détectives. Jeanne, le personnage principal, a reçu un livre de la série Le Club des cinq en cadeau. Elle rêve de mener elle aussi une enquête. Des vols surviennent dans son quartier. Avec ses amis, elle se met donc à la recherche des coupables.

« L’action se passe dans un quartier qui existe vraiment à Gatineau. J’aime beaucoup rendre hommage à une région, nommer des référents. Souvent, dans les romans policiers, on ignore où se passe l’action. J’essaie toujours de la situer dans une ville réelle. »

Le roman d’enquête <em>Grosse frayeur pour les apprentis détectives</em> s’adresse aux 9 à 12 ans.

Cette fois, c’est la Maison Scott-Fairview, dans le secteur de Gatineau, un endroit où sont reçus des écrivains en période de création, qui a inspiré l’auteure. « J’ai découvert cette maison en 2019. Toute l’histoire part de cette maison. Tout s’est enchaîné. »

Grosse frayeur pour les apprentis détectives a été écrit en quatre mois. « Pour moi, c’est exceptionnel. Mon roman pour adultes m’a demandé des années de travail. »

Même si l’écriture s’est faite plus rapidement, l’auteure assure qu’écrire pour un public jeunesse n’est pas un exercice plus simple.

« C’est une belle expérience, écrire pour la jeunesse, mais ce n’est pas plus facile. Ce sont d’autres défis. Un roman policier, il ne faut échapper aucune maille. Sinon, ça devient non crédible. Et les enfants sont les premiers à te le faire savoir si ça arrive. »

L’auteure travaille à l’écriture d’un deuxième volet mettant en scène les personnages de Celui qui avance avec la mort dans sa poche et dont l’action se déroule à Sherbrooke. Elle aimerait aussi poursuivre les aventures de ses apprentis détectives.

« On écrit avec les personnages qui viennent nous visiter. J’espère qu’ils vont répondre à mon invitation. On crée des liens avec les personnages. S’ils ne me quittent pas, je ne les quitte pas. Ils sont toujours avec moi. »

Au fil des ans, le métier de son mari a mené Claudette Boucher aux États-Unis, en Belgique, dans l’Ouest canadien et en Ontario. Elle a enseigné un peu partout, souvent au secondaire. Il y a quelques années, elle a décidé d’abandonner le métier d’enseignante pour se consacrer à l’écriture. « Si j’enseigne, je n’écris pas. Et si j’écris, je n’enseigne pas. Je suis incapable de faire les deux. Alors, j’ai décidé de me consacrer uniquement à l’écriture », conclut celle qui a plusieurs aventures en tête, autant pour ses petits que ses grands personnages.

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UN HOMMAGE À ROSALIE GAGNON 

«Pour Rosalie Gagnon (2016-2018)» La dédicace de Grosse frayeur pour les apprentis détectives retient l’attention.

Claudette Boucher ne connaissait pas la petite Rosalie Gagnon avant d’apprendre, en même temps que l’ensemble de la province, l’horrible sort qui lui a été réservé. « La mort de cette enfant m’a bouleversée », explique l’auteure. 

La petite Rosalie Gagnon, 2 ans, a été poignardée par sa mère en avril 2018. Son petit corps avait été retrouvé dans des poubelles, à Charlesbourg. « Cette enfant est dans mes pensées. Mon rêve était de faire quelque chose pour elle. Je me suis dit que c’était un livre pour elle, parce que c’est un livre de bonheur, un livre rempli de vie. J’ai voulu redonner un peu de vie à cette enfant qui n’en a pas eu. »

L’auteure n’écarte pas l’idée de dédicacer ses prochains écrits à d’autres enfants qui ont connu un sort horrible. « Il y a tellement d’enfants qui souffrent. On les nommerait tous.»