Le réalisateur Quentin Tarantino avec les acteurs Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et la jeune Julia Butters. Tarantino a été récompensé par le prix de la «meilleure comédie» ainsi que celui du scénario pour son film, «Il était une fois à Hollywood». Quant à Brad Pitt, il a enfin reçu le Golden Globe du meilleur second rôle.

Tarantino et «1917» grands vainqueurs aux Golden Globes

LOS ANGELES — «Il était une fois à Hollywood» de Quentin Tarantino et «1917», drame historique de Sam Mendes, se sont illustrés dimanche soir lors de la soirée des Golden Globes, qui lancent traditionnellement la course aux prix cinématographiques à Hollywood, avec en ligne de mire les Oscars.

Déception pour Netflix qui dominait les nominations avec 34 candidats au total, la plateforme de streaming et ses milliards de dollars n’ont obtenu qu’un modeste Golden Globe pour le cinéma. Il s’agit de Laura Dern, sacrée «meilleure actrice dans un second rôle» pour Marriage Story, pourtant donné favori avec six sélections au total.

Quentin Tarantino a été récompensé par le prix de la «meilleure comédie» ainsi que celui du scénario pour son film, véritable ode à l’Hollywood des années 60 et au cinéma de son enfance.

Brad Pitt a enfin reçu le Golden Globe du meilleur second rôle, mais Il était une fois à Hollywood a manqué de peu le grand chelem. Leonardo DiCaprio s’est incliné face à l’outsider Taron Egerton, sacré «meilleur acteur dans une comédie» pour son rôle d’Elton John dans le biopic Rocketman.

L’autre vainqueur de cette soirée pleine de paillettes et de champagne est incontestablement 1917, «grosse surprise» pour son réalisateur Sam Mendes.

Drame historique consacré à la Première Guerre mondiale, le long-métrage a été distingué dans la catégorie phare du meilleur film dramatique et du meilleur réalisateur.

1917 met en scène deux jeunes soldats britanniques perdus dans ce conflit et qui se retrouvent chargés d’une mission quasiment impossible.

Tour de force de réalisation, la course contre la montre des deux jeunes gens est tournée comme un plan-séquence long de deux heures, qui a visiblement plu au jury de l’Association de la presse étrangère d’Hollywood qui décerne les Golden Globes.

L’autre vainqueur de cette soirée pleine de paillettes et de champagne est incontestablement «1917», «grosse surprise» pour son réalisateur Sam Mendes.

Scorsese bredouille 

Sam Mendes l’a emporté dans sa catégorie face à des poids lourds comme Quentin Tarantino et Martin Scorsese, dont The Irishman - autre production Netflix - est reparti bredouille malgré cinq nominations.

«Je veux juste dire qu’il n’y a pas un réalisateur dans cette salle, pas un directeur au monde, qui ne soit pas dans l’ombre de Martin Scorsese», a lancé Sam Mendes, provoquant des applaudissements nourris pour faire passer la pilule.

Les votes pour les nominations aux Oscars sont ouverts jusqu’à mardi, ce qui pourrait inciter certains membres de l’Académie des arts et sciences du cinéma à attendre de voir le palmarès des Golden Globes avant de remplir leur bulletin.

L’an dernier, les quelque 90 membres du jury des Golden Globes avaient eu le nez creux : tous les primés aux Golden Globes dans la catégorie cinéma ont remporté un Oscar, à l’exception de celle de la musique de film.

À cette aune, Joaquin Phoenix a consolidé sa place de favori aux Oscars avec un Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique pour sa performance dans Joker, une incarnation forte et controversée de l’ennemi juré de Batman.

Comme d’autres vedettes montées avant lui sur la scène des Golden Globes, Joaquin Phoenix a mis son temps de parole à profit pour sonner l’alarme sur le réchauffement climatique et les incendies géants qui ravagent l’Australie, jusqu’à ce que la production l’incite à rendre le micro en envoyant de la musique...

Renée Zellweger et Awkwafina 

Chez les actrices, Renée Zellweger a été sacrée meilleure actrice dramatique pour son rôle de Judy Garland dans le biopic Judy. Dans la catégorie «comédie» (contrairement aux Oscars, les Golden Globes font la distinction), c’est la comédienne américaine d’origine asiatique Awkwafina qui s’est imposée, pour son rôle de Billi dans le film L’Adieu, sur une famille chinoise réunie par un drame.

Le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère a été octroyé à Parasite, du Sud-Coréen Bong Joon-ho.

