<em>Suspect numéro un </em>marque une nouvelle étape dans la carrière déjà prolifique d'Antoine Olivier Pilon.
<em>Suspect numéro un </em>marque une nouvelle étape dans la carrière déjà prolifique d'Antoine Olivier Pilon.

Une nouvelle étape dans la carrière d’Antoine Olivier Pilon

Antoine Olivier Pilon le reconnaît volontiers, Suspect numéro un marque une nouvelle étape dans sa carrière déjà prolifique. Pas seulement parce qu’il interprète son premier rôle en anglais, mais surtout parce qu’il se glisse pour la première fois dans la peau… d’un adulte! Un personnage riche sur le plan dramatique, celui d’un homme condamné à la prison à vie en Thaïlande en raison d’une magouille policière!

Lorsqu’on lui a proposé d’incarner Daniel Léger, l’acteur de 23 ans ne connaissait rien de l’histoire d’Alain Olivier, sujet du drame biographique de Daniel Roby (on a changé le nom dans le film pour des raisons légales). Et il n’a guère eu le temps d’effectuer ses recherches puisqu’il atterrissait la veille de l’audition. «J’étais super stressé.» D’autant que «malgré les circonstances, je voulais vraiment le faire», explique-t-il en entrevue téléphonique au Soleil.

Quelques jours avant de s’envoler pour la Thaïlande pour la première portion du tournage, Antoine Olivier Pilon a pu prendre une bière avec celui qu’il allait incarner dans le long métrage. Alain Olivier s’est révélé généreux en anecdotes, mais il a aussi répondu aux questions de l’acteur, notamment sur tout ce qui touchait la consommation d’héroïne.

Antoine Olivier Pilon avait revu Ferrovipathes, film-culte de Danny Boyle qui raconte les déboires d’une bande de toxicomanes. Mais là, il a pu valider certaines choses avec Alain Olivier. «Jouer un junkie, ça me tracassait un peu. Je voulais être juste pour que ceux qui connaissent ça ne puissent rien me reprocher.»

Outre les scènes de consommation, l’interprète devait aussi composer avec de nombreuses séquences dans une prison thaïlandaise. Dont celle d’une bataille assez violente avec deux détenus. Antoine Olivier Pilon se souvient avec amusement que l’un des deux, fervent bouddhiste, avait de la difficulté à l’empoigner par la gorge, de peur de lui faire mal…

Ce dépaysement fut «vraiment enrichissant». Il ne tarit pas d’éloges sur les acteurs et les techniciens. «On s’est vite rendu compte, toute l’équipe québécoise, à quel point les Thaïlandais sont extraordinaires sur un plateau de tournage. J’ai jamais vu du monde aussi serviable, respectueux et passionné. Ça a été incroyable!»

Le sympathique jeune homme n’a pas ressenti une pression supplémentaire à l’idée de porter Suspect numéro un sur ses épaules. «Je le voyais plus comme une belle opportunité. Depuis que je suis jeune, j’ai la chance d’avoir des rôles principaux comme ça [Mommy, 1 :54, Junior majeur...]. Avec le temps, j’ai trouvé une bonne méthode pour prendre cette responsabilité-là. C’est sûr qu’il y a toujours une certaine fébrilité. Mais quand tu travailles avec de bonnes personnes comme Daniel Roby, Ronald Plante, le directeur photo… C’est tellement des gens avec qui je me suis bien entendu et qui m’ont mis en confiance.»

Avant l’éclosion de la COVID-19, Antoine Olivier Pilon est retourné en Thaïlande avec des amis pour explorer le pays qui lui avait laissé une forte impression.

Ensuite, la pandémie a interrompu le tournage de Sam, second long métrage de Yan England (1 :54), un suspense psychologique dans lequel il partage l’affiche avec Stéphane Rousseau et Mylène Mackay. Les neuf jours restants au film se mettront en branle à la mi-juillet. Suivra en août le deuxième bloc de Maria Chapdelaine de Sébastien Pilote.

Mais en attendant, Antoine Olivier Pilon se dit vraiment heureux de faire partie de la distribution du premier long métrage québécois à prendre l’affiche, le 10 juillet, après la réouverture des cinémas. «J’ose espérer que ça va faire du bien à des gens qui en ont besoin.»