Pour la télévision, la série dramatique de HBO Succession l’a emporté sur The Crown de son grand concurrent Netflix, qui a dû se contenter d’une récompense pour Olivia Colman et son rôle de reine Elisabeth II.

Autre succès britannique, la série déjantée Fleabag (Amazon) a remporté le Golden Globe de la meilleure série comique. Sa créatrice, la Britannique Phoebe Waller-Bridge, a également été primée pour son interprétation du rôle titre.

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LES TEMPS FORTS DES GOLDEN GLOBES

Voici les temps fort de la 77e cérémonie des Golden Globes, les récompenses attribuées par l’Association de la presse étrangère d’Hollywood.

- Le présentateur des Golden Globes Ricky Gervais tacle Hollywood pour avoir fermé les yeux sur Harvey Weinstein : juste avant la remise du dernier prix de la soirée, l’acteur et humoriste britannique a évoqué l’ancien producteur dont le procès pour agressions sexuelles démarre lundi à New York.

«Notre prochaine présentatrice a joué dans “Bird Box” sur Netflix, un film où les gens survivent en faisant comme s’ils ne voyaient rien», a commencé le créateur de la série «The Office» pour annoncer l’actrice Sandra Bullock.

«Un peu comme travailler pour Harvey Weinstein», a-t-il ajouté. Et alors que la salle grognait, il a immédiatement invectivé le parterre d’acteurs et réalisateurs présents : «C’est vous qui l’avez fait! Pas moi! Vos gueules!»

- La soirée s’ouvre sur un «Allah Akbar»: première personne primée de la cérémonie des Golden Globes, pour son rôle dans la série de Hulu «Ramy» l’acteur Ramy Youssef a débuté son discours en «(remerciant son) Dieu» et disant «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand en arabe). Une expression très rarement entendue dans ce contexte, même si Dieu est souvent cité, mais le plus souvent par des chrétiens.

- Michelle Williams appelle les femmes à la mobilisation: récompensée pour son interprétation de l’actrice, danseuse et chorégraphe Gwen Verdon dans la minisérie Fosse/Verdon, l’Américaine a défendu ses choix d’actrice et de femme.

«J’apprécie de vivre à une époque dans notre société où existe la possibilité de choisir, parce qu’en tant que femmes et filles, il peut arriver à nos corps des choses que nous n’avons pas choisi», a déclaré l’actrice de 39 ans.

Elle a conclu en appelant les femmes à voter pour peser dans le débat démocratique. Un appel relayé plus tard par une autre comédienne, Patricia Arquette, exhortant à la mobilisation du plus grand nombre cette année pour l’élection présidentielle aux États-Unis.

- L’hommage de Brad Pitt à Leonardo DiCaprio: sacré meilleur second rôle, l’acteur américain a rendu hommage à son partenaire dans le film Il était une fois à Hollywood, «LDC», comme il l’appelle.

«C’est un All-Star, un gentleman. Je ne serais pas où je suis sans toi», a lancé, sur scène, celui qui joue la doublure de l’acteur Rick Dalton (DiCaprio) dans le long métrage de Quentin Tarantino.

Le quinquagénaire a glissé une référence malicieuse au film Titanic et expliqué qu’il aurait «partagé le radeau» avec Leonardo DiCaprio, dont le personnage, Jack Dawson, se retrouve à l’eau après le naufrage du célèbre paquebot.

- Premier prix commun pour Elton John et son parolier Bernie Taupin: primés pour la meilleure chanson originale, avec I’m Gonna Love Me Again, tirée du film Rocketman, le chanteur britannique et son acolyte ont vécu dimanche une première, à 72 et 69 ans respectivement.

«C’est l’un des moments les plus émouvants de ma vie», a commenté l’artiste qui portait des lunettes fumées rouge. À leur arrivée sur scène, le chanteur et son parolier ont eu droit à une ovation debout.

La longue complicité qui unit les deux hommes, depuis le lancement de la carrière d’Elton John, «est de celles qu’on ne voit pas beaucoup dans cette ville», a expliqué Bernie Taupin, en parlant de Los Angeles. «C’est un mariage qui dure depuis 52 ans.»

- Le réalisateur de «Parasite» appelle Hollywood et les Américains à s’ouvrir sur le reste du monde: «Une fois que vous aurez surmonté la barrière des sous-titres, vous découvrirez tellement plus de films magnifiques», a expliqué Bong Joon-ho, metteur en scène qui a reçu le prix du meilleur film étranger.